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Habitudes [ft Sally Adams]


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Message envoyé le : Sam 18 Juin - 8:38

Invité
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Des cheveux blonds, de longs cheveux blonds. Et des yeux bleus, des yeux tellement bleus que Lena aurait pu s'y plonger dedans. Des yeux respirant la joie de vivre. Des yeux qui lui manquaient terriblement. Qui donc était cette personne qui était passée dans le couloir ? Par la vitre, elle avait pu voir ...Emily ? Qu'est-ce que pouvait bien faire Emily dans un endroit pareil ? Mais elle n'avait pas réfléchi plus de deux secondes et s'était jetée sur la porte. Elle se mit à crier le nom de sa sœur, pourtant défunte. L'image de sa sœur se fixa sur son esprit.

La douleur s'engouffrait par tous les pores de sa peau. Il lui arrivait que certaines crises se déclenchaient plus rapidement que d'autres. Parfois, certains éléments en entraînaient d'autres, détruisant alors le mince contrôle que Lena pouvait bien avoir de son corps. Dans tous les cas, dès que la situation dégénérait trop rapidement, dès qu'elle ne parvenait plus à suivre ce qui se passait, elle finissait par s'abandonner à la souffrance.

Sa respiration se fit plus rapide, haletante. Ses doigts glissèrent sur la porte vitrée. Elle tomba sur ses genoux, puis à quatre pattes. Ses yeux étaient exorbités. Que se passait-il ? Pourquoi Emily était-elle à Arkham ? Est-ce qu'elle était venue la voir ? Est-ce qu'elle était venue lui dire que Michael allait bien ? Elle commença à frapper de plus en plus violemment la porte, espérant que des gardes comprendraient qu'elle voulait qu'on lui ouvre la porte. Sa sœur ne voulait-elle pas la voir ?

La Douleur se faisait intense, trop intense. Où avait-elle mal ? Pourquoi avait-elle mal ? Qu'avait-elle fait pour éprouver tout cela ? Lena restait une petite fille qui n'apprenait jamais de ses erreurs : se concentrer sur la douleur était inutile ; au contraire, cela ne faisait qu'empirer les choses. Elle ne pleurait pas, elle voulait seulement que la douleur s'arrête. Elle poussa un cri strident, puis deux puis plusieurs. Elle tomba sur le côté.

Ses doigts agrippèrent d'abord la paume de ses mains et elle tenta de planter ses ongles à l'intérieur. Réalisant qu'elle n'avait pas assez d'ongles, elle s'arrêta un instant. Où était-il passé ? Qui les avait coupés ? Avait-elle eu un jour des beaux ongles vernis ? Les infirmiers et tout ce personnel médical qui se disait soignant lui avait coupé ses beaux ongles vernis. Elle les détestait, eux et leurs médicaments. Rien n'avait d'effet sur elle alors ils augmentaient la dose. Elle finissait alors par s'évanouir. Elle avait alors l'impression d'être une droguée.

Ce dernier mot, ce dernier adjectif lui fit l'impression d'une bombe. La Douleur s'intensifia, gagnant tout son corps, si tant est qu'elle avait un emplacement originel. Ses cris ne cessaient pas. Elle mordit violemment dans son poignet gauche. Là où le bracelet rouge était situé, avant qu'elle ne tombe dans ce trou profond. Elle mordait, mordait telle une bête enragée. Dans son esprit, des images apparaissaient successivement : sa sœur qui était passée dans ce stupide couloir et qui ne venait même pas la voir. Sa soeur portant un bracelet rouge, elle-même portant un bracelet rouge. Sa vision devenait légèrement floue mais elle pouvait voir qu'elle avait de nouveau son bracelet rouge. Un large sourire s'étala d'abord sur sa face. Au comble de son triomphe, elle se mit à rire. Enfin, à nouveau, elle montrait le signe d'Ana.

Elle entendit alors la porte s'ouvrir. Ah ça non ! Elle n'allait pas manger ! Elle avait déjà mangé ce matin non ? Et s'il le faudrait, elle ferait semblant de manger et elle finirait par jeter le contenu dans un endroit ou un autre... Elle sentit des bras puissants la soulever. Qui était ces gens qui la touchaient ainsi ? Pour quoi faire ? Pour lui injecter à nouveau une substance dans sans son sang afin que les molécules à l'intérieur ne soient plus que chimie ? La haine montait en elle. Elle se débattait, grondait, poussait des hurlements stridents. Parmi ceux-ci, le prénom de sa sœur pouvait parfois être compris. Elle tentait de donner des coups de poings et des coups de pieds à ses adversaires. Mais voyant que cela était inutile, elle mordait ce qu'elle pouvait. Presque toujours, ses dents s'entrechoquaient entre elles. Et puis, ce fut ensuite le noir absolu.

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Lena rouvrit les yeux. Tout d'abord, elle ne savait où elle se trouvait. Puis elle se souvint. La dernière crise. Le plafond au-dessus d'elle était blanc. Elle commença légèrement à avoir une impression de déjà-vu quand soudain, elle se rendit compte qu'elle était totalement libre de ses mouvements. Elle leva son bras gauche au-dessus de ses yeux : un bandage parfaitement réalisé entourait là où aurait dû se trouver le bracelet rouge. Elle s'assit sur le bord du lit et constata qu'elle se trouvait à l'infirmerie. Une femme se trouvait assise derrière son bureau. Lena lui jeta un regard en coin, méfiante. Allait-elle lui faire du mal ? Allait-elle encore lui injecter quelque chose ? Pourquoi ne l'avait-elle pas attachée comme les autres fois ?


- Hum, salut... commença-t-elle.

Entreprise "Mal à l'aise et méfiance" , bonjour, que puis-je faire pour vous ? Il était rare que Lena se retrouve dans une situation pareille. Dans ses habitudes, elle se réveillait allongée dans un lit, attachée tel un personnage de film dont le scénario était quelque peu étrange et parfois avec encore des cicatrices sans soin préalable...






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Message envoyé le : Sam 25 Juin - 10:16

Sally Adams
Une journée sans encombres à l'asile, c'est possible ? C'est bien ce que je vais finir par croire si toute la journée se déroule comme cette matinée. Rien. Absolument rien d'autre que les traitements habituels et réguliers des patients dont j'ai la charge. Quelques insultes, ronchonnement, mauvaise volonté à prendre les traitements, mais en somme, rien de particulier. Pour dire, j'ai même eu le temps de faire un peu de réorganisation de l'infirmerie, pour que les produits dangereux et/ou particulièrement chers soient moins accessibles aux patients un peu agités, et que les produits de première nécessité soient au contraire facilement accessibles. Et en prime, j'ai préparé une petite trousse de premiers secours que je pourrai désormais avoir sur moi quand je me « promène » dans l'asile, afin de pouvoir agir rapidement en cas de blessure imprévue (oui parce que, allez essayer d'emmener un patients énervé et blessé à l'infirmerie sans l'assommer de médicaments, tiens, vous verrez à quel point ça peut être long et éprouvant). Il est 11h, je n'ai plus de traitements à donner avant 14h, et j'ai l'habitude de déjeuner entre 11h30 et 12h30 pour être de retours à l'infirmerie assez tôt afin de pouvoir m'occuper des accidents arrivés au self. Plutôt que de tourner en rond dans la petite infirmerie lugubre, je décide d'aller faire un tour du côté des cellules, pour m'assurer qu'il n'y a pas de crise ou de blessure non signalée. Pas que les gardiens fassent particulièrement mal leur travail, mais ils ne surveillent pas chaque cellule h24, et j'ignore qui surveille ce que renvoient les caméras, mais lui (ou elle), pour le coup, ne fais pas le sien, sauf pour signaler qu'untel patient doit être rattrapé immédiatement parce qu'il s'est enfui de sa cellule. Je pense que certains tendent ici à oublier que si nous sommes bien dans une prison, nous sommes aussi dans un asile, un hôpital psychiatrique dont le but est d'essayer de soigner les patients qui y sont internés. Si ce but n'existait pas, nul doute que bon nombre de nos habitants auraient été exécutés il y a bien longtemps...

Enfin, passons. Je ferme à clefs derrière moi, pour éviter toute tentation à venir voler dans l'infirmerie, et me met en route vers les cellules. Je commence du côté des hommes, souvent le plus agité des deux. Certains regards se tournent vers moi, soit haineux, soit curieux, soit encore vitreux. D'autres restent impassibles, comme si mes pas, certes légers, ne résonnaient pas dans le couloir, et que mon corps avait été fait de verre transparent. Bon nombre de cellules sont vides, aussi, soit totalement inhabitées, soit dont les patients sont dehors ou en salle de détente. Dans l'ensemble, le couloir est calme. Cette journée est vraiment surprenante. Alors que je retourne vers le couloir central pour me diriger vers chez les femmes, j'entends le rire de mademoiselle Quinzel qu'on ramène dans sa cellule. Cette femme est instable, dangereuse, rusée, imprévisible. Il faut absolument s'en méfier, et j'en suis parfaitement consciente. Mais malgré tout, je pense que sa présence ici a quelque chose de bénéfique, parce qu'elle est l'une des rares à rire (certes pour un rien), et que ce concentré de bonne humeur, même absurde, influe sur le moral de certains patients peu dangereux. Une fois le rire éteins, je m'avance vers ce nouveau couloir gris quand un éclat me fige. Un cri, puissant, aiguë, entre la colère et la peur. Un nom d'abord. « Emily ». Rien qui présage une lutte, plutôt une hallucination. Je presse le pas alors que d'autres, lourds, se font entendre derrière moi. Un gardien qui coure, file vers une cellule précise qu'il déverrouille en grondant. Je reconnais le numéro de la cellule, je sais qui y est enfermé. Lena Wheeler, une nouvelle venue arrivée il y a peu, sujette aux hallucinations et à une auto-mutilation pouvant aller assez loin, potentiellement mortelle sans intervention rapide. Sans parler de ses crises d'agressivité envers le personnel. Je n'ai pas encore eu à m'en occuper, ça a plus été mon collègue et les gardiens qui l'ont côtoyée, mais je sais ce qu'elle peut faire, aux autres, et surtout à elle-même. Je passe face à la cellule, ma trousse d'intervention à la main, pour voir la frêle jeune femme en lutte avec le gardien, son poignet sanguinolent bien que l'homme n'ait pas de traces de sang où que ce soit. Elle s'est donc infligé cette blessure elle-même, encore...

« Essayez de la tenir, je vais lui administrer un calmant, pour pouvoir l'emmener plus facilement à l'infirmerie... »

Ma demande est ignorée, et avant que j'ai fini d'ouvrir ma trousse, j'entends le bruit d'un choc et je vois la blonde étendue au sol, sur le ventre, dans une position qui, si elle avait été consciente, aurait été douloureuse. Je ne voulais pas qu'il l'assomme. Pourquoi faut-il que la violence fasse loi ici, même parmi les employés ? Je soupire, et m'approche :

« Je sais bien que c'est la consigne de maîtriser à tout prix, mais c'est dangereux de l'assommer alors qu'elle est en pleine crise de panique. Son cœur bat très vite, et en l'assommant, vous l'empêchez de ralentir progressivement, ça peut causer des accidents. La prochaine fois, laissez-moi la piquer, ça ne l'endormira pas, mais ça calmera lentement le cœur sans risquer de lui faire du mal. »

L'homme me toise de sa hauteur, hausse les épaule, et attrape Lena comme il aurait pris un vieux tapis, la jetant sur son épaule avant de sortir de la cellule. J'ai compris. Je n'argumente plus, et vais à l'infirmerie pour l'ouvrir, et le laisser l'installer sur le fauteuil inconfortable.

« Je reste dans le couloir, vous avez qu'à appeler quand vous aurez fini avec elle, je la remettrai en cellule. »

Et sur ces mots chaleureux, le gardien quitte la pièce. Eh bien, finalement, on oublie la journée sans encombre. Mais passons. La pauvre jeune femme dort sur le fauteuil, j'en profite donc pour préparer une compresse que je mouille pour retirer le sang déjà un peu séché par endroit, puis une seconde sur laquelle je dépose du désinfectant et que je presse sur la plaie heureusement pas trop sale. Le bras de l'endormie tressaille ; au moins, ses nerfs fonctionnent bien, pas de soucis là-dessus. Une fois la plaie parfaitement propre, je vais prendre un rouleau neuf de bande, et en enroule trois tours sur le poignet blessé avant de fixer le tissu avec un ruban adhésif adapté pour la peau, puis je range et nettoie le matériel. Elle n'est toujours pas réveillée. Je pourrais appeler le gardien pour qu'il la ramène comme ça, et être débarrassée du cas. Mais je m'y refuse. Après un tel choc, en se réveillant, elle pourrait être désorientée, perdue, paniquée, et se retrouver seule derrière une vitre de verre dans une cellule austère n'est pas le meilleur moyen de se rassurer. Je décide donc d'attendre son réveil pour lui expliquer tranquillement ce qu'il s'est passé, pourquoi elle est là, et qu'elle va pouvoir être ramenée « chez elle », maintenant qu'elle est soignée. En attendant qu'elle revienne à elle, je me pose au tout petit bureau et sort son dossier dans lequel j'inscris l'incident d'aujourd'hui, et le « traitement » administré. Certes, il n'y a eu que du désinfectant, mais c'est important de se tenir rigoureusement à jour, pour pouvoir remédier rapidement à une potentielle intolérance à un produit utilisé.

Un bruit de tissu froissé, un très faible soupire typique des gens se réveillant difficilement après un sommeil artificiel. Je referme le dossier doucement, et me tourne pour faire face à Lena dont le regard se fait plus ancré dans la réalité. Sa petite voix, timide, méfiante, se fait entendre dans la pièce parfaitement silencieuse :

« Hum, salut... »

Je lui souris calmement, mais ne me lève pas de suite pour ne pas l'impressionner ou lui faire peur :

« Bonjour Miss Wheeler, comment vous sentez-vous ? Pas trop douloureuse derrière la tête ? »

Je me tais quelques secondes pour lui laisser le temps de répondre, et surtout d'assimiler les mots que je prononce. Puis reprends :

« Vous avez reçu un choc derrière la tête. Vous vous souvenez de ce qu'il s'est passé ? Sinon, ne vous en faites pas, je peux vous l'expliquer. »

Doucement, très doucement, je me lève finalement, mais reste à ma place, pour lui laisser le temps de se faire à mon image, ma présence,de comprendre que je ne lui veux aucun mal.

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