Un petit vote toutes les deux heures !

Truth or dare [maria Fernandez]


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Message envoyé le : Mer 29 Juin - 21:41

Grace Waterhouse
No one's beyond help
Grace reposa avec lenteur le dossier sur la table. Avant même de l'avoir fini, ses souvenirs concernant les horreurs qu'elle y lisait s'était floutés et mélangés en une sorte d'amalgame inquiétant, comme une boule qui lui pesait sur l'estomac. A en lire ces lignes, il aurait semblé à n'importe qui de sain d'esprit que la marche à suivre la plus sensée était de prendre ses jambes à son cou, ou de frapper le premier. La gamine avait l'air totalement lunatique, et on mettait en garde le personnel contre ses débordements soudains.
Seulement, voilà, Grace n'avait jamais vu un de ces épisodes. Lorsqu'elle l'avait croisée, Maria était toujours sage, calme, et timide. Oh, elle avait entendu les gardes parler, raconter qu'elle avait terriblement mutilé l'un d'en eux, mais elle les avait aussi entendus parler de Jason Todd, un patient beaucoup plus dangereux et physiquement moins démuni que Maria. N'ayant pas été présente sur les lieux, Grace préférait ne pas tirer de conclusion des rumeurs qui flottaient jusqu'à ses oreilles et noyaient Arkham sous une chape de silence confus et d'autant plus terrifiant qu'on ne pouvait jamais démêler le vrai du faux.
Il suffisait de l'ignorer.

Elle jeta un coup d'oeil à sa montre, et se leva pour aller ranger le dossier au milieu des archives plus ou moins poussiéreuses qui contenaient tout ce qu'on pouvait souhaiter ne surtout pas savoir sur les patients présents et passés de l'asile. Les couloirs lui semblèrent un peu plus sinistres qu'à l'accoutumée. Parmi cette paperasse se trouvait quelque part une note de service stipulant qu'il avait été demandé à Miss Grace Lilly Waterhouse de veiller au bien-être et à la sécurité de Miss Maria Fernandez lors de ses sorties dans les lieux communs à Arkham. En pratique, cela voulait dire qu'elle serait étroitement surveillée par une infirmière dès qu'elle souhaitait aller aux toilettes et par Grace, faute de personnel compétent, lorsqu'elle serait en contact avec d'autres détenus. Par exemple, aujourd'hui, de quinze à dix-sept heures, comme l'indiquait le programme épinglé à la copie de la note que Grace avait reçue, Maria devait se trouver en salle de divertissement. C'était en soi une punition : la jeune femme aurait dû se trouver de sortie dans la cour, mais on considérait plus prudent de la garder à l'intérieur des murs pour le moment. Dommage, Grace aurait bien été prendre un bol d'air frais.

Elle toussa en ressortant des archives et remonta vers le troisième étage, où se situaient les cellules des prisonniers pour rejoindre le garde chargé de faire les trajets avec elle. Une fois en salle de divertissement, il se barricaderait derrière une vitre blindée pendant qu'elle tenterait d'attiser la curiosité des patients sur une activité manuelle ou artistique. Ou les laisserait discuter entre eux et s'occuper comme ils l'entendaient si l'ambiance était bonne.

Elle salua le garde, échangea une poignée de main et un beau sourire contre un grognement et un doigt luxé, et ils s'engagèrent dans le couloir.
Elle frissonna au bruit sinistre que produisit la clé en tournant dans la serrure.

"Sors de là !", jeta l'employé de la sécurité à l'intérieur de la pièce d'un ton peu amène.

Grace attendit et fut récompensée en voyant une jeune femme, l'air doux mais légèrement angoissé, sortir de la cellule. Elle avait le teint pâle, des yeux de biche et de longs cheveux bruns et soyeux qui cascadaient jusqu'à sa taille ("avec lesquels elle pourrait aisément étrangler quelqu'un, v'comprenez, mais on a pas le droit de lui couper, paraît que ça porterait atteinte à son intégrité physique. Conneries.", lui avait confié un collègue de l'agent qui s'était fait agresser). Grace ne put s'empêcher de ressentir une profonde sympathique pour la jeune fille. Elle aurait aimé rester neutre, mais toute l'attitude de l'autre criait à l'aide et l'étudiante ne pouvait résister qu'à grand-peine à l'envie de la prendre dans ses bras en caressant ses cheveux et en lui promettant que tout irait bien. Mais pour autant qu'elle le sache, ce pouvait très bien être un air que Maria savait si bien se donner qu'elle avait berné le garde qu'elle avait blessée. Il était préférable de rester sur ses gardes, au moins dans un premier temps.
Elle lui tendit une main poliment pour qu'elle puisse la serrer malgré les menottes que l'agent de sécurité venait de lui passer.

"Bonjour, Miss Fernandez. Je suis Grace Waterhouse, je suis la post-doctorante du docteur Elkins et je vais vous accompagner lors de vos sorties de loisir pour vérifier que tout se passe bien. Si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à me le dire ou à me faire envoyer un message, d'accord ?"


Elle accompagna le tout d'un sourire chaleureux et aussi rassurant qu'elle pouvait en produire, et suivit le duo en fronçant les sourcils quand le garde poussa Maria dans le dos pour qu'elle se mette en route le long du corridor.
Le trajet se passa le plus calmement du monde, et, comme Grace l'avait prévu, une fois arrivés à destination, le garde se pressa d'aller sortir un magazine à feuilleter à l'abri derrière le guichet sécurisé.
Elle se tourna vers Maria.

"Si vous avez des conversations privées à mener avec quelqu'un je peux rester un peu à l'écart, bien sûr, vous n'avez qu'à me demander. Mais nous pourrions faire quelque chose ensemble, si vous voulez, il y a des jeux de société, ou je peux aller vous chercher un livre. Qu'est-ce qui vous intéresserait ?"

Elle observa la jeune femme en face d'elle, curieuse de connaître sa décision, son attention entièrement concentrée sur Maria fouillant son visage et son corps à la recherche d'indices sur son état d'esprit alors qu'elle attendait patiemment sa réponse. Son regard n'avait cependant rien d'oppressant, son visage était ouvert et son sourire encourageant.

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Message envoyé le : Dim 10 Juil - 11:36

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Trois jours. C'était le temps qu'elle avait passé en isolement. Trois journées complètes, ou peu s'en faut, seule dans une pièce aux murs blancs rembourrés, à ne voir pour seule compagnie qu'une main lui glissant de la nourriture deux fois par jour. Trois jours d'enfer pour elle, à se demander si Jason allait bien, s'il était déjà sorti ou non, s'ils parviendraient à se revoir un jour. Trois jours enfermée dans ses craintes et ses cauchemars, sans rien pour l'aider à les fuir. Elle en était ressortie plus amaigrie, les traits tirés par le manque flagrant de sommeil, le regard craintif, et plus docile encore qu'elle ne l'était avait, si tant est que la chose soit possible. On l'avait ramenée à sa cellule, où elle s'était écroulée sur sa couchette, recroquevillée sur elle-même, jusqu'à ce qu'on vienne la réveiller le matin, pour la faire déjeuner et sortir dans la cour où elle avait retrouvé l'homme de sa première sortie, Edward Nygma. Il lui semblait qu'il apparaissait à chaque fois qu'elle perdait à nouveau totalement espoir, qu'il le fasse exprès ou non. Mais ça, elle ne pouvait le dire à personne. Deux autres jours étaient passés, jusqu'à ce jour. Assise sur son lit, n'étant pas ressortie depuis sa nouvelle rencontre avec le Sphinx, elle regardait dans le vide, seule dans la cellule que Harley avait désertée pour une visite psychiatrique, lorsqu'une voix masculine violente se fit entendre, accompagnée d'un bruit de métal et de porte qu'on ouvre :

« Sors de là ! »

Elle connaissait un peu ce gardien, il n'était pas là le jour de l'incident, mais il n'avait jamais été particulièrement tendre avec elle, et son attitude était restée la même après son enfermement. Au moins, il n'avait pas empiré, c'était sans doute déjà ça. Tête baissée, muette, elle se lève de son lit et rejoint le gardien de l'autre côté de la porte, pour découvrir une jeune femme aux cheveux blonds coupés courts et au visage fin et élégant. Le genre de visage qui inspire généralement le sourire, et qui en inspirerait un à Maria si elle n'avait pas à ce point perdu sa joie de vivre. Le gardien la menotte sans qu'elle ne tente de se dérober, et l'instant d'après, la main de l'inconnue apparaît sous ses yeux, tendue vers elle :

« Bonjour, Miss Fernandez. Je suis Grace Waterhouse, je suis la post-doctorante du docteur Elkins et je vais vous accompagner lors de vos sorties de loisir pour vérifier que tout se passe bien. Si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à me le dire ou à me faire envoyer un message, d'accord ? »

La jeune femme dévisage la dénommée Grace avec un mélange de peur, de soumission et de surprise dans le regard. Elle prenait le temps de se présenter dans les formes, chose que personne ne faisait pour elle, ici. C'était pour le moins déconcertant. Mais, polie, Maria tend une main, l'autre suivant de près à cause des menottes, et serre cette main tendue avec un faible :

« Enchantée Madame »

De près, les cheveux courts de la post-doctorante semblent encore plus pâle, et Maria se rend compte qu'ils ne sont pas blonds, mais blancs, en dépit de l'apparente jeunesse de Grace. Une couleur ? Une surprise de plus pour Maria bien qu'elle ne se permette aucun commentaire sur celle-ci. Le gardien la pousse à l'épaule, et elle sursaute vivement ce qui ne fait que déclencher un geste menaçant d'agacement du gardien. Elle se fige, baisse à nouveau la tête, soumise, et suit le chemin qu'on lui impose, jusqu'à la salle de divertissement. Elle n'aime pas trop cette salle, elle l'a toujours évitée à vrai dire, par crainte de se retrouver seule enfermée avec des détenus dangereux sans surveillance prête à intervenir en cas de besoin. Mais ce jour-ci, pas le choix, on lui impose d'y aller.

Arrivés devant la porte de la salle, le gardien la laisse entre les mains de Grace et s'éclipse rapidement. Voilà ce qui l'effraie dans cette salle, les gardiens n'y entrent pour ainsi dire jamais. En cas d'agression, le  temps qu'ils interviennent, il sera peut-être déjà trop tard. Cependant, la jeune femme aux cheveux blancs reste avec elle, s'adresse à elle, même :

« Si vous avez des conversations privées à mener avec quelqu'un je peux rester un peu à l'écart, bien sûr, vous n'avez qu'à me demander. Mais nous pourrions faire quelque chose ensemble, si vous voulez, il y a des jeux de société, ou je peux aller vous chercher un livre. Qu'est-ce qui vous intéresserait ? »


Maria lui lance un regard craintif, puis secoue faiblement la tête :

« Je n'ai... aucune conversation à mener... Et je ne veux pas vous... déranger... »

Elle regarde par la petite fenêtre, et remarque que personne n'est sur le canapé, et qu'il n'y a guère que deux autres patients dans la salle, occupés à jouer aux cartes.

« Je vais me poser sur le canapé... »


Dit-elle, comme pour demander la permission, avant d'entrer dans la salle, tenant la porte poliment pour celle qui a la charge de la surveiller, et de se diriger tête basse et muette vers le canapé où elle s'assied sans rien dire, regard rivé sur ses mains posées sagement sur ses genoux. Du coin de l’œil, elle voit que la jeune femme aux cheveux teints n'est pas partie, qu'elle reste près d'elle, mais elle n'ose pas lever le regard vers elle, craignant de faire quoi que ce soit qui puisse être pris pour de l'effronterie.

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Message envoyé le : Lun 1 Aoû - 19:49

Grace Waterhouse
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[OH MON DIEU MARIA j'ai tellement honte je t'avais... oubliée. @/////@ n'hésite pas à me le rappeler si je ne te réponds pas !]

Grace sourit intérieurement en voyant la jeune patiente fixer ses cheveux. Il y avait bien d'autres choses fascinantes à regarder à Arkham, et jusqu'ici, sa décoloration faisait moins d'effet aux personnes de l'hôpital qu'aux gens qu'elle croisait dehors, mais il semblait qu'ils aient finalement attiré l'attention de quelqu'un. Heureusement, au vu de l'attitude de la jeune femme, celle-ci semblait plus curieuse que désapprobatrice. Elle avait globalement l'air particulièrement inoffensive, mais Grace savait que les apparences étaient souvent trompeuses. Des hommes doux comme des agneaux avaient déjà essayé du jour au lendemain de briser des cous, et elle avait quelques douloureux souvenirs de telles crises à Sydney. Ce n'était cependant pas une raison pour partir d'une idée préconçue face à la petite brune qui était pour l'instant mignonne comme tout, ce dont la psychiatre comptait bien la récompenser à coup de sourires et d'attentions. Et, globalement parlant, du même respect qu'elle offrait à toutes les personnes souffrant de maladies physiques ou mentales. Arkham n'avait pas encore entamé cette résolution d'acier, malgré les nombreux exemples de folies dangereuses et d'épouvantables traitements de l'autre dans les deux camps.

Visiblement, la jeune femme n'aimait pas être touchée sans prévenir, ce qui rendait d'autant plus louable le fait qu'elle lui ait serré la main gentiment. Grace leva la sienne pour intimer au gardien d'arrêter d'embêter la jeune fille lorsqu'il eut un geste agacé face à sa réaction épidermique au geste qu'il avait eu pour lui intimer d'avancer. Pour détendre l'atmosphère, elle ajouta un petit :

« Allons-y ! », et prit doucement le coude de Maria Fernandez pour la mener jusqu'à la salle de détente, ce qui lui permettait par la même occasion de se tenir entre elle et le gardien. La brune avait la tête baissée, l'air soumis, et à part si elle paniquait soudainement, Grace doutait d'être en grand danger. Au pire, les secours n'étaient pas loin.

Lorsqu'ils furent arrivés à destination et que la psychiatre eut fait son petit discours pour instaurer le cadre de sa surveillance de la jeune patiente, celle-ci lui jeta un regard apeuré avant de refuser ses services. Elle balaya ensuite la salle des yeux, et fit part à Grace de sa décision d'aller se réfugier sur le canapé, à un endroit où personne ne se trouvait déjà. Il n'y avait personne non plus à proximité, c'était l'endroit le plus calme de la salle de détente.

La jeune psychiatre emboîta le pas à la brune, prenant soin d'être légèrement plus lente qu'elle. Elle s'assit à distance raisonnable sur le canapé à ses côtés, laissant de la place pour une personne entre elles deux pour que sa protégée (elle ne parvenait pas à la voir comme un danger) ne se sente pas agressée.

« Est-ce que ces derniers jours se sont bien passés ? On m'a dit que vous n'aviez pas beaucoup mangé ni dormi. Il ne faut pas vous laisser aller et risquer votre santé à cause d'une punition... »

Elle fit une légère pause et soupira.

« Si vous voulez parler de l'incident et me donner votre version des faits, je suis prête à l'écouter. Mais si vous préférez tourner la page, ce sera oublié. L'affaire est close, à présent. »


Elle lui sourit et tenta doucement de poser sa main sur celle de Maria dans un geste rassurant, lui laissant tout le temps de se dérober si elle le souhaitait.

« Nous allons rester ici une petite heure. C'est pour votre bien-être que nous organisons ces moments de détente, vous êtes sûre que vous ne voulez pas discuter avec les autres, ou lire, ou jouer... ? Exceptionnellement, nous pouvons aussi sortir marcher un peu si vous préférez.»

Elle croisa les jambes confortablement et lui lança à nouveau un regard d'encouragement, mais qui jurait avec l'ambiance lourde de la salle, avec les murs décrépits, avec l'air sombre des vigiles et les chuchotements frénétiques des autres patients, avec la nature même d'Arkham, qui pesait comme un poids de métal, une chape de plomb, sur les épaules de tous ceux qui y pénétraient... A fortiori s'ils n'avaient aucune chance d'en ressortir.

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