Un petit vote toutes les deux heures !

Voices [Kathérina Barrow~] - TERMINE


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Message envoyé le : Jeu 30 Juin - 13:21

Grace Waterhouse
No one's beyond help
Grace était encore au téléphone quand elle quitta les vestiaires après avoir enfilé sa blouse pour aller travailler au calme dans son bureau. L'habit ne fait pas le moine, mais mettre l'uniforme informel généralement revêtu dans la profession la rendait plus efficace, et après tout, pourquoi ne pas utiliser les ressorts psychologiques disponibles pour booster ses propre performances ? Se jeter une cape blanche sur le dos était bien le plus innocent des dopages. Elle était bien placée pour le savoir, elle avait touché à certaines substances que ses camarades de médecine affectionnaient lors des périodes d'examens, mais elle s'était juré d'obtenir tous ses résultats "à la main", comme ils disaient en se moquant d'elle lorsqu'elle avait refusé de continuer. Elle avait compensé la légère chute dans ses notes en réorganisant son travail et finalement, sa solution s'était révélée être la meilleure alors que ses camarades se perdaient en nuits blanches et en intraveineuses de caféine alors qu'elle ne buvait qu'un thé le matin et à quatre heures.

Justement, sa mère s'inquiétait visiblement toujours de sa scolarité, et des pressions qu'elle était susceptible de subir dans une ville comme Gotham. Grace comprenait très bien ses craintes, mais elle était agacée contre elle-même de n'avoir pas eu le temps d'aller chercher une carte d'appels internationaux pour pouvoir elle-même donner des nouvelles.

"Maman, tu vas payer super cher, attends que je mette la main sur ma carte..."

Evidemment, elle savait avant même de prononcer la phrase que résonner sa mère était peine perdue. Elle avait eu droit à un bonjour et quelques secondes pour prendre des nouvelles de chaque membre de la famille (son frère avait décroché une grosse tournée, mais c'était sur l'autre côte d'Amérique... Tant pis) et à présent, Mrs. Waterhouse passait à l'attaque.

"Si, si, tout va très bien... Oui elle est gentille, et très professionnelle... Une seule, pour l'instant..."

Elle ne lâcherait que quand elle aurait pu noter son emploi du temps sur la porte du frigo. Personne n'y coupait, ni son frère aîné, qui pourtant avait un agenda chaotique, ni sa soeur cadette, qui devait prévenir une semaine en avance de chacune de ses nombreuses sorties avec ses amies, ni bien sûr le petit dernier, accepté dans une école pour surdoués. Grace sourit en pensant à sa fratrie. Ils n'étaient pas forcément comme les cinq doigts de la main, mais ils s'appréciaient suffisamment pour que les rencontres en famille rassemblent tout le monde dans un climat chaleureux et détendu.
Mais sa mère attaquait sur un autre front. Grace alla se caler dans un coin du hall en attendant de finir son appel.

"Maman ! Non... Et quand bien même je serais intéressée par quelqu'un, je te l'ai dit... Je ne veux plus de relation. Pas avant un moment. Pas après..."

Un silence, des deux côtés de l'appareil.

"Non, ne t'excuse pas, ça va tu sais, on a travaillé dessus avec Will. J'ai accepté ce qui s'est passé. Mh ? Oui, il va bien, il m'envoie des mails... Visiblement ils font quelques remaniements à l'hôpital de Sydney, il pourrait décrocher un poste à responsabilité dans le département."


Elle était heureuse que son psy soit quasiment devenu un membre de la famille. Bien sûr, il fallait conserver une distance lors des rendez-vous, mais ça n'empêchait pas d'apprécier la personne. Ou l'accueil à base de tarte aux pommes que vous préparait sa mère... Grace était à peu près sûre que c'était ça qui avait fini de toucher le thérapeute. Mais après tout, il l'avait aidée à surmonter tellement d'horreurs, et à réussir ses études... Ils lui devaient bien ça.

"Oui, va t'occuper du four ! Ne fais pas brûler la maison ! Moi aussi je t'aime, Maman, à bientôt."


Elle raccrocha, un sourire tendre flottant toujours aux lèvres. Parler à ses parents la mettait toujours de bonne humeur. Ils avaient offert un soutien sans faille à leur fille, et elle leur en était profondément reconnaissante. Ils constituaient un noyau dur, sur lequel elle pouvait toujours compter et qui lui permettait d'aller explorer le vaste monde en sachant qu'elle pourrait toujours revenir se blottir dans ce cocon si jamais elle avait besoin de repos ou de soins.

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Message envoyé le : Ven 1 Juil - 10:03

Kathérina Barrow
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Grace & Kathérina

Arkham n'était pas un endroit des plus amusant, il fallait bien l'avouer. Bonnie était plutot du genre à se lever aux aurores pour admirer le levé du soleil et.. oh. Sa cellule donnait sur un ciel grisonnant, et tout à l'intérieur de cette dernière était délabré et.. moribond. Le sol, le plafond et les murs étaient semblables et sans aucun esthétisme. Bonnie avait soupiré en se levant donc de son banal et inconfortable lit et resta un moment observer l'étroite pièce. Finalement, le côté sale ne lui déplaisait pas. Elle avait connu tant d'amants lors du massacre qu'elle avait fait... Certains étaient ordonnés et avaient de belles maisons ou bien suffisamment d'argent pour payer une luxueuse chambre d’hôtel. Mais principalement, ses aventures se passaient dans des motels miteux et franchement.. peu recommandables. Alors elle savait pertinemment qu'elle s’accommoderait à.. ici. Néanmoins il lui fallait bien une distraction alors elle décida de s'aventurer hors de sa cellule que son dernier "visiteur" (il s'agissait d'un tout nouvel employé, de ce qu'on bizute encore, hélas) avait oublié de refermer convenablement.

Elle prit la décision de parcourir le Rez-de-Chaussé. Elle n'avait pas souvenir d'être passée par là à son arrivée avec Kathérina, Lyz Alicia et Andy. Elle avait simplement attérit là dans sa « chambre » avec eux et ensemble, ils partageaient tout. Le même lit pour « cinq personnes », les mêmes mètres carrés. Cela justifiait donc pourquoi, soudainement, les couloirs de l'asile lui semblaient immenses et d'une profondeur inatteignable. Elle avait beau marcher, parcourir les allées, croiser toute ces personnes, elle n'arrivait jamais à y trouver un fond, un mur qui bouclerait ce labyrinthe infernal. En tout cas, elle réussit assez facilement à se perdre et fut quelque peu stupéfaite de se retrouver nez à nez avec une statue au visage désolé et un peu trop.. sainte, sous ses yeux.
Bonnie n'était pas religieuse, elle ne croyait en aucun Dieu, mais elle concevait la Religion. Pour elle, la mort n'était pas cruelle. Elle faisait partie d'une étape et était le préambule dans grand voyage dans l'Univers. La mort était délivrance après une vie de labeur, de haut et de bas. Alors, pendant les semaines chaotiques qu'elle avait vécu en tant que meurtrière, elle l'offrait toujours joliment et bizarrement, les gens cédaient sous ses mains faibles et sous ses violents coups. Pourtant, elle n'avait rien, mais alors rien du tout d'une meurtrière avec son visage d'ange et son corps d'enfant. Personne n'aurait pu se douter, personne n'aurait pu la deviner en voyant sa photo dans les journaux qu'elle n'était pas la victime, mais le Serial Killer.
Quoi qu'il en soit, elle avait l'habitude de se perdre et de se débrouiller ainsi, autant dans les quartiers américains que dans Arkham.

"Si, si, tout va très bien... Oui elle est gentille, et très professionnelle... Une seule, pour l'instant..."
La voix l'interpella, d'où pouvait-elle bien provenir ? Bonnie tourna la tête vers la femme qui pendait au téléphone et qui, sans s'en rendre compte, parlait tout de même suffisamment fort pour que tout le monde puisse alors participer à la conversation sans être perdu dans l'histoire.

"Maman ! Non... Et quand bien même je serais intéressée par quelqu'un, je te l'ai dit... Je ne veux plus de relation. Pas avant un moment. Pas après..."
Bonnie étouffa un rire. L'amour, encore lui. Si cette fille se refusait à cette bénédiction, à quoi pouvait-elle bien aspirer ? L'amour c'était tout, l'amour et le sexe étaient le carburant de Bonnie. C'était un cœur d’artichaut, elle tombait toujours folle amoureuse de ses victimes avant de les descendre. C'était un pourtant d'aimer dans son rituel. Elle assouvissait ses pulsions de nymphomane, elle offrait la mort puis, pour faire honneur au corps glacial et dépourvu de vie.. elle recommençait, puis finissait pas en dévorer quelques morceaux crus. Il fallait bien qu'ils servent non ? Parfois elle restait allongée des heures dans leurs bras rigides et froids ; les cadavres étaient des amants éphémères, certes, mais c'était elle seule qui décidait quand elle pouvait mettre fin à la relation.

"Non, ne t'excuse pas, ça va tu sais, on a travaillé dessus avec Will. J'ai accepté ce qui s'est passé. Mh ? Oui, il va bien, il m'envoie des mails... Visiblement ils font quelques remaniements à l'hôpital de Sydney, il pourrait décrocher un poste à responsabilité dans le département."
Bonnie s'adossa au mur le plus proche et tourna son visage amusé de la conversation vers la femme. Visiblement, enfin à en juger par la voix au bout du fil qui demandait « pardon », sa supposée relation avec son ancien partenaire c'était plutot.. mal achevée. Le tragique, le drame, elle l'aimait et le provoquait. Quand on y pensait, du point de vue moral de la société actuelle, toutes les relations de Bonnie c'étaient très mal terminées. Pourtant, à ses yeux, leurs fins avaient été belles, spectaculaires même, et elle était assez curieuse d'écouter l'histoire de quelqu'un d'autre. Ce quelqu'un d'autre venait tout juste de terminer sa conversation téléphonique, Bonnie esquissa un léger sourire en la regardant raccrocher son portable.

« " J'ai accepté ce qu'il s'est passé ", c'est une bien jolie phrase, des mots cohérents mais pas pour autant honnêtes. Si vous aviez accepté les faits, vous auriez suffisamment tourné la page pour accepter une nouvelle relation d'ordre sentimental et vous n'auriez aucun soucis avec ça. " Elle baissa leva les yeux vers elle en la détaillant un peu plus et remarqua sa blouse, propre aux psychiatres. «  Enfin, je présume que vous le savez déjà et que vous avez simplement énoncé cela à la personne au bout du fil » ajouta-t-elle en désignant du regard le nom et le prénom ainsi que la profession de « Grace Waterwood » inscrit sur le badge de son habit. Bonnie étouffa un rire «  "Au bout du fil", c'est étrange comme expression non ? On pourrait presque penser à un suicide, quelqu'un qui se pend est en quelque sorte.. au bout du fil, lui aussi. Comme "au bord du gouffre". Pourquoi au bord pour désigner quelqu'un qui ne supporte pas sa vie ? Si on ne supporte vraiment pas sa vie, autant aller dedans, et tenter d'en ressortir quand on est prit par le courage. Parce que c'est facile de s'écarter du gouffre, alors que dans la vie, c'est pas simple de s'en sortir. » Elle pencha la tête sur le côté et regarda le « fil » du téléphone, décrochant ses yeux de sa nouvelle interlocutrice. « Je m'appelle Bonnie et je suis nymphomane, nécrophile et cannibale. Je suis dans le gouffre il faut croire, c'est ici, et je suis pas au bord. J'ai pas tellement envie d'en sortir je pense. Les gouffres sont soit trop froid ou trop chauds. Dans les deux cas, j'y suis bien pour le moment. Enfin, du moins si mon « mal » est la nymphomanie, ça me dérange pas du tout d'être bloquée sur ça. ».  
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Message envoyé le : Ven 1 Juil - 16:54

Grace Waterhouse
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Grace eut à peine le temps de raccrocher qu'une jeune femme qu'elle avait vue du coin de l'oeil s'approcher et s'accouder au mur proche d'elle lui adressait la parole.
Les yeux de la jeune psychiatre s'écarquillèrent en entendant les paroles de sa toute nouvelle trouvaille. Si elle cherchait une psychopathe, elle était bien tombée. Mais elle ne cherchait qu'une carte d'appels internationaux et quelques dossiers de patients qui pouvaient être intéressants dans le cadre de son post-doc.
Elle se reprit.
Tous les patients étaient intéressants dans le cadre de son post-doc.
Surtout un qui débarquait à ses côtés pour lui énoncer la liste de ses troubles diagnostiqués comme s'ils étaient irréels à ses yeux, après avoir tenté de retourner la situation en analysant les paroles du docteur. Grace n'essaya pas de se justifier. Elle savait que son choix paraissait fou, et qu'il était en partie basée sur un trauma, il n'en restait pas moins logique et rationnel. Et elle se laissait toute liberté pour changer d'avis un jour. Etait-ce à ce point étrange pour une femme de ne pas souhaiter être impliquée dans une relation amoureuse ? Ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait la remarque, mais elle ne se laisserait pas convaincre par si peu.

Pendant ce temps, la patiente parlait de suicide et de gouffres. C'était sans doute les images qui lui parlaient le plus, et elle semblait ne pas parvenir à s'en détacher, comme une boîte de musique qui ne fait que tourner sur elle-même, un orgue de Barbarie aux sonorités qui se succédaient avec la logique des notes sur la partition, mais l'absurdité d'un manège qui tourne sans cesse, dépourvu de passagers.

Tant mieux. Si elle avait besoin de parler, autant qu'elle le fasse. Et qu'elle s'adresse à une aide soignante, au lieu d'aller traumatiser un de ses petits camarades, comme Maria Fernandez, qui n'avait sûrement pas besoin d'entendre ce genre de chose susurré à leur oreille.

La jeune femme détacha le regard de Grace au moment de se présenter. Intéressant. Etait-elle finalement moins sûre de son identité qu'elle n'y paraissait ?
La psychiatre lui tendit la main.

"Enchantée."

Elle ne lui donna pas son nom en échange, ne souhaitant pas lui laisser de prise sur sa propre personnalité. Surtout si elle devait plus tard s'occuper de son cas. Ce ne serait pas évident, d'autant que les malades qui assumaient leur pathologie et en avaient fait partie intégrante de leur être étaient difficiles à persuader d'abandonner cette idée, et elle pria pour que si jamais le dossier tombait sur elle, elle soit en mesure d'améliorer la condition de cette patiente.

"Vous vous plaisez à Arkham ?"


Elle n'avait rien à répondre à la diatribe de la jeune femme en faveur de ses travers, du moins pas tant qu'elle n'était pas face à elle en tant que thérapeute. Mais elle doutait que l'autre apprécie vraiment de présenter des comportements qui lui faisaient sans doute autant de mal à elle qu'à ses victimes, directement ou indirectement via son internement en asile psychiatrique, ni qu'elle ne soit pas touchée négativement par la raison profonde pour laquelle elle s'était mise à agir ainsi.
Ces pensées amenèrent sur le visage de Grace un air un peu plus sévère qu'à l'ordinaire.

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Message envoyé le : Sam 2 Juil - 10:52

Kathérina Barrow
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Bonnie avait un avis bien simple sur l'amour ; l'amour était un essentiel dans l'épanouissement, que ce soit de l'amour dans une relation de couple, dans un lien de parenté ou en amitié. L'amour était la fidélité, le partage. Alors, elle se fichait pas mal des différences d'âges, du genre de la personne, de ses qualités. Les qualités étaient trop superficielles pour elle ; la perfection n'était que factice, et les personnes dénuées d'imperfections étaient tout bonnement laids et vides à ses yeux. Le « Parfait » équivaut au figé, tandis que la dynamise est la vie, l'irrégularité, l'imprécision. L'amour devait être pareil à cette logique ; imprévisible, inconstant, bancal et intéressant par ses défauts qui rendent si humain. Peu importe sa durée, Bonnie pouvait concevoir que ce sentiment si vif dure autant bien des années entières, voir même toute une vie, une simple journée, ou encore le temps d'une nuit.
La nymphette était un cœur d'artichaut. Elle pouvait voir une personne, comme ça dans une rue, un bar ou.. n'importe où et, tomber amoureuse, vraiment très amoureuse. Bonnie était de celles qui vous attrapent dans ses filets et vous obsède, sa façon de s'exprimer si crue et délicate à la fois était tellement contrastée que ça la rendait imprévisible, et ses conquêtes étaient très attirées par cela. D'ailleurs, ces dernières étaient généralement très variées. Durant sa tuerie, elle avait fréquenté, couché avec, mangé des hommes, des femmes, des fétichistes, des vierges, des personnes mariées, des transsexuels et transgenres, des malades et des gens avec une attirance sexuelle malsaine. Son tableau de chasse était grand et varié, chacun de « ses » hommes, chacune de « ses » femmes et autres genres avaient participé à cette élaboration et si elle avait voulu pousser le vice plus loin, elle aurait très bien pu voler leurs cartes d'identité pour garder une trace d'eux et montrer à quel point son œuvre était belle.
Bonnie ne tuait pas. Elle offrait la mort à ces gens. Elle leur offrait une nuit agréable, elle obéissait à leurs ordres et quand le moment était bon et que son amant était à son maximum, elle le tuait. Brutalement, sans pour autant le faire souffrir. Ils étaient alors fauché dans un instant d'extase intense, quoi de plus beau comme mort, franchement ? Après cela, bien entendu elle restait avec eux et savourait leur visage figé par la mort, caressait leur peau fraichement privée de vie, et continuait sa nuit avec eux, jusqu'au petit matin où elle avait le loisir d'aider Lyzbeth à les dévorer. A vrai dire, « tuer » était aussi une solution de facilité pour elle ; elle voyait Alicia, la parfaite et vide Alicia s'aliéner à être une bonne épouse et ménagère, elle voyait Kathérina se faire détruire par son intrigant mari fou d'amour pour elle et elle avait vu Lyzbeth souffrir des maltraitances des hommes. La nymphomane avait prit la décision de ne pas avoir d'idylle de plus de vingt-quatre heures, c'était interdit. Au delà, elle aurait peut-être le malheur de s'attacher de trop et d'être déçue de quelque façon que ce soit. Bonnie décidait quand interrompre la relation. Toujours.

« Enchantée » daigna dire la psychiatre qui se tenait face à elle. Alicia soupira en la regardant « quelle impolitesse ! N'allez pas me dire qu'il s'agit là d'une présentation ! » évidemment.. pas de nom, pas de prénom, ce n'était pas vraiment une présentation plutôt une formule de politesse. Bonnie se mit à rire, impulsivement en voyant la mine boudeuse d'Alicia « t'es bête, son nom est marqué sur sa blouse, utilise un peu ta tête » Bonnie leva les yeux à nouveau vers Grace « Vous êtes docteur madame ? Il doit y avoir des tas de choses intéressantes à faire ici, mais c'est un peu lugubre non ? Enfin vu comment la personne au téléphone avait l'air de s'inquiéter pour vous, c'est que ça ne doit pas être drôle tous les jours je suppose. Et alors vous êtes un psy.. qui a un psy... Un psy qui a un psy.. votre psychiatre a aussi un psychiatre ? Est-ce que c'est quelque chose de circulaire, un rituel entre personnel d'asile pour ne pas devenir dingue ? C'est comme si moi.... c'est comme si je devenais une victime comme.. la victime de quelqu'un. Enfin c'est plutôt drôle quand on y pense. » En vérité ce n'était pas « drôle », plutôt affligeant étant donné qu'elle était réellement dans cette situation. Bonnie était une meurtrière passionnée et son corps appartenait à une fille, Kathérina qui était la victime d'un bourreau passionné. La violence par la violence, elle ne connaissait que ça, et Bonnie survivait avec la douleur qu'elle avait apprivoisé et qu'elle aimait.

« Vous vous plaisez à Arkham ? » lui demanda-t'elle en contournant les répliques théâtrales que Bonnie lui avait lancé. Se plaire dans un tel endroit, qui pouvait bien dire « oui ça va, les chambres sont pas mal, le personnel est cool par contre la bouffe.. changez de menu les gars ! » Non non non, on ne pouvait pas répondre impulsivement et spontanément, Bonnie venait juste d'arriver ! « J'aime les murs sombres et moroses, l'atmosphère est pesante et le lieu en soit est beau. Le plafond est haut et ça donne une sensation de liberté qui est vite interrompue par le plafond qui arrive un jour ou l'autre. C'est comme les couloirs, ils ne finissent jamais, j'ai l'impression que je pourrais marcher des heures dans l'un d'entre eux et que jamais je ne m'arrêterais. Il y a des belles personnes aussi, les patients se tordent de douleur et font des moues, des grimaces qui laissent entrevoir leur être profond. C'est imparfait, sale, délabré, mais ça regorge d'histoire. J'aime bien Arkham, mais je ne peux pas dire que mes « complices » l'aiment aussi. Et vous, vous ! Vous vous plaisez à Arkham ? Pourquoi êtes vous venue travailler ici Madame Waterhouse ? Vous vouliez fuir quelque chose de votre banal quotidien ? Quelqu'un ? » La jeune femme commençait à peiner de rester debout, elle s'assit donc contre le mur à même le sol ce qui avait la particularité d'être extrêmement désagréable mais qui soulagait ses pauvres brindilles de jambes. «  Ca doit être drôle de voir cette multitude de personnes faibles et dangereuse à la fois, de s'occuper d'eux, de les entendre parler de leurs vices avec intérêt ou désintérêt. Moi je n'aime pas trop les psychopathe, c'est pas vraiment leur faute si ils sont comme ça, c'est depuis petit je crois et.. y'a aucune passion dans leurs crimes. C'est assez inutile quand on y pense. J'en ai rencontré un une fois, il n'était pas très amusant. En revanche il était intelligent, et tout le monde ici l'est, c'est ça qui est beau. » Une sévère toux lui déchira la gorge et lui infligèrent une grosse douleur, elle reposa à peine quelque secondes ses cordes vocales et reprit ; « On veut nous formater et nous conditionner à penser comme vous je crois, à penser « normalement ». Ca m'a l'air d'un ennui des plus total. »

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Message envoyé le : Sam 2 Juil - 11:38

Grace Waterhouse
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La jeune femme se laissa glisser au sol, à la surprise de Grace, qui était un peu gênée de se retrouver à parler avec une patiente affalée au sol.
Elle avait fait une excellente description d'Arkham, de son ambiance ambivalente, anciennement un magnifique bâtiment à la pointe de la technologie et un pôle de recherches et de soins admirable, époque glorieuse dont on devinait encore les vestiges en parcourant les pièces de la vieille bâtisse. Grace avait jeté un oeil aux plans d'origine, et le manoir était réellement majestueux. Les ailes et les anciens chandeliers prenaient un air différent quand on savait à quoi ils étaient destinés. Elle leva les yeux vers le plafond du hall, la fresque qui l'avait recouvert un jour depuis longtemps enterrée sous une couche de crasse qui avait causé des dommages impossibles à réparer à l'huile colorée dont on pouvait encore par endroit distinguer certaines nuances. Les reproductions au crayon promettaient une oeuvre magistrale. Quel dommage. Comme quoi, le temps dévorait tout, tôt ou tard. Pour Arkham, on pouvait plutôt parler d'une évolution rapide. Comme Gotham, l'asile semblait corrompu, se décomposait plus vite qu'il n'était reconstruit et se transformerait bientôt en marécage putride, un marasme où serait englouti le secret de leur existence.
Grace frissonna. Ce genre de sombres pensées ne lui ressemblait pas. Elle ne les avait pas eues depuis un moment. Il lui fallait résister à l'appel des boiseries vermoulues. Peu importait le cadre, tant que ses actes restaient fidèles à elle-même.

Elle se retint de réagir quand la femme mentionna ses complices. Elle n'était pas sa thérapeute. Elle ne devait pas chercher à comprendre. Du moins pas plus que ce que cette femme faisait toute seule aussi loin des lieux réservés aux patients.
Elle détourna les yeux à la phrase suivante. Elle ne cherchait pas à proprement parler à fuir... Mais c'était proche de ce qu'elle ressentait. Elle avait fui Alexei, aussi vite qu'elle avait pu, sans rien lâcher de ses travaux et des efforts qu'elle avait fournis. Ca la rendait à la fois fière et mal à l'aise.

"En effet, je ne pense pas que nos patients veuillent être dangereux ou malfaisants ou "fous". Nous comptons sur l'intelligence de chacun pour comprendre qu'il est plus intéressant pour tout le monde de ne pas avoir ce genre de comportement. C'est plus dur pour certaines personnes que pour d'autres, évidemment. Mais je pense que tout le monde peut y parvenir."


Elle accueilli la critique suivante avec le calme de l'habitude.

"Vous avez tout à fait raison quand vous dites que le formatage serait inintéressant. Ce n'est pas ce que nous essayons de faire ici. Nous sommes des médecins, nous soignons la souffrance de nos patients. Et je ne pense pas que vous soyez totalement satisfaite de la vie que vous menez ici, l'êtes-vous, Bonnie ?"

Elle fixa la jeune femme assise par terre contre le mur dont le plâtre laissait des traînées blanches sur les vêtements qui frottaient contre. Son regard était ouvert et attentif. Il était clair qu'elle croyait en ce qu'elle proférait, profondément.

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Message envoyé le : Dim 3 Juil - 18:23

Kathérina Barrow
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"En effet, je ne pense pas que nos patients veuillent être dangereux ou malfaisants ou "fous". Nous comptons sur l'intelligence de chacun pour comprendre qu'il est plus intéressant pour tout le monde de ne pas avoir ce genre de comportement. C'est plus dur pour certaines personnes que pour d'autres, évidemment. Mais je pense que tout le monde peut y parvenir."

Ne pas avoir ce "genre" de comportement ? Bonnie tiqua, son discours était incohérent. L'intelligence des individus présents au sein de l'asile en tant que patients les poussaient justement à ces comportements. La folie n'était surement pas uniquement raisonnée autour des pulsions, non, c'était plus complexe. Par exemple, l'enfance n'avait pas forcément à voir avec cela comme le prétendaient beaucoup de psychologues ou de psychiatres. Certains aspects d'un dérèglement mental pouvaient se manifester comme cela, un peu plus tard dans une vie. Alors, dire qu'il fallait que les patients se servent de leur intelligence pour se détourner de la personne qu'ils sont devenus, c'était justement impertinent à ses yeux. Pour elle, la vie nous faisait évoluer, elle nous poussait à changer constamment. Bonnie ne c'était jamais aussi sentie vivante qu'avant sa maladie, et c'était bien pour une unique raison ; Bonnie était le fruit d'une maladie et sans elle, elle ne vivait pas.
Ce qui était étrange était aussi le fait qu'elle ne soit pas vraiment réelle mais qu'elle ait contracté plusieurs maladies, en opposition avec celles des autres Personnalités qui vivaient dans ce petit corps qu'elle squattait sans vergogne. "Pensez vous vraiment qu'on peut parvenir à occulter et à bannir la personne que nous sommes devenus ? Personnellement j'aime ce que je suis. J'aime ces aspects de moi, et je sais que la société n'a pas de place à m'accorder, et dans ce sens logique, je n'ai pas non plus de place pour elle et son raisonnement puritain qui veut oublier d'où nous, humains, venons ; du monde fantastique de l'Animal. Nous sommes des animaux, avec nos pulsions, nos envies de liberté, nous avons envie de nous regrouper, de régner. Je suis nymphomane et j'aime donner et recevoir. Je suis nécrophile car j'aime la douceur d'un amant mort, figé par la vie qui s'en est allée de son enveloppe charnelle. Il ne peut plus partir, il reste entre mes bras et j'en fais ce que je veux. J'aime leur goût, le cannibalisme, la chair humaine tendre, leur peau si imparfaite. J'aime les observer, j'aime coucher avec, j'aime les manger. Pour rien au monde je ne voudrais changer quoi que ce soit. Sérieusement vous.." elle laissa échapper un petit rire tout en se mettant bien en tailleur en levant son regard vert vers la thérapeute ".. vous pensez que mes amants étaient des "victimes" ? "Mes" victimes ? Ils en étaient bien loin. Tous, femmes comme hommes. Si les personnes à qui j'ai offert la mort avaient vraiment voulu vivre, ils se seraient débattus et je serais morte. Regardez moi. "

Il était bien vrai que le fait de voir une fille comme elle derrière les barreaux était surprenant. Lors des premiers meurtres, la police avait déclaré qu'il s'agissait certainement d'une personne agile, forte et décidée qui avait fait cela vu la violence qui transpirait des scènes de crimes. Puis ils avaient découvert "qui" en était l'auteur et cela les avait horrifié. Une bourgeoise, qui plus est la jeune épouse du Duc Andrew Barrow, agile certes dans les arts, dans ses représentations en tant que musicienne ou danseuse mais seulement... Ce n'était pas logique, elle ne correspondait pas du tout à une criminelle. Elle était terriblement faiblarde, d'une maigreur alarmante et n'avait pas vu le dehors depuis au moins une année alors.. alors ils en étaient venu à la conclusion que ce n'était pas de simples crimes sadiques ou passionnel, mais qu'il y avait une faim de vie... littérale.
Bonnie n'avait aucune idée de ce à quoi elle ressemblait. Elle ne connaissait pas son visage, sa couleur de peau ni même celle de ses cheveux. Elle avait beau se sentir vivante, elle était comme immatérielle. Néanmoins, elle se savait faible, elle le ressentait. Par contre, elle s'était vite indignée lorsqu'un inspecteur de police lui avait dit qu'elle était Kathérina Barrow. Elle ne voulait surtout pas être elle, et même si elle l'aimait comme une soeur, elle ne supportait pas l'idée d'être comme elle, dépendante d'une personne à ce point, être cette fille qui tenait à peine sur ses jambes. Pourtant, elles étaient bien une et même personne.
"On ne guérit pas de la folie, on ne guérit pas de ce que nous devenons lorsque la situation nous conviens. Je ne pourrais jamais cesser d'être ce que je suis, je ne pourrais cesser de hanter ce corps qui ne m'est pas propre et qui n'est pas à moi. Mais je fais avec, je partage mes vices. Mes actes n'ont causé de tord à personne ; mes hommes morts voulaient mourir ou méritaient de mourir. Mes femmes mortes voulaient une nouvelle expérience, je leur en ai offerte deux, qui plus est, très belles. Le décès est tragique pour vous autres, mais c'est extrêmement égoïste que d'être triste face à cela. L'Homme est libre, il se libère de son fardeau de corps et, lorsqu'il meurt entre des doigts comme les miens qui, brutalement, retirent la vie, son passage n'en n'est que plus doux. On devrait fêter la mort de nos défunts, c'est certainement une sacrée belle expérience que de mourir.". Son raisonnement avait beau être avant-gardiste, il n'en était pas moins étrange. Personne ou très peu de personnes ne considéraient la mort comme une bonne amie, alors que Bonnie dansait et flirtait sans cesse avec elle tout en risquant sa vie à son tour. On ne savait jamais, un de ses amants aurait très bien pu agir et retourner la situation contre elle. Sur ce point, elle avait eu de la chance ; soit ils avaient vraiment très envie de charmer la faucheuse, soit ils songeait à un jeu de domination et n'imaginaient jamais la... Finalité (et la fatalité, cela allait avec.) Alors, si les gens de cet endroit comptaient lui retirer ses valeurs, sa vision de la vie et de l'après-vie, elle se défendrait bec et ongles.


"Vous avez tout à fait raison quand vous dites que le formatage serait inintéressant. Ce n'est pas ce que nous essayons de faire ici. Nous sommes des médecins, nous soignons la souffrance de nos patients. Et je ne pense pas que vous soyez totalement satisfaite de la vie que vous menez ici, l'êtes-vous, Bonnie ?"
Bonnie réfléchit un instant. La douleur ? Avait-elle mal ? Elle savait que la seule douleur qu'elle pouvait éprouver était la frustration de ne pas pouvoir vivre sa vie comme elle l'entendait, celon ses lois. Elle souffrait d'être seule dans un lit ou sous des draps, elle souffrait d'être enfermée, elle avait mal de ne pas vivre et de se sentir.. disparaître.
"Je ne souffre pas. Si la nymphomanie, mon désir pour les morts et ma faim d'eux ne font plus parti de moi.. qui est-ce que je suis ? Sans ça, je sais que je souffrirais énormément. Je ne peux pas occulter ça, je ne veux pas. C'est ça qui me ferait du mal, ça me ferait me défaire de moi ! C'est.. si je ne suis pas.. comme ça, alors ça ne vaut pas la peine d'être moi, autant me faire lobotomiser d'office. J'aime ce que je suis, je ne souffre pas de cela, mes.. "victimes" l'ont réclamé, elles ont aussi aimé ça. Il n'y à rien à soigner chez moi, je n'ai pas mal, nul part, pas au coeur, pas à la tête. C'est Alicia qu'il faut soigner de sa maniaquerie, ou Kath qu'il faut arracher à Andrew. Mais moi ça va, je vis bien ma vie." Elle se contentait de cette vie, elle était née de Kathérina qui était littéralement angoisse et soumission, comme une enfant qui voyait la souffrance de sa mère, elle ne voulait pas lui être semblable.
"Ces carnages que vous pensez à moi sont en réalité fantasme de tous." Elle y croyait dur comme fer, elle avait apprivoisé la violence pour l'aimer, pour ne pas sombrer, et ses meurtres étaient en parti à Andrew, c'était lui qui l'avait forcé à accepter la douleur sans broncher, à vivre avec. Au fil des ans, Kathérina avait supporté cela, elle devait s'y plier, souffrir sous la torture, les viols, les coups. Bonnie l'avait aidé à passer au dessus, elle avait enseigné l'art d'apprécier, l'art de faire cela à d'autres.
Alors, désormais que tout cela était fait, qu'elle avait elle aussi fait du mal, que lui restait-il ? Elle était derrière des centaines de portes blindées, dans un uniforme trop grand et qui la couvrait trop peu, condamnée à .. attendre la "guérison". Ils voulaient la séparer d'elle.

"Je viens d'arriver. Mais je n'aime pas cette idée de nous "soigner" de nous. En soit c'est une aliénation, vous voulez nous faire rentrer dans le moule de vos idées ; Ne pas tuer, ne pas nuire peut importe la raison. Ici il n'y a rien que je puisse aimer, ici ça a beau être superbe et imparfait, quand j'en aurais fait le tour je serais dans une situation d'ennuis total. Je n'ai pas le droit d'avoir mes loisirs, je n'ai pas le droit d'avoir d'amant, d'avoir de l'humain au repas. Je n'ai pas le droit de visiter l'endroit où on dissèque la cervelle des patients, et j'en suis certaine qu'il y a une salle un peu comme ça ou des corps sont entreposés. Alors je vais peut-être forcer un peu le destin en me constituant moi même un jeu ou quelque chose comme ça pour divertir ce corps et mon esprit, sans doute."

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Message envoyé le : Dim 3 Juil - 19:32

Grace Waterhouse
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En écoutant son interlocutrice parler, Grace se rendit compte qu'elle avait sous-estimé de beaucoup la dangerosité de la personne en face d'elle. Elle n'était pas seulement une meurtrière ou une nymphomane, comme, au demeurant, une proportion non négligeable d'Arkham, elle avait aussi de gros, gros soucis de dédoublement de la personnalité, ce qui était sûrement le fond du problème. Elle avait étudié quelques cas et il n'était pas rare qu'il surgisse une personnalité "protectrice", sociopathe, violente, mais qui ne manquait pas pour autant d'intelligence pour justifier ses actes. Elles avaient seulement une vision très particulière basée sur la survie, ce qui expliquait la fascination de Bonnie pour l'acte de reproduction, la mort, et la consommation de corps qui de tous temps avaient été des actes tabous précisément pour cette raison qu'ils touchaient à la frontière entre ce monde et l'inconnu.

Si Grace trouvait le sujet fascinant, et la jeune femme très intéressante dans ses arguments et sa contenance, elle n'en oubliait pas moins que, libérée des contraintes de l'esprit, elle pouvait se révéler particulièrement dangereuse, bouger vite et frapper fort. La jeune psychiatre fit un petit pas en arrière sans même s'en rendre compte lorsqu'elle réalisa cet élément.

"Vous comprenez bien que nous ne pouvons pas vous laisser faire du mal aux autres. Nous ne sommes pas en position de décider que votre satisfaction vaut plus que la vie de quelqu'un, quand bien même la mort serait, comme vous semblez le penser, une chose agréable."

Elle recula encore légèrement et son dos toucha le mur. Elle fouilla le hall du regard et repéra plusieurs agents de sécurité postés un peu partout, mais aucun n'avait l'attention dirigée dans leur direction. Elle inspira un peu plus fort qu'à l'accoutumée. La dernière phrase de l'aliénée ressemblait à une menace. Elle aurait dû se douter qu'à Arkham, elle n'allait pas tarder à en entendre, mais le choc la saisit comme si on venait de lui décocher un coup dans l'estomac. Elle avait conscience d'être pâle et de produire plus de sueur qu'à l'ordinaire. Ca n'allait pas, elle devait rester maîtresse d'elle-même. Sinon, elle risquait de provoquer un dangereux esclandre.

"Mademoiselle Bonnie... Puis-je vous demander ce que vous faites dans le hall ? A cette heure-ci, normalement, les patients sont au repos dans leurs cellules individuelle... Si vous vous y ennuyez, je peux vous apporter un livre, ou autre chose... Ou vous pourrez continuer à me parler de votre vision des soins psychiatriques..."

L'un des gardes avait enfin tourné la tête vers elle et les regardait discuter d'un oeil méfiant. Grace croisa son regard et lui fit signe qu'elle maîtrisait la situation... Pour l'instant.

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Message envoyé le : Dim 3 Juil - 22:46

Kathérina Barrow
L'Amante religieuse
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Grace & Kathérina

Bonnie c'était relevée, insatisfaite de sa précédente position assise où elle pouvait sentir ses os heurter le mur et le sol glacé qui refroidissait ses pieds. Elle avait l'air d'avoir été prise de douleur en se redressant vivement et un vertige l'avait attrapé brutalement. En dépit de la vivacité palpable de ses propos, elle avait la dangereuse impression de sombrer, les muscles trop fatigués et la peau fiévreuse. Bien qu'avec un mal de tête qui prenait de plus en plus d'ampleur en raison de son manque évident de sommeil et, bien entendu, au virus qui faisait d'elle une mourante, elle tentait de bloquer son regard sur la femme à qui elle parlait, se voulant attentive.
"Vous comprenez bien que nous ne pouvons pas vous laisser faire du mal aux autres. Nous ne sommes pas en position de décider que votre satisfaction vaut plus que la vie de quelqu'un, quand bien même la mort serait, comme vous semblez le penser, une chose agréable." Bonnie soupira, n'avait-elle donc rien assimilé, avait-elle écouté ses mots ? Elle se souvenait d'une femme qui avait parlé au procès, elle non plus n'avait pas écouté et tenté de comprendre. Elle était l'épouse d'un de ses hommes qui avait toujours défendu bec et ongle son mari "C'était un homme bien, il m'avait moi, une femme qui l'aimait et qu'il aimait, trois enfants formidables, un bon travail qui nous permettait d'avoir une vie satisfaisante et... il a suffit d'une nuit pour qu'elle gâche nos vies." avait prononcé cette femme au raisonnement affligeant d'illogisme. Bonnie n'avait pas pu contenir son rire sous le ridicule de la situation maritale et familiale de ces gens et trouvait cela totalement grotesque tant elle cultivait le cliché imposé et photocopié de génération en génération. Faire des études pour avoir un travail, avoir un travail pour gagner de l'argent dans le but de financer les études des enfants qu'on a eut après son mariage avec une personne, pour que ses enfants aient un travail pour gagner de l'argent dans le but de financer les études de leurs enfants qu'ils auront aussi eu avec une personnes épousée. Seulement, il arrive que dans les ménages, par un petit moment d'égarement, une tornade chamboule tout.
"Pourquoi m'accabler moi ? Il vous a trompé après tout. Je vous ai certainement, en l'assassinant comme vous dîtes tous, empêché de vous faire d'autres infidélités. Je vous ai épargné l'humiliation, le divorce, la garde partagée, le brisement de votre "vie satisfaisante"." avait rétorqué Bonnie, un brin moqueuse. Bonnie soulignait sans cesse une chose que la psychiatre ne semblait pas comprendre; Bonnie ne forçait personne. Elle aguichait, certes, mais si on lui disait "je suis désolé(e), ça ne va pas être possible" elle n'insistait pas. Alors si un homme ou une femme, qui plus est, marié(e) ne refusait pas, elle en venait à la conclusion qu'il ou elle méritait cette fin qui prenait des allures de châtiment et elle estimait, bien sûr, qu'elle rendait service à leur dévouée famille. Donc, dans la logique, sur le court terme elle faisait certes du mal, mais de façon plus étendue dans le temps... elle rendait service avec la mort en grande justicière.

"Il ne s'agit pas de moi dans cette histoire. Je ne parle pas de ma satisfaction profonde, sinon je pourrais passer des heures et des heures à en parler, à vous détailler chacune de mes histoires d'amour, et donc chacun de mes meurtres. Ce qui m'a principalement interpellé était bien entendu leur plaisir à eux, le risque de la mort qui guettait excite bien plus que ce que nous pouvons penser. Pourquoi pensez vous que les gens s'adonnent au fétichisme, au viol, à la pédophilie et autre forme de pratique sexuelle taboue ? C'est tout simplement parce que c'est interdit. A partir du moment ou une unité représente la majorité pour un avis dit "Non, on ne fait pas ça, ce qui est bon est l'autre chose", soudainement, on prend cette décision qui pousse les gens à défier l'autorité pour ne pas se faire oppresser. C'est pour cela que certains époux se trompent, que les enfants désobéissent, que les intellectuels trop lucides s'expriment en dépit de la censure, que les nymphomanes font honneur au corps de la femme en portant fièrement l’appellation ridicule de "sexuellement dépendante" alors qu'un homme est qualifié de "Don Juan", que les cannibales se rallient à la protection des animaux d'élevage en dévorant les exploiteurs, que les nécrophiles couchent avec leurs amants morts au lieu de se risquer à perdre ceux vivants." Elle reprit son souffle un court instant, commençant à fatiguer; " Ici, en arrivant, on m'a dit qu'il fallait que je fasse abstraction de tout ce qui me pousse vers la débauche sexuelle. Or, je n'ai jamais eu plus envie de partenaire que maintenant car en me disant cela, je me suis rendue compte que tout autour de moi me poussait à la nymphomanie. Qu'il s'agisse d'objets ou bien de personnes. Finalement, nous avons tous une obsession, n'est-ce pas ? Vous avez bien un psychiatre, vous aussi devez avoir un gros soucis et, bien entendu, vous n'en parlerez pas parce que vous me considérez comme folle et donc dangereuse dans la mesure où je porte cet uniforme qui me classe dans une catégorie inférieure à la votre. Or, si je vous avais connu en dehors de cet endroit, vous n'auriez pas eu ce jugement là étant donné que le contexte est assimilé à la personne."

Bien entendu, un psychiatre devait garder son sang froid, ne pas se livrer et encore moins à une personne aussi instable que Kathérina. Comme une lionne qui flaire la peur d'une proie en bonne observatrice, elle avait repéré le mouvement discret de recul que Grace avait adopté et la voyait hésiter, réfléchir trop. Bonnie pencha légèrement la tête sur le côté, intriguée par un comportement qui lui semblait très.. craintif. "Vous avez peur de moi ? Vous ne devriez pas, si vous aviez lu les journaux, vous auriez su que je ne tuais que les personnes desquelles je tombais amoureuse. Aussi, je vous rassure donc, je ne suis ni amoureuse, je n'ai ni faim, ni envie de votre cadavre. Et je me sens trop mal pour faire quoi que ce soit pour le moment, de toute façon." Son ouverture d'esprit démesurée lui faisait parfois défaut, par ailleurs, c'était pour cette raison qu'elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi les individus la regardaient soit avec crainte, soit avec haine ou pire.. avec pitié. Jamais elle ne percevait un semblant de bon dans tout cela, que de la curiosité malsaine, et cela lui faisait atrocement mal au coeur que de savoir que personne ne comprenait, que personne ne cherchait à comprendre. Même Waterhouse avait l'air fermé, même si elle réclamait subtilement davantage d'informations.

"Mademoiselle Bonnie... Puis-je vous demander ce que vous faites dans le hall ? A cette heure-ci, normalement, les patients sont au repos dans leurs cellules individuelle... Si vous vous y ennuyez, je peux vous apporter un livre, ou autre chose... Ou vous pourrez continuer à me parler de votre vision des soins psychiatriques..."
Encore une esquive, elle s'y était préparée, elle s'en doutait à vrai dire. En réalité, elle avait l'impression de parler à un mur, ou plutôt à quelqu'un qui ne rebondissait pas sur ses propos et qui passait devant sans les prendre avec attention.
"C'est votre truc ça, de faire dériver la conversation quand ça devient trop gênant ou délicat pour vous. Je vous mets mal à l'aise Madame ?" ajouta la blonde qui la regardait toujours, comme si elle sondait son âme. Elle ne voulait pas l'embarasser, mais elle aimait parler, et elle avait beau se nourrir d'humain, elle aimait aussi dévorer leurs points de vues, leurs connaissances. "Ne donnez-vous jamais d'avis poussé et détaillé ? J'ai cette désagréable impression que vos paroles sont superficielles comme si vous élaboriez une protection autour de vous, quelque chose qui vous protège.. sans grand intérêt dans la mesure ou je ne suis pas... enfin je ne vous nuirais pas. Néanmoins, même si j'ai l'impression d'un désintérêt des plus total dans votre désagréable manie de fuir mes mots et... le reste je suppose, je n'ai pas l'impression que vous soyez incompétente."
Un rictus couronna son visage subitement lorsqu'elle lui demanda pourquoi elle se trouvait à cet endroit, alors que, comme "tous les autres patients", elle devrait être dans sa cellule.
"Au repos dîtes vous ? On ne se repose pas dans vos cellules. On se fait du mal. Kath se fait souffrir en mangeant ses doigts et en psychotant, Alicia tente désespérément d'arranger la pièce et de bouger le peu de meubles présents pour qu'ils soient dans un alignement parfait, Lyz fait des crises de manque et moi... j'ai très envie de faire des bêtises pour occulter le fait que mon esprit veut me faire du mal. Alors non, personne se repose vraiment, on angoisse, on a un peu peur et ça passe pas. Comme le sommeil, il passe pas les murs, encore moins les portes."
Elle toisa le garde qui avait posé ses yeux sur elle et son sourire s'agrandit. "En fait, j'ai déconcentré un nouvel infirmier je suppose et.. il a bêtement oublié de fermer ma cellule. Les hommes sont tellement faibles, s'en est pathétique d'oublier quelque chose d'aussi évident."
En tout cas, la proposition de Grace ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde, évidemment, et elle ne put s'empêcher quelques réclamations ; "J'aimerais des feuilles et des crayons très pointus. Quand les crayons ne sont pas taillés, on fait de mauvais croquis, beaucoup moins rigoureux et précis. Et puis, si les crayons ne sont pas taillés, Alicia va les jeter parce que Kathérina ne pourra pas écrire des partitions qui sonneront justes. J'aime les livres, mais je les lis trop vite, je les dévore comme des cadavres d'enfants faciles à engloutir. J'aime parler, mais vous vous fichez de ce que j'ai à dire, n'est-ce pas ? En revanche j'aimerais vous entendre parler. Pas forcément de vous, ni de l'hopital, simplement de banalité, ou de choses que vous aimez ou que vous n'aimez pas. En fait, je veux juste vous entendre vivre. Juste ça." avoua-t-elle en souriant.

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Message envoyé le : Lun 4 Juil - 11:43

Grace Waterhouse
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Sa courte remarque lança Bonnie dans une nouvelle diatribe défensive. Le fond de sa pensée était logique, bien que fondamentalement égoïste (envers ses victimes mais aussi envers les autres fragments qui partageaient son corps, puisqu'il était probable que ce soient ses actes à elle qui les aient toutes condamnées à se retrouver là) et, quelque part, pervers. Mais il serait difficile de la convaincre de cela, d'autant que ce qui donnait son individualité à cette personnalité était justement le débordement de violence qu'elle se permettait. Sans cette vision de monde, en effet, comme elle le craignait, elle allait disparaître, même si cette facette de la patiente ne serait jamais tout à fait effacée. Elle reprendrait juste sa place.
La remarque remettant en cause sa sanité d'esprit piqua Grace au vif. Elle rougit, et ne put retenir un léger froncement de sourcils. Bien sûr, Bonnie ne pouvait pas savoir qu'elle souffrait d'une légère pathologie bénigne, mais elle n'aimait pas qu'on fasse allusion à cette simple possibilité dans un endroit où il lui semblait qu'elle pouvait à tout moment se retrouver derrière les barreaux par erreur. Cependant, c'est le sous-entendu concernant son attitude supérieure et la crainte qu'elle exprimait à son égard qui la fit réagir.

« Je vois un psychiatre pour surmonter une série de deuils qui m'ont beaucoup touchée. Ce n'est pas un secret, et si vous voulez le savoir, je n'ai pas à vous le cacher. Je ne vous considère pas comme inférieure, Bonnie, seulement comme une malade à qui je pourrais, je l'espère, apporter un peu de soulagement. Comme une patiente, mais pas moins comme une personne. Même si vous ne voulez pas de mon aide, j'entends bien. J'aimerais savoir ce qu'il en est des autres … heu... personnalités avec qui vous partagez ce corps, cela dit.»

Elle lui sourit, comme elle souriait à tout le monde, à ses collègues, aux patients, aux amis qu'elle retrouvait quand elle rentrait en Irlande, à Jahan quand ils se voyaient. Le même sourire qui promettait son attention, ses conseils si on les demandait, son indulgence, bref, son amitié. Bonnie avait raison de lui reprocher de la traiter différemment des autres. C'était injuste d'avoir peur d'elle juste parce qu'elle souffrait de troubles qui la rendaient par moments dangereuses, et elle ne s'y ferait plus reprendre.
La jeune femme avait raison également de critiquer les cellules. Elles n'offraient que peu d'intimité et encore moins de possibilités de divertissement, ce qui était néfaste pour les patients. Grace tentait d'arranger un peu les choses en faisant la navette entre le couloir lugubre et la bibliothèque, mais tous n'était pas en état de lire, et elle ne pouvait pas gérer les prêts des dizaines, peut-être centaines d'internés.
Elle soupira en entendant l'explication de l'errance de Bonnie à travers l'asile. Les gardes étaient facilement distraits, et elle voulait bien croire qu'un dialogue avec la jeune femme avait pu en faire oublier ses devoirs à l'un d'eux, ce genre d'incident était déjà arrivé pour moins que ça depuis qu'elle avait pris poste à Arkham. Elle hocha la tête.

« Dans ce cas, allons-y. J'ai un rendez-vous dans une demi-heure, mais d'ici-là, je suis à vous. Malheureusement je ne pourrai rien vous donner de pointu, nous avons une politique de sécurité très stricte, mais je peux me procurer des fusains si vous pensez pouvoir travailler avec... Nous avons aussi des pastels que je vous taillerai, et de la peinture.»

Elle lui sourit à nouveau, et porta sa main à quelques centimètres du bras de la patiente pour l'inviter à la suivre.
Au même moment, un infirmier affolé surgit en courant d'un des couloirs menant au hall, chercha quelque chose des yeux une fraction de secondes, et lorsque son regard tomba sur la blouse de Grace, il sprinta droit sur elle et lui murmura quelque chose à l'oreille d'un air paniqué. Elle écarquilla les yeux, lui prit les mains, et lui ordonna d'une voix ferme :

« Allez prévenir le docteur Elkins, vous la trouverez dans son bureau à cette heure-ci. J'arrive tout de suite. »

Elle se tourna ensuite vers Bonnie avec un air de regret sincère.

« Je suis désolée, une urgence. Je vais demander à un garde de vous ramener à votre cellule et de vous apporter du matériel de dessin. Je passerai vous voir quand j'aurai un peu de temps, c'est promis.»


Elle lui offrit à nouveau un sourire rassurant, et fit signe à un des agents de sécurité de s'approcher pour lui expliquer la situation et lui confier la jeune femme en lui recommandant douceur mais prudence. Elle appréciait la patiente, mais ne souhaitait pas que malheur arrive à un des employés par sa faute !

[on clos ce sujet et on passe à la consultation ? Ou tu veux rajouter quelque chose ? =)]

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Message envoyé le : Lun 4 Juil - 11:51

Kathérina Barrow
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(c'est parfait, je pense ne rien avoir à y rajouter, c'est une belle entrée en matière Very Happy)

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