Un petit vote toutes les deux heures !

Once upon a coffee time... [Georgia Parr]


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Message envoyé le : Sam 25 Juin - 12:57

Grace Waterhouse
No one's beyond help
Elle avait besoin d'un bon café. Avec beaucoup de sucre, et peut-être même de la chantilly sur le dessus s'il en restait dans le pot commun. Un de ces jours, elle apporterait de la crème anglaise, pour tremper les biscuits dedans et remercier ses collègues de garder les stocks pleins : elle n'avait pas encore repéré les bonnes enseignes où se fournir à prix raisonnables dans la ville.

Au passage, elle fit un détour par les toilettes pour se rafraîchir en se rinçant le visage et en se mouillant la nuque. La démonstration à laquelle elle avait assisté dans l'amphithéâtre l'avait chamboulée. Un industriel était venu faire la promotion de ses tous nouveaux produits de contention des aliénés, et certaines des méthodes employées étaient rudes, et le serait d'autant plus, elle en avait conscience pour avoir déjà pu voir la différence de ses propres yeux, avec un patient démentiel au lieu d'une présentatrice coopérative. Il y aurait des chevilles et des poignets foulés. Elle savait bien qu'il s'agissait d'une question de sécurité, du personnel mais aussi des autres patient et même de la personne délirante, mais ça ne l'empêchait pas d'être profondément touchée par le genre d'inventivité qu'il était possible au genre humain de développer pour contrôler et soumettre son semblable.
En relevant la tête elle se rendit compte qu'elle avait bêtement fait couler son maquillage, et se lança dans une nouvelle session de camouflage d'oeil au beurre noir. Il avait presque guéri maintenant, il n'était plus gonflé, il restait seulement une traînée d'un ton verdâtre et jaune sur les bords qui n'était pas particulièrement rassurante ni esthétique et qu'elle s'évertua à faire disparaître.
Elle continuait à saigner du nez périodiquement, ce qui n'était absolument pas pratique quand le phénomène se déclenchait pendant une consultation. Elle avait également des relents de migraine difficiles à étouffer complètement, et encore une paire de points de suture sur la tempe, résultat de la rencontre énergique avec la barre de métal contre laquelle le Pingouin l'avait poussée, qu'elle camouflait à l'aide de ses cheveux. Ils étaient assez longs pour qu'elle puisse en tisser une mèche en une petite tresse bien orientée pour recouvrir la zone en question.

En se redressant du miroir sur lequel elle s'était penchée, elle vit pendant une fraction de secondes des petites étoiles danser devant ses yeux. Elle avait vraiment besoin d'un café tout de suite. Elle se hâta vers la salle de repos sans prendre garde au bruit de ses talons qui claquaient violemment sur le plancher à chaque pas. Elle les portait depuis plus d'une semaine maintenant et elle semblait s'être totalement acclimatée. Elle mettait toujours des pansements pour protéger ses pieds mais ce ne serait bientôt même plus nécessaire.

En temps normal, elle aurait préféré un thé, mais plutôt que d'aller chercher un des petits sachets disposés sur l'étagère, elle se prépara à se précipiter à l'opposé, vers la cafetière. Malheureusement, l'engin était déjà en service, une jeune femme qu'elle avait déjà vu au hasard des couloirs étant en train de se préparer une tasse. Grace hésita, puis en réalisant qu'il lui faudrait de toute façon se laver un bol si elle voulait boire dans un récipient plutôt que de lécher son café par terre, elle se dirigea vers l'évier et tourna le robinet. Tant qu'à faire, elle lava l'ensemble des mugs et les mit à sécher, n'essuyant que celui qu'elle comptait utiliser pour gagner du temps. Par chance, elle finit sa vaisselle à peu près au moment où la machine finissait le café de sa collègue, et elle put y glisser sa tasse immédiatement, avec un sourire pour celle qui lui abandonnait sa place.

"Merci !"

Elle versa le café et l'eau chaude dans la cafetière et mis le processus en route. Pendant que le breuvage tombait goutte à goutte dans son récipient, elle décida d'en profiter pour faire la conversation à cette collègue qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion d'aborder.

"On ne s'est pas encore présentées je crois ? Je suis Grace Waterhouse, je fais un post-doc ici avec Scarlet Elkins. Et toi ?"

Son sourire était chaleureux, mais si son attention paraissait entièrement absorbée par l'échange, le bout de ses doigts qui tapotaient contre la machine à café trahissaient son impatience.

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Message envoyé le : Dim 24 Juil - 23:45

Georgia Parr


❝ Once upon a coffee time...❞
Grace Waterhouse & Georgia Parr AKA Velma Hart
Parfois Georgia se faisait la réflexion que si on devait décrire Arkham comme un être incarné ce serait une femme. Une femme sèche, aigrie, dont la personnalité empoisonnée corromprait les esprits et les âmes. Elle serait vieille et nue, parcourue de rides comme autant de craquelures sur une façade brunies par les tâches de l’âge. Sous cette coquille se cacherait des tripes pourries et grouillantes de vermine. L’odeur de ces parasites rongeant la chair avariée s’échapperait par tous les orifices. Sa bouche serait béante et gloutonne, ses rares dents fichées comme des pierres tombales dans les gencives collantes seraient noires et douloureuses ; un gouffre sans fond, un puits de ténèbres, un trou noir avalant goulûment tout être vivant qui s’en approcherait un peu trop.
Georgia se surprenait avec ses propres pensées. Deux semaines plus tôt son esprit ne se serait jamais aventuré dans des recoins aussi sombres de son crâne. L’ambiance malsaine d’Arkham commençait à lui monter au cerveau à elle aussi. Il en fallait plus pour fendiller le masque de Velma Hart qu’elle avait bâti dans un matériau solide mais plus vite elle pourrait partir de cet établissement malsain, mieux elle se porterait. La vie au sein de la pègre de Gotham était loin d’être délectable mais au moins il y avait un semblant d’ordre et de règles à respecter contrairement à la folie bouillonnante difficilement contenue entre les quatre murs de l’asile.
Ses séances de consultations étaient devenues presque divertissantes pour la jeune rousse –les délires psychotiques de certains de ses patients l’amusaient parfois- et elle s’y retrouvait enfin dans la paperasse administrative et les rapports qu’elle remplissait de façon automatique sans réfléchir, mais elle bénissait les rares moments ou elle pouvait s’accorder des pauses tel un naufragé trouvant un ilot verdoyant après des jours perdu en mer.

Georgia Parr détestait le café à moins qu’il ne soit noyé dans des litres de crème et des kilos de sucre mais Velma Hart était accroc au café noir, sans sucre, qui la faisait grimacer à chaque gorgée. Le picotement âpre dans sa bouche semblait remonter jusqu’à son cerveau et venir y titiller des zones qui l’aidaient à se concentrer et  tenir le coup face à l’instabilité régnant dans sa vie imaginée et dont Georgia, propriétaire et colocataire du même corps faisait également les frais.
Elle n’avait pas vraiment fait attention à ce qui se passait autour d’elle alors que le liquide ébène coulait goutte à goutte dans sa tasse –au design le plus neutre qu’elle avait pu trouver- d’une machine qui semblait aussi ancienne que les briques de l’établissement. Elle avait simplement jeté un rapide coup d’œil en direction de la jeune femme qui s’était mise à faire la vaisselle sans vraiment essayer de savoir de qui il s’agissait. Ce ne fut que lorsque la demoiselle s’adressa à elle que la rouquine la regarda plus en détail. C’était une collègue, elle avait dû la voir une fois ou deux au détour d’un couloir. Ce qui l’avait marquée c’était ses cheveux décolorés, presque blancs et ses grands yeux de biche qui brillaient d’innocence, ces yeux qui à présent la fixaient avec bienveillance, et Georgia trouva encore une fois qu’elle faisait tâche dans cet asile ou tout était déviance et perversion.
Velma répondit d’un ton professionnel et neutre, toutefois adoucit par un sourire poli.

- Enchantée, je suis Velma Hart, psychiatre, je suis encore nouvelle au sein de cet établissement.

La tasse commençait à lui bruler les doigts, elle changea pour la main gauche et souffla gracieusement sur la droite.

- Jolies chaussures !

Oui, jolies, mais absolument pas pratique, Georgia préférait largement les bonnes godasses épaisses et qui rendait l’impact de chaque coup qu’elle donnait encore plus douloureux, et Velma elle, arborait une paire de mocassins en cuir, peu tendance mais très confortables. Ces chaussures, Georgia l’avait deviné, était également les responsables des claquements sonores qui faisaient écho dans les couloirs des que leur propriétaire était dans les parages, invisible mais pas pour autant discrète, et qui rythmaient la vie du personnel comme des patients alentours tel un métronome insupportable.


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Message envoyé le : Lun 25 Juil - 11:35

Grace Waterhouse
No one's beyond help
[gaaah tes rps sont tellement fluides et agréables à lire, j'adore ta description d'Arkham ça met juste tellement dans le bain <3]

Grace avait abordé la jeune psychiatre avec enthousiasme, et elle se vit répondre sur un ton poli, affable mais peut-être un brin réticent. Ca ne la découragea pas d'un iota, il était tout à fait normal que les relations entre collègues mettent un moment avant de devenir naturelles et agréables pour tout le monde.
A Sydney, le soleil aidant, tout semblait plus facile. De toute façon, personne n'avait vraiment le temps d'être ronchon quand un kangourou pouvait vous tomber sur le coin de la figure et vous aplatir alors que vous rentriez du boulot. Les patients aussi étaient particulièrement dangereux, mais contrairement à Gotham, ce n'était pas la ville et son air presque néfaste qui les y encourageait. C'était le chef de service lui-même, qui s'amusait à les manipuler.
Au final, la comparaison restait à peu près équilibrée entre les deux hôpitaux. La seule chose qui faisait chuter le moral de Grace, c'était le paysage urbain décrépit de Gotham. Elle qui était habituée aux petits chalets sur la lande ou aux grands buildings modernes de Sydney, en passant par les bâtiments historiques des villes où elle avait eu la chance d'aller faire des échanges étudiants ou des stages, elle devait bien avouer que la ville où elle se trouvait manquait particulièrement de charme.
Mais peu importait, après tout. L'important, c'était ce qu'elle pouvait apporter à son environnement, à ses patients, à ses amis... A ses collègues.

« Enchantée ! On est nouvelles toutes les deux, alors. Ils ont dû faire une vague de recrutement récemment. »

Son sourire rayonnant lui revint naturellement dès qu'elle ouvrit la bouche pour parler. Elle adorait avoir des relations intéressantes avec des gens qui travaillaient dans le même domaine qu'elle, avaient les mêmes objectifs. Les discussions pouvaient être passionnantes, et elle gardait l'adresse de plusieurs psychiatres de Sydney avec qui elle avait sympathisé – outre son propre thérapeute bien sûr, qu'elle avait suivi là-bas et qui était en passe de monter en grade. Il le méritait bien.
Ici, la place dans la hiérarchie semblait être plus lié à l'ancienneté dans l'établissement qu'à des tests de compétences. La manière dont Arkham était géré paraissait un peu archaïque à la jeune femme, mais elle n'était pas en position de faire des remarques et la fine bouche. Elle avait besoin de ce travail, et puis, aucun poste n'était jamais parfait, il fallait accepter de ne pas être d'accord avec certaines décisions de la direction. Elle pouvait très bien se tromper sur leur compte, ou sur la meilleure manière de mener les affaires de l'hôpital d'ailleurs.

Elle rit quand sa collègue en vint à parler chaussures.

« Oui, mais elles font mal aux pieds ! Il faut que je m'en achète d'autres. Tu ne connaitrais pas des magasins pas trop chers en ville, par hasard ? Enfin, je ne sais pas si tu es là depuis longtemps... Comment est-ce que tu as trouvé l'annonce d'embauche, toi ?»

Elle s'acharna à tutoyer Velma malgré la légère gêne qu'elle ressentait. Elle ne voulait pas mettre l'autre femme mal à l'aise, mais être amical dès le début pouvait leur économiser à toutes les deux plusieurs semaines de sourires crispés et de salutations du bout des lèvres, elle l'avait expérimenté après avoir lu la théorie dans certains des livres au programme de sa formation (ah, la psychologie du travail et du management...) et elle avait ainsi pu vérifier la véracité des propos tenus.

Elle s'appuya contre le plan de travail et prit sa tasse à deux mains pour y tremper les lèvres. Le breuvage manquait de saveur, mais la chaleur qui s'en dégageait lui mettait un peu de baume au cœur après toute l'agitation de la matinée. Elle adorait les boissons chaudes, qui coulaient dans la gorge comme du feu liquide et qui donnaient l'impression d'emplir la cage thoracique d'énergie. Elle acceptait sans regret de se brûler la langue pour obtenir cette sensation. Sa mère la fustigeait sans arrêt à ce sujet, « attends un peu que ça refroidisse, enfin ! », mais rien n'y faisait. Grace sourit en éloignant le rebord du mug de ses lèvres. Maintenant, à chaque fois qu'elle buvait un liquide brûlant, elle avait l'impression de faire une petite bêtise, et ça lui rappelait sa famille, et sa maison. Peut-être était-ce pour cela qu'elle appréciait autant ses pauses, à Arkahm. Elles lui permettaient de s'échapper un peu de Gotham, et de retourner se mettre l'esprit à l'endroit dans ses rêveries qui la transportaient en Irlande, à l'autre bout du monde.

Elle prit un sucre, hésita un moment à le casser en deux, mais décida qu'elle avait bien gagné le droit d'en manger un entier, et elle le plongea dans sa tasse, avant de tendre la boîte à Velma puis de la retourner à son étagère et d'examiner les placards attenants.

« Tu sais s'il y a du miel quelque part ? »

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Message envoyé le : Lun 15 Aoû - 2:10

Georgia Parr
[Désolée d'avoir mis autant de temps je suis méga-lente a écrire pour une raison que j'ignore du coup j'avais pas mal d'activités qui m’empêchaient de m'y mettre a fond ces dernier temps encore désolée =( ]



❝ Once upon a coffee time...❞
Grace Waterhouse & Georgia Parr AKA Velma Hart
Georgia était fascinée par le petit bout de femme (certes plus grande en centimètres) qui s’agitait en babillant devant elle. Tant d’énergie était rassemblée dans le corps de cette jolie psychiatre encore toute jeunette. Bien sûr, de l’énergie, Georgia n’en manquait pas non plus (Velma était en revanche plus réservée mais elle ne manquait pas de cœur quand elle se mettait à l’ouvrage, tout dans le plus grand sérieux et la plus grande sobriété) mais si il y avait bien un point qui devait différencier les jeunes femmes c’était la naïveté de l’une et la personnalité terre-à-terre de l’autre. Georgia ne se vantait pas d’être aussi mentalement et physiquement rodée que ses « collègues » a Arkham mais dans les rues sales de la ville elle en avait vues d’autres, notamment lorsqu’elle était chargée des sales besogne avec lesquelles même les hommes de main du Pingouin refusaient de se salir les mains. Même Velma, la personnalité que Georgia s’était montée de toutes pièces pour infiltrer l’établissement refroidit de courants d’airs d’Arkham, était bâtie d’un cuir dur comme une carapace, d’une rigueur d’acier et d’une froideur aussi tranchante qu’une rapière. Une nature qui était aux antipodes de celle de la psychiatre qui se trouvait face à elle avec ses grands yeux aux longs cils papillonnants et son sourire aux dents blanches ; elle semblait aussi innocente que le nourrisson. Elle et Velma étaient arrivées en même temps quelques jours près et si certains trouvaient que la rouquine était trop jeune et inexpérimentée pour le job, celle-ci se dit que l’autre ne survivrait pas un mois si elle ne descendait pas de son petit nuage de confort et de crédulité. Et rude serait la chute.

Grace ne se départait pas de son attitude affable, presque envahissante mais ne réussit pas à briser l’aura de politesse froide dont Velma s’entourait en permanence. Elle sentait bien que la blonde faisait un effort non négligeable pour faire bonne impression mais les interactions sociales n’étaient pas le fort de la psychiatre, ni dans ses intérêts immédiats. Elle félicitait la tentative cependant. Elle restait silencieuse, lissa distraitement son chemisier de la main qui ne tenait pas sa tasse de café, mais elle s’anima quand Grace lui demanda si elle connaissait un magasin de chaussures. Oui, Georgia était à Gotham depuis plusieurs mois, combien exactement elle n’aurait pu le dire, mais elle en connaissait presque tous les recoins. Le centre-ville et ses imposants gratte-ciels, quartier des affaires qui était habité surtout par une espèce un peu étrange d’hommes et de femme vêtus de costumes principalement monochromes et qui semblaient toujours pressés. Le Centre Commercial côtoyait la Bourse et les grandes entreprises, les cinémas, les musées et autres galeries d’art, lieux de rencontre cosmopolite les samedi et dimanche après-midis. Les quartiers malfamés étaient situés à proximité, tout y était gris et triste et il n’était pas bon d’y trainer si on n’était pas capable de défendre sa carcasse. Il ne fallait pas oublier, bien sûr, la banlieue bourgeoise ou tout n’était que propreté et joie vivre comme sur une carte postale des années 50 ventant « The American Dream » : les enfants jouaient au ballon ou faisaient du vélo en riant, les pères de famille passaient la tondeuse ou arrosaient les plantes pendant que maman préparait la limonade en écoutant la radio. Mais ce sentiment de sécurité était un luxe réservé a l’élite, Georgia connaissait moins cette partie de Gotham, elle n’y avait mais les pieds que de rares fois, généralement pour faire chanter un quelconque mafieux au compte de son patron. Mais la partie de la ville que Georgia préférait était la vieille Gotham, la Gotham originelle, celle au sein de qui les Pèlerins avaient pose la première pierre, la pierre bâtisseuse, au XVIIème siècle. Faute d’entretien durant les trente dernières années, cette partie de la ville était peu à peu tombée à l’abandon, vandales et criminels en tous genre y avaient fait leur nid comme partout ailleurs dans la ville mais Georgia ne se sentait jamais autant chez elle qu’au milieu des vieilles pierres, à marcher sur des routes de paves capricieux sous le regard colérique des gargouilles juchées sur leurs clochers. Elles en effrayaient plus d’un mais G. les trouvaient amusantes, presque amicales. Des vieux théâtres aux enluminures écaillés produisaient encore quelques compagnies téméraires et Georgia s’installait confortablement sur des sièges de velours d’un rouge passés, à la douce odeur de poussière, plongée dans l’obscurité pour regarder des succès d’un autre âge dont la rouquine ne comprenait pas tous les enjeux. Elle avait l’impression un peu enfantine que cela plairait a son patron dont la culture était si étendue s’il venait à le savoir.
La rouquine ne se perdit pas longtemps dans sa rêverie. Velma, elle, n’était à Gotham que depuis peu et ne pouvait pas avoir une relation aussi profonde avec sa nouvelle ville. Pragmatique comme elle était, la jeune psychiatre avait néanmoins pris le temps de faire un minimum de repérage, c’est pourquoi la question de sa collègue l’avait surprise. Elle n’était pas vraiment branchée shopping mais tenta de répondre au mieux sans pour autant réduire la distance verbale qu’elle s’imposait en s’adressant à Grace.

- Avez-vous essayé les boutiques du Centre Commerciale de Gotham, on y voit souvent de bonnes affaires.

Elle ne put s’empêcher en revanche de hausser les sourcils a la question qui suivait tant elle lui paraissait saugrenue. Voilà qui remettait en cause beaucoup de choses sur la façon de recruter de cet établissement.

- J’ignorais qu’Arkham enrôlait des médecins par le biais de petites annonces. En ce qui me concerne j’ai été recommandée par  mon directeur d’études ainsi que par tous mes tuteurs.

Elle n’avait pu empêcher le dédain de poindre dans son ton. Mais pour sa défense Velma n’était pas peu fière de son parcours. Se retrouver psychiatre à Arkham sitôt sortie de ses études n’était pas donné à tout le monde et il faudrait du temps et de l’énergie pour enfin être prise aux sérieux parmi les plus anciens de la profession. Enfin, si Georgia ne faisait pas tomber le masque.
Velma baissa les yeux vers sa tasse encore très chaude mais plus brulante. Elle remua le liquide délicatement avec ses deux mais avant de décider à en prendre une longue gorgée qui la fit grimacer tant le gout était âpre sur sa langue, mais une seconde plus tard le frisson revigorant qui accompagnait toujours la première gorgée de café la secoua des orteils jusqu’à la pointe des cheveux lui donnant l’impression d’être soudain plus réveillée.

- Le miel est probablement avec les abeilles, à Metropolis.

Elle accompagna d’un sourire rigide sa tentative maladroite d’humour. Elle ne laissa pas à son interlocutrice le temps de digérer sa blague ratée qu’elle continua, de nouveau sérieuse en regardant vaguement autour d’elle.

- Enfin même s’il y en avait je m’en tiendrais éloigne si j’étais vous. Comme de tout ce qui traîne dans cette pièce un peu trop longtemps à la disposition de n’importe qui.

La pièce, à la verge de l’insalubrité, semblait gâter tout objet qu’elle gardait en son ventre de façon trop prolongée. Velma rechignait déjà à utiliser la cafetière mise à disposition pour le personnel mais se voyant mal amener sa propre cafetière tous les jours au travail, elle avait difficilement le choix.



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Message envoyé le : Lun 15 Aoû - 9:19

Grace Waterhouse
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[no souciiii t'inquiète =D Ton post est super <3 désolée le mien est vachement plus court, dis-moi si ça te va quand même =)]

Lorsque Velma lui suggéra les boutiques du centre commercial, Grace se sentit un peu bête. Elle ne savait même pas qu'il y avait un centre commercial à Gotham, ni où le trouver. En même temps, il était évident que dans une ville de cette taille, il y aurait un quartier des boutiques ou un bâtiment dédié. Par contre, ça risquait fort d'être dans les quartiers chics, et donc hors de prix. Elle ne s'y serait pas risquée si sa collègue n'avait pas mentionné les bonnes affaires qu'on pouvait y faire. La période des soldes approchait d'ailleurs à grands pas... Plus que quelques semaines avec ces horribles talons et elle pourrait enfin trouver quelque chose d'abordable pour son portefeuille et de confortable pour ses pauvres petits pieds.

Elle ouvrit de grands yeux en apprenant les difficultés que Velma avait eues à obtenir son poste à Arkham. Est-ce qu'elle avait voulu entrer dans cet établissement en particulier ? Pourquoi donc, alors qu'ils peinaient à recruter suffisamment de membres du personnel à cause de leur réputation ?

« Oh, vous avez un parcours impressionnant ! J'ai eu de la chance que mon doctorat me permette de répondre à leurs attentes, on dirait. »

« Le miel est probablement avec les abeilles, à Metropolis. »

… Quoi ? Grace allait demander des explications plus amples, parce qu'elle avait visiblement raté un épisode, mais Velma enchaîna directement sur une mise en garde.

Grace se mit alors à regarder d'un peu plus près l'état des aliments conservés dans la salle, et se rendit compte que sa collègue n'exagérait pas. La boîte de morceaux de sucre débordait de fourmis affamées. Les couvercles des pots étaient collés à leur pas de vis par une substance gluante qui semblait parfois n'avoir rien en commun avec le contenu. Le seul pot de miel qu'elle dénicha était à moitié vide, le liquide à l'intérieur visqueux, figé, elle aurait pu le retourner sans qu'il bouge, et le contenant était en plastique craquelé par l'âge et la pression. Elle eut une petite grimace dégoûtée.

« Il va falloir faire du ménage, ici ! »

Elle jeta un coup d'oeil à sa montre. Elle avait une bonne demi-heure avant de retourner travailler, autant l'employer à bon escient.
Elle dénicha dans un coin sous l'évier du matériel d'entretien, aussi crasseux que l'endroit où il était stocké, couvert de poussière agglomérée par l'humidité et de débuts de moisissure. Elle ne laissa pas ces détails la décourager. Un bon coup d'essuie-tout sur les bouteilles régla le problème. Heureusement, les chiffons avaient été conservés à peu près au sec. Elle jeta un regard circulaire à la salle. Le plus propre était probablement le sol. Le plus sale, le dessous de l'évier. Elle décida de s'attaquer avant tout aux étagères qui contenaient les réserves, en jetant les produits périmés dans une poubelle constamment en train de déborder. Elle fouilla, trouva un nouveau sac poubelle, le changea. Elle sortirait celui qui était plein plus tard.
Le tri des consommables fut très rapide : les trois quarts se retrouvèrent aux ordures, et elle posa les rescapés sur la table en attendant de nettoyer leur support.

« Il faut prendre soin de notre espace, non ? » dit-elle d'un ton joyeux en lançant un sourire à Velma.

Elle mit un peu de produit sur un chiffon et commença à astiquer les étagères d'un geste vigoureux. Elle avait l'habitude de faire le ménage quand les autres étaient trop occupés pour s'en préoccuper, et elle était, comme dans la plupart des tâches qu'elle entreprenait, rapide et efficace. Si elle y passait la moitié de sa pause déjeuner tous les jours, après avoir fini de manger, bientôt la salle entière brillerait comme un sou neuf !

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