Un petit vote toutes les deux heures !

Noyer sa raison - Grace & Edward


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Message envoyé le : Dim 31 Juil - 15:43

Edward Nashton
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Noyer sa raison


The Riddler

- Allo, Miss Waterhouse ? Faites vite ! On a surpris un de vos patients dans la salle d’hydrothérapie. La sécurité va vous rejoindre, dépêchez-vous !

Il raccrocha aussitôt sans lui laisser le temps de répondre. Il posa son regard sur l’homme qui l’avait engagé. Il avait une mine affreuse et il semblait avoir encore perdu du poids. Les médecins s’assuraient qu’il ne tombe pas dans un stade de maigreur et il s’était stabilisé il y a peu. Il avait l’air épuisé et de profondes poches violettes apparaissaient sous ses yeux.

- Je te remercie Vivian, tu m’as rendu un précieux service.
- Mais pourquoi ai-je du lui mentir ? A quoi ça servait ? Vous allez vous échapper ?
- Ce n’est pas dans mes projets immédiats. Tu poses beaucoup de questions, contente-toi de rentrer chez toi et d’attendre la transaction. Si ça peut soulager ta conscience, tu ne lui as pas menti. Allez, va.

Le surveillant hésita puis finit par tourner les talons. Edward sourit simplement puis traversa deux couloirs avant de glisser dans la fameuse salle. Non, il ne lui avait pas menti. Il était bien dans la salle d’hydrothérapie et la sécurité les rejoindrait, mais pas avant un long moment. Cela lui laissait tout le temps qu’il lui fallait pour s’occuper de la jeune femme. Il jeta un dernier coup d’œil à son installation. La baignoire était prête, il n’avait plus qu’à la cueillir. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas préparé quelque chose pour un seul et unique individu. C’était presque une faveur qui lui faisait. Il offrait tout son savoir pour donner une leçon, peut-être même sa dernière leçon si elle s’avérait décevante mais il espérait que non. C’était toujours plus amusant quand le sujet se montrait  intelligent. Il attendit une poignée de minute, et au moment où la jeune femme passa en coup de vent. Il profita de la panique de la jeune femme pour lever une chaise en l’air et la jeter dans son dos pour la faire chuter. Il se précipita sur son dos, posant un pied sur la partie endolorie pour la maintenant un instant. Des précieuses secondes qui lui permirent de sortir un mouchoir couvert de chloroforme, volé à l’infirmerie pendant dans chimiothérapie. Cela servait parfois d’être malade. Il eut comme un éclat de rire étouffé. Il adorait quand un plan fonctionnait comme prévu.

Il n’en avait pas mis assez pour la maintenir dans un état comateux, peut-être même avait-elle conscience de ses mains qui attrapaient sa taille puis qui tiraient sur ses bras, des grognements épuisés de Nygma alors qu’il la soulevait, tant bien que mal, puis du contact glacé avec l’eau du bain.

- Grace, si gentille et serviable Grace… Si naïve aussi.

Elle pouvait entre le drap la recouvrir puis  le bruit métallique des attaches, si similaires à celle des camisoles.

- Nous allons jouer à un jeu.

Il tapota son crane du bout des doigts pour la stimuler avant de pousser, la forçant à immerger dans le bassin. Il attrapa ses cheveux clairs pour la maintenir et au bout d’une dizaine de secondes, il la remonta, lui accordant l’oxygène qu’elle espérait. Il prit une serviette et vient essuyer son visage. Il aimait ce contrôle qu’il avait, avoir ce pouvoir sur son esprit, sur son corps, sur sa vie.

- J’ai quelques énigmes pour vous et ils se trouvent dans ce bain. Vous devez être intelligente pour être parvenu à un tel stade de la psychologie après tout ce que vous avez vécu, mais l’êtes-vous assez ? La détermination ne suffit pas, sinon Jason serait encore en vie.

Il reposa la serviette sur un meuble et se présenta cette fois-ci sur le côté, près de son visage pour qu’elle puisse le distinguer sans mal.

- Vous allez devoir plonger pour me le prouver, miss Waterhouse,fit-il en insistant sur son nom pour lui en faire comprendre les susceptibilités.. Bien sûr, si vous échouez à ce test, d’une simplicité enfantine -je me suis adaptée à votre niveau, je me verrais dans l’obligation de mettre en terme à cette entrevue. Vous êtes prête ?

Il se redresse un peu et lui montra la montre qu’il avait prise à la jeune femme.

- Vingt minutes me semblent suffisantes.


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Message envoyé le : Dim 31 Juil - 16:36

Grace Waterhouse
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Grace était dans son bureau, en train de finir de remplir de la paperasse, une tâche peu gratifiante mais nécessaire, lorsque son téléphone sonna. Elle coupa court au bruit strident en décrochant, puis sauta sur ses pieds, laissa tomber le stylo sur son bureau au lieu de le ranger avec ses confrères dans le pot qui les tenait en place, ne se donna même pas la peine de refermer le dossier ou de raccrocher, et se lança dans une course effrénée à travers les couloirs sombres et glauques de l'asile psychiatrique. La voix au bout du combiné était celle de Vivian, et l'homme ne l'aurait pas dérangée pour rien, si ce dont il parlait s'était vraiment produit, l'heure était grave.
Elle dégringola les escaliers, passa à côté de plusieurs collègues qui se retournèrent sur son passage avec toute la vivacité d'un zombie au galop, et s'élança dans le couloir qui menait à la salle d'hydrothérapie. Les murs suintaient, de la moisissure commençait à colorer le carrelage qui recouvrait également le sol et le plafond en gris. L'air était lourd, chaud comme l'haleine d'un prédateur dans le cou de sa proie, et les ampoules clignotaient, projetant des ombres de mauvais augure sur les carreaux délavés qui avaient autrefois été d'un blanc éclatant et ressemblaient maintenant, après avoir perdu la porcelaine qui les décorait, à des dents entartrées en forme de pierres tombales.

Grace ne prêta aucune attention à tout cela. Elle était sûre de trouver Vivian dans la salle en train de maîtriser le patient, ou de le garder au calme. Ce n'est qu'en entrant en courant qu'elle se rendit soudain compte que la situation était absurde, comme la demande du vigile. Que pouvait-elle faire face à un interne évadé ? Pourquoi l'appeler elle et pas les collègues à gros bras ? Et surtout, que pouvait bien faire un aliéné en salle d'hydrothérapie, alors que la pièce constituait en elle-même une impasse pour toute personne cherchant à sortir du bâtiment ?
Au moment où elle décidait, soudainement paniquée, de faire demi-tour pour éclaircir ces différents points, elle sentit un objet frapper son dos avec une violence qui la projeta à terre. Quand une semelle se plaqua sur son dos, puis sur sa bouche une main couverte d'un mouchoir humide répandant une odeur nauséabonde, elle tenta de se défendre, jeta ses bras en arrière par-dessus sa tête et parvint à griffer les avant-bras et les mains de son agresseur, mais l'effet en fut limité. Elle se sentit basculer dans l'inconscience comme un promeneur poussé du haut d'une falaise par un vent battant.

Le trou noir sembla durer à la fois une seconde et plusieurs heures. La seule chose dont elle était sûre, c'était la brutalité du réveil. Soudainement immergée dans l'eau froide, ses grands mouvements désordonnés pour en sortir se heurtèrent à une sorte de bâche, ou de couverture, aussi glaciale que l'eau qui la recouvrait. Elle poussa un premier cri à ce moment-là, aveugle, les yeux encore voilés par des milliers de points scintillants. Elle n'entendait qu'une série de bruits secs, et une voix qui s'exprimait en une langue dont elle ne comprenait pas encore le sens. Soudain un déclic se fit, comme si ses oreilles se débouchaient, ses yeux se dégagèrent et elle entendit très distinctement la même voix masculine prononcer :

« Nous allons jouer à un jeu. »

Elle eut à peine le temps de sentir un contact sur son crâne, et une main lui agripper les cheveux, de comprendre ce qui allait suivre et de crier à nouveau avant que sa tête ne soit violemment poussée sous l'eau.
Elle détestait mettre la tête sous l'eau. Près de chez eux, il y avait un lac. Bien sûr, l'eau était glaciale, mais ça n'arrêtait pas les enfants. Petite, elle n'avait pas appris à nager comme ses frères et sœurs. Elle était sage, elle restait au bord et faisait des châteaux avec le terreau humide, un seau et quelques cailloux en guise de décoration. Mais un jour, elle avait vu quelque chose bouger dans l'eau, probablement juste un poisson, mais aussi un mystère pour la petite fille qu'elle était. Elle avait consciencieusement enlevé ses bottes, son pull-over, sa robe, et entreprit de rejoindre la bête qui dansait dans l'eau à quelques mètres du bord.
Elle avait manqué se noyer, et son père l'avait récupérée juste à temps. Elle avait craché de l'eau pendant plusieurs minutes.

Elle frappa le poignet qui la tenait, pas pour lui faire lâcher, mais pour supplier la personne qui l'avait enlevée, peu importe qui il était, de la lâcher. Lorsque la méthode ne produisit aucun effet, la panique la gagna et elle se débattit en criant, créant des éclaboussures qui rebondirent contre la toile et projetant des bulles à la surface. Que ce soit sa réaction ou qu'il l'ait décidé de lui-même, l'homme tira sur ses cheveux et elle se retrouva enfin de nouveau à l'air libre, où elle prit de grandes inspirations sifflantes entrecoupées de sanglots incontrôlables pendant qu'il lui essuyait le visage avec une tendresse dérangeante.
Il prit à nouveau la parole :

J’ai quelques énigmes pour vous et ils se trouvent dans ce bain. Vous devez être intelligente pour être parvenu à un tel stade de la psychologie après tout ce que vous avez vécu, mais l’êtes-vous assez ? La détermination ne suffit pas, sinon Jason serait encore en vie.

Elle hoqueta, recrachant un peu d'eau sur la bâche.

« Comm... C... Comment savez-vous p...Pour Jason ?! »

Un bon nombre d'éléments l'avaient choquée dans la diatribe de son interlocuteur, mais elle était trop perturbée pour faire le tri et avait simplement réagi au dernier qui avait douloureusement piqué son attention.

Elle tenta de reculer lorsqu'il approcha son visage, mais son cou était pris à l'étroit dans la toile cirée qui la maintenait plongée dans l'eau glacée. Son teint pâlit encore d'un cran et ses lèvres commencèrent à virer au violet. Elle claquait ses dents. Elle leva les yeux vers ceux de son bourreau avec un mélange saisissant de crainte et d'horreur. Sa respiration suivant toujours un rythme effréné.

« Attendez ! Je, je ne suis pas prête. De quel test est-ce que vous parlez ?! Qu'est-ce que... ? »

Au même moment, son cerveau qui tournait au ralenti, troublé par la basse température de l'eau, finit par percuter.

« Edward Nygma... »


Elle regarda une seconde les prunelles sombres du malade. Il n'avait rien à perdre, et il était prêt à tout. Impossible de savoir pourquoi il tenait à la torturer, mais une chose était sûre : sa seule chance de s'en sortir était de résoudre l'énigme. Elle perdait du temps à essayer de discuter.
Elle serra les dents.
Les dizaines de livres qu'elle avait parcouru avec ses parents quand elle était petite, et les soirées au coin du feu à se poser des devinettes allaient servir. Ces souvenirs ramenèrent un peu de chaleur au cœur de Grace, et elle prit une grande inspiration avant de plonger, mémorisant l'emplacement du trou par lequel elle pourrait retourner respirer.
Elle fouilla d'abord le fond de la baignoire, passant la main contre les parois et à travers l'eau au cas où quelque chose aurait flotté dedans. Elle s'attaqua ensuite à la bâche elle-même, et en particulier aux attaches. Enfin, elle vérifia qu'on n'avait rien glissé dans ses poches pendant qu'elle était inconsciente.

Le manque d'air se faisait sentir, et le froid lui mordait le cou et le cuir chevelu, mais c'était la pénombre qui régnait sous la toile qui lui faisait le plus peur et qui la poussa à ressortir après quelques secondes, le souffle court et tremblant de tout son corps.

[je n'aurai qu'un mot : "HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII"
... voilà c'est tout.]

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Message envoyé le : Lun 1 Aoû - 11:00

Edward Nashton
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The Riddler

- Bien sûr que c’est moi ! Qui d’autre dans votre asile de fou aurait pu s’arranger cette petite conversation ? Vous me décevez Grace, vous me décevez.

Il avait l’air d’un professeur qui grondait une de ses étudiantes, sauf qu’ici, il n’était que le patient et elle le médecin. Cependant, il aimait voir le pouvoir retomber entre ses mains. Après tout, ne savait-il pas mieux que quiconque en user ? La jeune femme ne céda pas à la panique, si la peur l’avait traversé un instant avec violence, elle avait vite compris ce qu’il attendait d’elle. Il la vit alors disparaitre dans l’eau sombre. Il eut un petit sourire en voyant combien la bassine ressemblait à un cercueil. Était-ce qu’elle ressentait, ainsi plongé dans le noir, le souffle coupé ?

Grace décida donc d’explorer le fond de la baignoire, elle put alors découvrir l’une des énigmes qu’il avait laissé, parmi tant d’autres. Elle trouva un texte vert, écrit soigneusement.

Enigme:
 

Elle vit enfin celle qu’il recouvrait le haut de la bâche, au niveau de ses yeux. Des symboles étranges, tracés au feutre noir. Ils semblaient avoir été légèrement effacé, peut-être à cause de l’eau ou lorsqu’elle s’était débattue. Un point d’interrogation vert était en son centre. Il semblait avoir été rajouté à la va-vite.

Enigme:
 

Elle trouva dans sa poche le feutre qui avait principalement servi pour tracer les différentes énigmes. Un feutre vert, mais ce n’était pas là le plus perturbant. Une sorte d’étiquette entourait le stylo, comme celle que l’on mettait sur les cahiers des écoliers, légèrement plastifiés. Visiblement, il fallait la décoller pour découvrir l’énigme, elle pouvait seulement voir des taches d’encre et des lettres inversés. Avant qu’elle ne remonte, elle put apercevoir à droite de la baignoire (elle pouvait ainsi se souvenir qu'Edward était droitier) des chiffres romains.

Enigme:
 

Quand elle ressortit, il vient de nouveau essuyer son visage avant de poser la montre sur le dessus de la bâche, lui permettant ainsi de connaitre combien de temps il lui restait. Elle avait été rapide, mais elle allait devoir l’être davantage.

- N’oubliez pas d’additionner le tout Grace, vous comprendrez mieux pourquoi je vous ai choisi vous et non quelqu’un d’autre. Enfin, je l’espère pour vous.

Il vient poser une main sur son front, jouant les docteurs improvisés.

- Vous avez froid ? Laissez-moi arranger ça.

Il vient tourner le large robinet au-dessus d’elle, cette fois, ce fut une eau chaude qui coula sur ses cheveux puis très vite, elle devient brûlante. Edward fit mine d’être surpris avant de l’éteindre.

- Quel dommage pour vous, la tuyauterie semble défectueuse. Enfin, nous, les patients, nous le savions déjà. Son regard se posa sur la montre. Quinze minutes, Grace.


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Message envoyé le : Lun 1 Aoû - 12:20

Grace Waterhouse
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Elle n'aimait pas décevoir les gens. Grace était, dans sa nature même, une parfaite bonne élève, et même si elle était fermement résolue à ne pas laisser l'aliéné jouir du rôle de professeur qu'il s'était auto-attribué très longtemps, elle ne pouvait nier que les mots qu'il prononçaient lui faisaient l'effet d'une réprimande. Elle mit ce questionnement de côté, décidée à survivre en parant au plus pressé, et utilisa le reproche et sa propre angoisse pour trouver, une à une, chaque énigme que l'Homme-Mystère lui avait laissée. La jeune fille était toujours très organisée, et il ne lui fallut pas longtemps pour explorer méthodiquement la baignoire. En ressortant, elle pria pour avoir tout trouvé, et pour tout retenir. Elle aurait mal supporté une nouvelle immersion, mais son instinct lui disait qu'il faudrait sûrement replonger.

La première énigme la rassura. Elle était classique, elle ressemblait à celle des livres. Quelques connexions commencèrent à se faire dans son cerveau, l'hypothèse que la première devinette trouvée était certainement aussi la dernière de la série, qu'elle pouvait indiquer un endroit ou un côté plutôt qu'un mot à trouver, et quelques mots-clés : liberté, sortie, réussite... Quelque chose dans ce goût-là.

La deuxième en revanche lui glaça les sangs plus sûrement que l'eau dans laquelle elle surnageait péniblement. Les symboles étaient complètement ésotériques, ils ne venaient ni de l'alphabet cyrillique ni de l'alphabet grec, et n'étaient certainement pas des idéogrammes. A part le « 8 », qui pouvait aussi être un « infini » redressé, et le point d'interrogation qui semblait tenir une place centrale dans l'assemblage, elle ne reconnaissait rien, et les signes ne lui évoquaient rien. Elle s'interdit de paniquer et passa à la suite.

Elle attendit pour ouvrir le stylo d'avoir trouvé le reste et sorti la tête de l'eau. Elle commençait à manquer d'air lorsqu'elle aperçut la dernière inscription.

IX = 6.

9 = 6.

Quelque chose était à l'envers.
Elle pensa un instant aux symboles étranges, mais dû remonter avant d'avoir pu vérifier son hypothèse, en prenant une profonde respiration sifflante dès qu'elle émergea.

Elle était glacée, elle avait peur, elle avait le souffle court, et aucune idée de comment se tirer de là. Elle sentit des gouttes chaudes couler le long de ses joues, et mit un moment à réaliser qu'elle pleurait.
Lorsque Edward Nygma s'approcha pour lui essuyer le visage, elle détourna la tête. Elle répugnait à laisser cet homme jouer les infirmières avec elle, et elle n'avait pas du tout envie qu'il s'aperçoive qu'elle sanglotait, des fois que ça lui donne de mauvaises idées et qu'il lui prenne l'envie de lui faire payer le fait d'être aussi décevante pour lui.
Il posa la montre sur le dessus de la bâche, juste devant elle, ce qui constituait déjà une punition bien assez amère pour la jeune fille, qui lut l'heure par réflexe avant de s'en mordre les doigts figurativement. Il lui restait dix-sept minutes. Elle entreprit de défaire le laçage autour du stylo, mais ses doigts étaient engourdis et elle peina à détacher l'étiquette, la colle lui résistait et le coin de son ongle glissait désespérément sur le plastique.

« - N’oubliez pas d’additionner le tout Grace, vous comprendrez mieux pourquoi je vous ai choisi vous et non quelqu’un d’autre. Enfin, je l’espère pour vous. »

Elle serra les dents. Déjà, elle n'appréciait pas qu'il l'appelle par son prénom. Ensuite, elle n'appréciait pas du tout qu'il en sache autant sur elle. D'abord son moyen de torture en rapport avec un jeu de mots sur son nom, puis Jason (ses larmes redoublèrent et elle fronça férocement les sourcils, elle pensait pourtant avoir surmonté ce trauma), et ensuite des énigmes personnalisées ?

Elle fut surprise lorsqu'il posa une main osseuse sur son front, et ne pensa même pas à l'éviter. De toute façon, ses mouvements étaient restreints, et elle préférait éviter de trop se le rappeler. Elle hoqueta lorsqu'il ouvrit le robinet, surprise d'abord par le contact de l'eau qui coula entre ses cheveux, puis par sa tiédeur. Elle se mit à paniquer lorsque la température continua d'augmenter à un rythme implacable.

« Non !! »

Lorsque le liquide devint brûlant, elle poussa un long cri de douleur et pressa désespérément ses mains contre la toile en secouant la tête de part et d'autre du jet d'eau pour tenter d'y échapper. Nygma prit une expression faussement surprise avant de consentir à fermer le robinet et à lui offrir de piètres explications.
Mais une partie de la phrase retint l'attention de Grace.
Elle le regarda par-dessous ses cils alourdis par l'humidité, ses grands yeux noisette écarquillés d'horreur.

« Vous le « savez déjà » ? Quoi ? Mais... Cette salle n'est plus en service depuis des dizaines d'années... N'est-ce pas ? »

Sauf que toute la tuyauterie marchait encore, que la chaudière était visiblement en marche, et que l'endroit était aussi bien entretenu que le reste de l'hôpital psychiatrique.
Son monde s'effondrait.
Elle pouvait travailler dans un asile insalubre. Elle pouvait travailler au sein d'une équipe peu motivée. Elle pouvait travailler avec des collègues aux méthodes un peu rétrogrades.
Mais ça... C'était purement et simplement de la torture. Comment pouvait-on continuer à faire des choses pareilles alors qu'on savait pertinemment que c'était inutile ?! Et surtout...

« Qui ? »

« Quinze minutes, Grace. »

Elle mit trente bonnes secondes à se reprendre. L'information l'avait bien secouée, plus que son plongeon dans l'eau glaciale tout à l'heure. Elle se ré-attaqua à l'étiquette qui entourait le feutre, et plongea la tête sous l'eau pour lire ce qui était marqué à l'envers du papier.



… Ce qui ne l'aida pas du tout. Elle ressortit, et tourna et retourna les éléments dans sa tête. Plus elle n'avançait pas, plus elle paniquait. Elle n'avait aucune idée de l'ordre des énigmes, sans parler de la réponse.
Sa respiration était toujours effrénée et sifflante, son nez était bouché, de l'eau lui coulait des oreilles et elle claquait des dents, ses cheveux s'étaient agglutinés en mèches rebelles qui lui collaient aux joues, et ses vêtements détrempés emprisonnaient son corps comme un linceul. Elle était dans un était lamentable. Elle leva vers Nygma un regard pitoyable.

« Pourquoi ? Qu'est-ce que ça change pour vous ?»

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Message envoyé le : Lun 1 Aoû - 21:52

Edward Nashton
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Comment une personne aussi fragile pouvait avoir atterrit à Arkham ? Du côté des patients, ils avaient Maria, et du côté de la psychiatrie, il avait Grace. C’était à la fois désespérant et amusant. Edward ne pouvait pas dire qu’il avait de la compassion pour elle, puisque cela faisait un long moment qu’il l’avait choisi. Cependant, il trouvait ça malheureux que l’asile choisisse des êtres au mental incertain plutôt que des êtres de raison. Il fallait être fou pour travailler à Arkham, ou bien profondément désespéré. Elle ne semblait en rien connaitre le lieu où elle travaillait et sa surprise arrachant à Edward une grimace désolée.

- Je vois que vous commencez à comprendre. Félicitez-vous de ne pas avoir pour nom Lightning, vous auriez eu un « éclair d’intelligence » en comprenant ce qui se passe dans votre asile.

Edward montra ses tempes, où des cicatrices se distinguaient à travers la chevelure. Elles remontaient à cinq ans, mais le criminel savait que cette torture était toujours en cours avec d’autres patients. D’ailleurs, il craignait particulièrement de retourner là-bas, surtout après la petite leçon qu’il avait la blonde. Il l’aurait bien mérité. Elle ressortit rapidement mais Nygma resta immobile, se mettant à genou pour rester à sa hauteur, posant sa tête contre la baignoire, l’observant s’agiter.

- On ne triche pas, Grace. Il va falloir résoudre mon énigme pour comprendre. Tout ce que je peux vous dire, c’est que là, maintenant, vous vivez une leçon. Vous avez aujourd’hui un aperçu de ce qu’est réellement l’asile d’Arkham, mais ce n’est pas mon objectif principal. Découvrez-le. Plongez encore, ordonne-t-il.

Il ne la forçait pas, c’était à elle de choisir. Mais si elle abandonnait, et il ferait en sorte qu’elle ne remonte jamais à la surface. Edward n’aimait pas particulièrement tuer. Il se défendait toujours de ça pendant les séances. Tout ce qu’il voulait, c’était faire réfléchir Gotham City, leur faire comprendre leur erreur. N’était-ce pas ce que tout professeur désirait de ces élèves ? Les voir progresser ? Les éléments perturbateurs n’avaient qu’à disparaitre.

- Mais comme je suis quelqu’un de profondément aimable, je vous conseille de prendre des notes de vos idées, ou de vos réponses.

Vu comment ses mouvements alors qu’elle était remontée, il supposait bien qu’elle avait fini par trouver le feutre. Il aurait apprécié pouvoir entrer dans la tête de la demoiselle et connaitre ses réflexions sur tout le jeu qu’il avait mis en place, rien que pour elle. Cependant, il était obligé de rester simple spectateur. Elle n’avait pas à s’en faire. Edward la libérerait si elle réussissait, qu’importe le timing qu’il s’était fixé. Edward était plutôt « honnête », pour un criminel. Bien que son tempérament de feu le pousse parfois à achever ses victimes, s’il estimait qu’elles avaient triché d’une quelconque manière. Cependant, pour ce jeu-ci, elle ne pouvait pas tricher. Elle était seule avec elle-même dans les profondeurs du bassin.

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Message envoyé le : Mar 2 Aoû - 18:54

Grace Waterhouse
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Grace eut un violent frisson juste au moment où il mentionna la possibilité d'utiliser des électrochocs sur elle, et elle réprima un cri, qui sortit simplement sous la forme d'un gémissement. En revanche, lorsqu'elle vite les cicatrices qui barraient les tempes du pauvre malade, une de ses mains vint frapper à pleine vitesse contre la toile, et le cri d'horreur qu'elle aurait dû couvrir franchit les lèvres de la psychiatre. Son esprit tournait à pleine vitesse et elle se sentait un peu étourdie, sans qu'elle puisse dire si l'effet était dû à la température de l'eau, au choc thermique, ou aux atrocités qui se passaient sous ses yeux sans qu'elle n'en soupçonne l'ombre, et surtout... Sans qu'elle ne puisse rien faire. Pour l'instant.
Sa résolution en avait pris un coup, mais elle gardait l'espoir de pouvoir changer les monde, comme tous les jeunes fous qui se lançaient sur le chemin de leur destinée chaque jour pour déchanter très vite en se heurtant aux réalités du monde... Ou pour atteindre à coups de bec et d'ongles le podium qu'ils s'étaient jurés de gravir.

L'Homme-Mystère avait pendant ce temps posé très calmement la tête contre le rebord de la baignoire, et la regardait d'un air presque lassé. Il la réprimanda pour ses questions, comme elle s'y attendait. Il ne lui donnerait pas les réponses aussi facilement, même s'il devait bien se douter qu'il avait tout intérêt à la lancer contre ceux qui utilisaient des méthodes aussi barbares, ne serait-ce que pour provoquer des remouds à la surface en apparences calme de l'organisation de l'hôpital psychiatrique où ils se trouvaient.

« … ce n’est pas mon objectif principal. Découvrez-le. Plongez encore. »

Grace ne put s'empêcher de laisser échapper un sanglot en baissant la tête et en fermant les yeux, comme si ça pouvait changer quoi que ce soit à la réalité, ou lui faire oublier pour une seconde l'eau glacée, la moiteur de l'air et la proximité du visage de son bourreau. Son souffle s'affola par anticipation de l'effort à fournir. Elle avait les joues brûlantes et les mains glacées. Elle releva la tête en emplissant ses poumons à fond, et eut juste le temps d'entendre la phrase d'Edward avant de replonger. Au passage, ses yeux tombèrent sur la montre qu'il avait posée juste devant elle. Douze minutes.

Une fois au fond de l'eau, elle ouvrit les yeux. Il faisait noir, et elle distinguait à peine les énigmes qu'il lui avait laissées. Elle fixa intensément les caractères étranges, comme si cela allait lui dévoiler leur signification. Elle repensa au neuf et au six, et à ce qu'ils indiquaient sur les apparences trompeuses et l'état d'esprit de Nygma, à la fois condescendant et tortueux.

« Miss Waterhouse »

L'eau était un élément clé. Tout à coup elle regarda les symboles différemment, comme si elle avait tourné la tête et les avait vus sous un autre angle. Il suffisait de les couper en leur milieu, comme s'ils se reflétaient sur l'eau ! C'était tout simplement une suite de chiffres !

Hors d'haleine, elle remonta.

« Quatre ! Quatre... Les symboles... C'est ça, n'est-ce pas ? », demanda-t-elle, mais elle n'avait aucun doute. La question était posée plus par humilité polie que pour obtenir une réponse. « Quand vous disiez... « enfantines »... Ce sont des pièges, c'est ça ? Elles sont tellement simples qu'on ne trouve pas la solution... »

Elle écouta à peine la réponse, son esprit tournant à plein régime pour examiner les autres énigmes à la lumière de ce qu'elle avait découvert.
Les chiffres l'avaient aidée à comprendre l'autre devinette, il devait y avoir quelque chose dans celle-ci qui lui permettrait de saisir la logique de la première. Réfléchir simplement. Un petit détail suffirait à la mettre sur la voie. … Pourquoi des chiffres romains ? Quel était l'intérêt, sinon l'équivalence qu'ils représentaient avec les lettres de l'alphabet ? Elle mit les deux en relation, et …

« S ! »

Elle jeta un regard fier, accompagné d'un grand sourire d'enfant qui vient de trouver la réponse à une question que lui a posée la maîtresse, à Nygma. Sa spontanéité ne dura cependant qu'un moment. Elle avait trop froid, elle était trop fatiguée. Et elle perdait du temps à force de réfléchir. Il ne lui restait plus que cinq minutes.
Elle se pressa de ressortir le stylo, d'écrire « 4 » et « S » à l'envers contre l'autre côté de la bâche, et de plonger pour voir le résultat.

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Message envoyé le : Jeu 4 Aoû - 0:34

Edward Nashton
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Noyer sa raison


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Douze minutes, et elle n’avait encore aucune réponse. Pratiquement la moitié du temps s’était écoulée. Edward grimaça, peu satisfait. Il avait mis en place plusieurs parties pour son jeu car il voulait avoir des réponses régulières et pourtant, elle ne parvenait même pas à annoncer le prémisse d’une idée. Déception, elle était une déception. Il aurait dû le deviner, après tout, combien pouvait se venter te tenir face à une de ses énigmes ? Il était bien trop génial pour ce monde. Batman lui-même était obligé d’utiliser la ruse –pour ne pas dire la triche- pour arriver à la victoire, ça il en était certain. Tandis que la colère montait peu à peu dans l’esprit du criminel, la tête blonde de Grace vient remonter à la surface. Edward ouvrit la bouche pour lui lancer en pleine figure une insulte déguisée mais les paroles de la jeune médecin le prirent de cours. Elle avait enfin compris et Edward comprit alors que la partie allait être bien plus rapide à présent. Il glissa un sourire satisfait, sans pour autant se montrer trop enthousiaste. Elle avait perdu énormément de temps et les règles étaient les règles. Peut-être n’était-elle pas si débile que ça, mais serait-elle assez intelligente pour mériter sa place dans le monde que voulait créer l’Homme-mystère ? Edward s’apaisa donc lorsqu’elle affirma que tout ceci n’était qu’un vaste piège. Il devait bien admettre, il aimait se jouer de ses victimes qui s’imaginent souvent que la solution est bien plus compliquée qu’il n’y paraissait.

- Bonne réponse, Grace. Je crois que vous commencez à éveiller mon intérêt, bien. Continuez.

Il se sentait fatigué. Peut-être que l’effort qu’il avait fourni pour tout préparer, allant jusqu’à attaquer la jeune femme avec une chaise avait vidé son énergie plus que nécessaire. Dire qu’à une époque, il était capable de grimper dans des endroits improbables pour s’échapper, qu’il pouvait courir à toute vitesse quand les flics étaient à ses trousses. Après tout, s’il n’était pas connu pour sa force mais, on pouvait au moins admettre son talent pour prendre la fuite. Cependant, plus les mois avançaient et moins ça allait pour le presque trentenaire. Il se laissa complètement glissé sur le sol, s’appuyant davantage contre la bassine glacée tandis que Grace annonçait une nouvelle réponse, une poignée de seconde après. Elle le regardait avec un immense sourire et il le lui rendit, plus par réflexe qu’autre chose. Elle semblait chercher réellement son approbation, ce qui surprenait plutôt le prince des énigmes. D’habitude, il avait droit à des supplications, des insultes même. Jamais elle n’avait demandé sa pitié ou c’était montré vulgaire vis-à-vis de lui. Cette femme s’avérait plus intéressante qu’il ne l’aurait cru. Ses yeux se posèrent sur la montre. Dommage que son éclair d’intelligence n’ai été que tardif.

- Cinq minutes, Grace. Allez-vous me décevoir ?

Mais déjà elle plongeait. Edward se pencha un peu au-dessus du trou, espérant voir ce qu’il se passait là-dessous. Encore deux énigmes, puis après il lui faudrait énoncer la réponse finale. Devait-il lui donner quelques minutes supplémentaires ? Ce n’était pas tellement son genre mais… entre l’eau chaude et les quelques paroles qu’il a pu lui adresser, elle aurait pu manquer de temps. Elle n’était qu’un être inférieur après tout, il ne pouvait pas lui demander des miracles. C’était son défaut, trop demander à la population misérable de Gotham. Peut-être qu’un jour, on le surprendrait. Elle pouvait cependant se vanter d’avoir intrigué l’homme-mystère, même qu’une poignée de minutes.

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Message envoyé le : Jeu 4 Aoû - 17:59

Grace Waterhouse
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Pendant qu'elle réfléchissait à la deuxième énigme, l'homme s'était lentement laissé glisser au sol, et lorsqu'elle lui cria presque sa réponse au visage, elle dût baisser les yeux pour trouver les siens. Il ne tenait qu'en reposant son épaule contre le bassin, et son teint la fit frissonner. Ce fut ça, plus encore que la situation, qui lui enleva son sourire. Cet homme était malade, il avait besoin de soins urgents, pourquoi est-ce que personne ne faisait rien ? Les mêmes qui utilisaient encore des méthodes atroces contre les patients étaient-ils vraiment chargés de leur bien-être et de leur santé ? Et elle, que pouvait-elle faire dans tous cela ?
Il ne fallait pas s'étonner qu'il aille attaquer du monde, après avoir vécu tout ça... Peut-être même souffrait-il de syndrome de choc post-traumatique, mais personne n'allait s'en assurer, bien entendu. Il était fou à lier, et pour les autres, ça suffisait amplement pour le condamner à tout ce qui pourrait bien risquer de lui arriver de pire.
Un cancer, par exemple.

"Cinq minutes, Grace. Allez-vous me décevoir ?"

Elle avait ouvert la bouche pour entamer la discussion, mais sa remarque la rappela à l'ordre. Elle plongea.

Elle fixa un moment le « 4 » et le « S » qu'elle venait de tracer. Sous l'eau, le stylo marchait mal, mais à part ça, rien de particulier à découvrir. Elle relut une dernière fois l'énigme finale avant de ressortir et de fermer les yeux pour réfléchir en rejetant la tête en arrière. Si elle avait pu, elle se serait donné des petits coups sur les tempes, à des points d'énergie décrits dans la médecine chinoise et asiatique, mais une nouvelle fois, le drap détrempé stoppa ses mains.

Elle fit l'inventaire de ce qu'elle savait sur le stylo.

« Il te donnera une partie de la réponse »
« je vous conseille de prendre des notes de vos idées, ou de vos réponses. »
« Que faire de ce stylo ? »

L'utilisation du stylo était la clé, et lui donnerait une partie de la réponse... Mais la réponse était immatérielle, forcément. Elle avait été stupide de vouloir écrire les autres solutions, comme si ça allait changer quelque chose ! Elle avait perdu du temps !
Que faisait-on avec un stylo ?

« Ecrire ? Noter ? » Elle se souvint des symboles étranges. « Tracer ?»

Elle rouvrit les yeux pour regarder Edward Nygma, mais décela comme quelque chose de différent dans son regard. Elle tourna les yeux vers la montre et son souffle fut expulsé de ses poumons sous le choc, avant de s'arrêter, bloqué par la crainte.

00:00

Le décompte était terminé. Elle avait avancé, mais elle était loin d'avoir tout trouvé. Le sentiment d'excitation et d'intérêt qu'elle avait commencé à éprouver, le faible confort que lui apportait l'occupation de résoudre les devinettes se dissout en un instant. De pâle, son teint devint cadavérique, rejoignant presque celui du patient. Ses lèvres étaient à présent bleues de froid, et elle tremblait aussi de peur. Elle ouvrit et referma plusieurs fois la bouche, mais aucun mot ne sortit. Seul un mouvement qu'elle crut voir du côté de Nygma la tira de sa transe de terreur.

« Non ! Je... Je n'ai pas eu le temps ! Je vous en supplie, ne me noyez pas ! »


Elle s'agita dans la baignoire, et se remit à pleurer. Sa mère disait qu'il n'y avait pas de bonne façon de mourir, mais certaines étaient moins agréables que d'autres. Puis elle grimaçait, et en lui ébouriffant les cheveux, lui intimait de ne pas mourir avant elle.
Comme si elle avait le choix... Elle n'avait pas été assez intelligente pour E.Nygma, comme tout le monde, et elle allait y passer, comme la plupart de ses victimes. Elle aurait bien tenté quelque chose pour s'en tirer, mais ses moyens physiques et intellectuels étaient limités à l'instant. Ca ne l'empêcha pas de tourner frénétiquement la tête pour observer autour d'elle, comme si un élément qu'elle n'avait pas remarqué jusqu'ici allait la sauver, en envoyant des gouttes d'eau partout alentour du bout de ses mèches de cheveux trempées. La larme qui pendant à son menton vint s'écraser sur la toile cirée.

« Pas la noyage... N'importe quoi, mais pas ça... »

Elle revivait la panique de sa courte mais poignante expérience dans le lac. Et elle était sincère quand elle disait qu'elle aurait préféré n'importe quoi d'autre. La douleur, elle savait qu'elle passerait dès qu'elle perdrait connaissance. Mais le froid... Le silence assourdissant de l'eau, avec juste le grondement des vagues contre la berge... La pression qui pesait sur les épaules et le dos, le fait d'être désorienté, l'impuissance...

Sa respiration se fit sifflante et accéléra frénétiquement. Elle avait à peine conscience de ce qui l'entourait, elle se dit d'un coin de son esprit qui regardait la scène comme un observateur extérieur que la dernière chose qu'elle ferait avant de mourir serait somme toute très commune dans ces circonstances : une bonne petite crise de panique.

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Message envoyé le : Jeu 4 Aoû - 22:16

Edward Nashton
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Elle avait perdu. Edward avait perdu tout sourire, regardant Grace avec un mélange de dureté et de compassion, comme on pouvait avoir pitié d’un petit animal boiteux. Le temps et l’espace sembla se figer une poignée de seconde et Edward posa sa main sur le rebord de la baignoire pour se redresser un peu, il se sentait glisser encore, comme lorsque l’on s’enfonçait dans un fauteuil par fatigue, sauf qu’ici, il n’y avait que les parois glacées de la baignoire. Ce simple geste suffit à la faire paniquer, à la faire crier et pleurer. Par réflexe, il jeta un œil vers la porte verrouillée, tendant l’oreille pour percevoir le moindre bruit venant de l’extérieur. Il n’avait aucune idée si la sécurité était déjà à sa recherche. Après tout, il avait disparu, et la psychiatre aussi. Sans doute son empressement dans les couloirs s’étaient fait remarquer. Ils ne tarderaient pas à faire le lien. Les caméras feraient le reste. Finalement, d’un geste brusque mais sans force, il vient plaquer sa main contre sa bouche. Il lui suffirait d’un rien pour se dégager mais Edward prit de l’avance sur elle. Il se redressa correctement et fit d’une voix lente :

- Respirez par le nez, expirez par la bouche.

Quand il la sentit enfin agir, il détacha sa main, laissant son souffle glisser sur ses doigts. Il ferma les yeux, comme si se concentrer lui demandait un effort particulier. Des mois qu’il tentait la méditation, et s’il connaissait parfaitement la théorie, il avait encore du mal avec la pratique. Cependant, il savait que la jeune femme était une adepte de la médecine douce. Elle connaissait cette technique de relaxation et, ne pouvant visiblement pas le faire elle-même, elle allait devoir l’écouter. Pourquoi faisait-il ça ? Il aurait pu la noyer immédiatement ? Il ne pouvait pas. Ça serait triché. Il lui avait fait perdre du temps entre ses monologues et sa démonstration des tuyauteries de l’asile. Non, il devait lui rendre ce qu’elle avait perdu. Pour cela, il allait devoir la calmer. Il espérait simplement avoir assez de temps, car cette fois, c’est lui qui en manquait. Ses yeux se posèrent encore sur la porte puis il se concentra une fois pour toute sur Grace. Il vient récupérer la serviette qu’il avait abandonnée sur une chaise et vient essuyer son visage et ses cheveux, tandis qu’il lui répétait d’inspirer puis expirer.

- Inspirez Grace, gonflez votre ventre, vos poumons, expirez.

Il posa la serviette sur le bord du bassin cette fois. Finalement, quand il fut certain qu’elle avait retrouvé un minimum de calme, assez pour se concentrer en tout cas, il reprit la parole, d’une voix lente mais ferme.

- Je vous ai fait perdre du temps, c’est ma faute. Vous avez encore cinq minutes. Je ne vous en donnerai pas une de plus. Cinq minutes, sinon, vous revivrez l’expérience de la rivière.

Là, elle pouvait comprendre qu’il avait lu son dossier psychiatrique, ou du moins, qu’il avait pris connaissance du contenu, d’une manière ou d’une autre. Sa voix se fit plus douce, toujours sur ce ton de professeur.

- Il n’y aura pas d’échappatoire. Estimez-vous heureuse que le Sphinx ait posé les yeux sur vous, que je prenne du temps pour vous éduquer, vous enseigner, vous éveiller. Il esquissa un faible sourire. Dans cinq minutes, vous serez libre. A vous de choisir si vous sortirez par la porte, ou par la morgue. Il vous reste une énigme, vous en avez résolu trois. Vous pourrez ensuite me donner la réponse finale. Dites-moi : pourquoi vous ai-je choisi ? Ne soyez pas stupide, fit-il comme une requête avant de reprendre en force : Plongez, Grace. Maintenant !

Sa main était déjà sur la montre. Oui, elle avait raison pour "tracer", maintenant, il fallait faire le reste. Le S était incomplet, tracer était incomplet et l'évasion était toujours au point mort. A elle de jouer.


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Message envoyé le : Ven 5 Aoû - 14:30

Grace Waterhouse
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Grace ne vit pas Nygma lancer un regard inquiet en direction de la porte. En revanche, elle entendit sa voix, ferme mais douce, lui intimer de respirer à la manière d'un professeur de méditation guidée, comme s'il était le psychiatre et elle la patiente.
Et quelque part, c'était tout comme.
Il avait lu son dossier ; Elle était enfermée dans la baignoire avec laquelle on le torturait d'habitude ; Et elle montrait à son tour des symptômes inquiétants.
Si elle avait été en état, elle aurait profondément réfléchi à l'influence du milieu sur l'être humain et les conséquences d'une hospitalisation forcée, mais c'était à garder pour plus tard. Pour l'instant, même respirer à une allure normale semblait hors de sa portée. Elle se concentra pour obéir à l'homme qui la séquestrait, sans doute par instinct de survie puisque tous les autres mécanismes psychiques étaient inhibés par l'intense terreur qu'elle ressentait.

Elle ne se rendit compte qu'il avait plaqué la main sur sa bouche que lorsqu'il l'enleva. La surprise du contact perdu participa à la faire revenir à la réalité. Celle-ci n'était pas bien brillante, mais au moins, elle parvenait à présent à contrôler son souffle, et quelque part dans un coin de son joli cerveau, deux neurones se connectèrent pour former une hypothèse, qui peu à peu prit de l'ampleur.

« S'il prend le temps de me calmer, il ne compte pas me tuer sur-le-champ. »

Ou pas ainsi. Peut-être allait-il à nouveau la chloroformer. Peut-être allait-il céder à sa supplique et la tuer autrement. Peut-être allait-il lui donner la solution de l'épreuve et parader un peu, profiter de sa mine déconfite avant de la plonger dans l'eau.
Elle eut un violent frisson, et des vaguelettes vinrent taper contre la toile tendue sur le bassin.
Pendant ce temps, E.Nygma était allé chercher la serviette qu'il utilisait pour lui essuyer le visage. Cette fois, elle le laissa faire, soulagée qu'il la passe également dans ses cheveux trempés. Obéissante, elle continuait à respirer selon une technique qu'elle avait expérimentée quelques années plus tôt dans un cours de méditation tenu par sa salle de yoga, et qu'elle avait adoptée depuis pour sa propre pratique. Elle produisait un bruit étrange, comme une sorte de raclement, lorsque l'air passait à travers le fond de la bouche, mais elle était diablement efficace pour se détendre.
Elle tourna les yeux vers son bourreau, qui reprit la parole.
Elle fut stupéfaite.
L'entendre s'excuser ne ressemblait à rien de ce à quoi elle s'attendait. Ses grands yeux s'écarquillèrent, adoucis par l'expression de son visage. Il n'était pas si mauvais qu'on voulait bien le dire... Elle était sûre qu'enfoui sous toute cette souffrance, le cancer, l'intelligence mordante, se trouvait un bon fond. Il devait se sentir si seul de ne pas pouvoir ne serait-ce que jouer aux échecs avec quelqu'un de sa trempe...

« Cinq minutes, sinon, vous revivrez l’expérience de la rivière. »

Sa mâchoire se serra. Elle ne devait pas se laisser distraire. Elle n'avait le temps de traiter personne maintenant, il lui fallait se sortir de là.

« Oui. Pardon. »

Elle maintint son attention sur lui pendant la tirade qui suivit, jusqu'à la fin, notant chaque mot pour pouvoir les analyser dès qu'il l'aurait libérée. Quelque chose y était caché, elle le savait. Elle commençait à le connaître.

« Ne soyez pas stupide. Plongez, Grace. Maintenant ! »

« Non ! », refusa-t-elle en fronçant les sourcils. « J'ai tous les éléments. Je dois juste les assembler. »

4. SIX = 6. Une partie d'un des mots : écrire, noter, tracer. Et la fin de « évasion », probablement « ion » ou « sion ». Le tout devait sûrement former un seul mot, au vu de la brièveté des réponses.

« Vous m'avez dit s'additionner, n'est-ce pas ? Les seuls chiffres que j'ai sont quatre et six... Dix ? »

Dis- , sans doute le début du mot. - (s)ion, sa fin... Il ne lui restait plus qu'à tester chacune des six syllabes des mots qu'elle avait trouvés pour le sylo. Elle le fit, gardant un œil sur la montre dont l'aiguille approchait dangereusement de l'heure fatidique, quand soudain son visage s'éclaira avant de brusquement se fermer, et elle jeta un regard noir et plein de douleur à Nygma, comme celui qu'aurait eu une femme trahie ou un chien battu. Un mélange de colère, de peur et d'incompréhension, presque de reproche.

« … Distraction ? C'est ce que ça représente, pour vous ? Vous me faites autant souffrir pour vous distraire ?! »

Elle tremblait toujours, autant de froid que d'indignation, et elle sentait de l'eau tiède sur ses joues, sans pouvoir dire s'il s'agissait des larmes de tout à l'heure qui n'avaient pas tout à fait refroidit ou de nouvelles coulées.

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Message envoyé le : Sam 6 Aoû - 14:24

Edward Nashton
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- Non ?

Il haussa un simple sourcil devant  ce refus mais un sourire vient vite naitre sur ses lèvres lorsque la jeune femme affirma qu’il lui suffisait d’assembler les éléments. Il vient rajuster ses lunettes, l’oreille attentive. Elle n’était pas complètement stupide et il pourrait peut-être faire quelque chose d’elle. Edward Nygma s’était fixé un but, un but qui ne verrait sans doute jamais de fin. Il s’était donné comme devoir d’accroître l’intellect des citoyens de Gotham City, ainsi un jour, son génie pourrait s’étendre jusqu’au monde et dans un monde remplit d’être intelligent, il ne serait plus seul au monde, il serait reconnu et apprécié.

Il ne restait plus que trois minutes lorsqu’elle parvient, grâce à son indice donné un peu plus tôt, à donner la première syllabe. Quatre plus six, dix. Edward devina alors que si elle avait bien compris la mécanique de cette première énigme, la dernière syllabe devait être déjà comprise. Il resta cependant silencieux, sans affirmer ni quoi que ce soit d’autre, comme si son silence suffisait. Bientôt, il ne resta plus qu’une minute, que soixante secondes et lorsqu’elle releva un regard colérique vers lui, il arrêta le compte à rebours. Il savait qu’elle avait trouvé avant même qu’elle ne prononce le mot : « distraction ». Edward, bien incapable de se lever, se contenta d’un rire franc et bruyant et un bruit métallique permit à la jeune femme de comprendre qu’il était en train de retirer les attaches. Il semblait vouloir choisir ses mots, presque hésitant alors que le jeu se terminait. Il semblait hésiter, sachant très bien que qu’importe sa réponse, rien ne conviendrait à la jeune femme. Alors, l’homme-mystère, comme à sa grande habitude, fit preuve d’arrogance et de mépris pour se prouver à lui-même ainsi qu’à sa victime, qu’il savait mieux que tout le monde.

- Ce n'est pas moi qu'il fallait distraire, mais vous avez accompli votre rôle à la perfection. Ne faites pas cette tête, Grace ! Que voulez-vous ? Je suis un génie. Il me faut un public, c’est... le défaut des êtres supérieurs. Je suis en tout cas satisfait de mon travail sur vous. Bien sûr, vous avez encore beaucoup à apprendre sur vos capacités, sur vos limites, sur l’endroit où vous travaillez. Mes énigmes étaient faciles, largement à votre niveau, et puis, cette salle n’était qu’un aperçu de toute… la violence et la facilité de votre asile pour tenter de résoudre l’énigme qu’est le cerveau humain. La prochaine fois, je vous offrirai un jeu plus... corsé dirons-nous. Enfin, s'il y a une prochaine fois. Je pense que la sécurité va arriver comme une bombe, d’une seconde à l’autre.

Toujours au sol, il ne défit que la moitié des attaches, lui permettant tout de même de quitter le cercueil glacé qu’était devenue la bassine sans difficulté. Une minute plus tard tandis que Grace avait toutes les possibilités de se venger ou d’exprimer sa colère, un énorme bruit se fit entendre et quand Nygma tourna la tête vers la porte, il eut la surprise la voir sur le sol. Tout se passa alors très vite. Il ne put que lever un bras en l’air pour se protéger, par automatisme, tandis qu’une poignée dure et implacable vient se saisir de ses cheveux pour cogner son visage contre la céramique, faisant fi de sa main. Il eut un juron étouffé et quand la blonde put apercevoir son visage, elle vit alors son nez ensanglanté, inondant sa mâchoire et sa bouche de sang. Le criminel plaqua sa main sur sa face, gémissant  de douleur tandis qu’on le forçait à se lever. Edward, incapable de se tenir sur ses pieds, gesticulait comme un pendu. Son regard se perdit dans le couloir tandis qu’on s’assurait que Grace allait bien. Il eut un sourire soudain quand une ombre passa et on prit cela pour une nouvelle preuve de sa folie alors qu’en réalité le Sphinx savait désormais que tout son plan s’était déroulé à la perfection. Son regard rencontra les prunelles inquiètes de la femme qu’il avait séquestrée et il lui offrit un salut militaire, du bout de sa main valide.

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