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Au nom du vice


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Message envoyé le : Mar 21 Juin - 17:53

Invité
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Les visites étaient rares, trop rares... Si bien que la moindre d'entre elles éveillait toujours une vague de méfiance chez Jezebel. Seules les visites de Jude étaient banales et récurrentes, mais les autres... Elle se comptait sur les doigts d'une main, à peine. Assise sur une chaise, Jezebel observait la feuille sous ses yeux alors que penché au-dessus, ses longs cheveux cachant sa création, elle laissait le stylo aller et venir sur la feuille alors que dans la salle des visites, une silhouette féminine s'approchait. Souriante quoique très nerveuse, la jeune nonne prit place sur la chaise face à celle de la sombre Jezebel et souffla.

« Bonjour ma sœur... Quel plaisir de vous revoir enfin ! Cela fait si longtemps...»

Le stylo se figea alors que lentement, Jezebel releva le visage, dardant ses yeux noirs sur la silhouette innocente de sa consœur. L'autre était angoissé, le stresse suintaient par tous les pores de sa peau alors que nerveusement ses doigts jouaient avec le chapelet entre ses mains, les perles émettant un cliquetis répétitif et agaçant. L'internée soupira doucement, redressant le buste, laissant sa voix mielleuse et glaciale résonna dans la pièce.

« Soeur Marie-Magdalena... »

La nonne en question remua sur sa chaise, offrant un nouveau sourire plein de joie et de compassion avant de s'écrier.

« Vous vous souvenez de moi, c'est fabuleux! »

« Je ne suis pas encore sénile, ma sœur. »

Lâcha Jezebel froidement, arrachant le peu de bonne volonté qui restait à la petite nonne devant elle. Celle-ci pinça les lèvres, baissant les yeux et croisa les mains sur la table. Elles avaient fait leurs vœux ensemble, avait passé la majorité de leur vie ensemble... Avait-elle vraiment cru que Jezebel l'avait oublié ? Lentement, la religieuse sortit une lettre qu'elle déposa sur la table avant de murmurer, gêné.

« Ceci... a été envoyé à l'archidiocèse de Gotham... C'est une lettre du Vatican vous concernant, soeur Marie-Elisabeth... »
« Ne m'appelez pas comme cela, je ne suis plus des vôtres. Qu'est-ce que le Vatican me veut ? »  
« Il... a été porté à leur attention... L'histoire vous concernant. »
« Laquelle ? Celle avant ou après que l'ont m’ait balancé par une fenêtre ? »

Siffla durement Jezebel avant de croiser les bras sur sa poitrine, toisant durement la pauvre nonne qui n'avait pas les épaules pour se confronter à son ancienne consoeur. En silence, elle tendit le bras, faisant glisser la lettre sur la table avant que Jezebel ne s'en empare et ne la déplie pour la lire. Durant un instant, elle resta interdite, perplexe face au contenu de la lettre avant de lever le nez de son papier pour interroger Marie-Magdalena.

« C'est une blague... ? »
« Je ne crains que non... Cette offre est très sérieuse. Le Saint-siège mettra à votre disposition les meilleurs soins et... Couvrira les frais de votre internement ici... Si vous acceptez de reprendre le voile et de rejoindre... Rome dans les plus brefs délais. »
« Ma sœur... Pourquoi est-ce qu'on veut me lier aux prêtres exorcistes... ? »
« Pour... Votre... surprenante capacité avec lequel vous êtes venu au monde.»
« Vous êtes en train de me dire que le Vatican croit à ces conneries ? Je n'ai pas de don, c'est clair ? Je suis malade et les médecins d'Arkham vont faire leur possible pour me venir en aide. »
« Vous devriez tout de même réfléchir à... »
« Le sujet est clos. »

Déchirant la lettre, Jezebel jeta ses débris sur la table avant de se lever. Plus austère que jamais, l'ancienne religieuse observa un instant sa consœur avec mépris avant de murmurer.

« Vous vous souvenez de la façon dont elle m'a traité... ? »
« Malheureusement, oui... »
« Vous vous souvenez la raison... ? »
« Oui... »
« Alors dites-moi, ma sœur... Quel est donc votre point de vue sur le sujet... Vous aussi vous croyez que j'ai un don... ? »
« Je crois que... Notre seigneur... À un plan pour chacun d'entre nous et... »

La main de Jezebel s’abattit avec force sur la table, la faisant trembler sous le choc et arrachant un sursaut de panique à la religieuse qui porta sur elle un regard inquiet.

« Dieu... N'a pas de plan. Dieu... A laissé cette ignoble pouffiasse me jeter à travers un vitrail... Dieu est un connard chimérique qui n'existe que pour ceux qui se cherchent une conscience. »

Lentement, Jezebel s'empara de sa feuille de dessin, contournant la table avant d'afficher un regard sournois puis déposa sa création sous le nez de la nonne. Le regard de Marie-Madgalena s’agrandit de surprise et de dégoût mêlé alors qu'elle sous ses yeux, le Christ était dessiné, crucifié sur une croix dont les quatre branches étaient constituées de phallus en érection. Le blasphème était au paroxysme alors que Jezebel se pencha lentement vers la nonne qui ne détachait pas son regard du dessin, horrifié par l'outrage que lui faisait la sombre malade. Dans un chuchotement puant de cynisme, Jezebel murmura contre son oreille, le ton de sa voix plus mielleux que jamais.

« Vous ne vous êtes jamais dit qu'elle pouvait avoir raison... ? Que le Diable est bel et bien en moi... »

Alors que la pauvre nonne sans défense pivotait le visage, abasourdit d'entendre de telle parole, Jezebel saisit brutalement son visage, pressant sa mâchoire de ses doigts et plaquèrent ses lèvres sur les siennes dans un baiser fougueux et langoureux, de la sauvagerie sans pareil. La pauvre Marie-Madgalena gémit de peur, de dégoût et se leva de sa chaise en repoussant Jezebel qui lâcha un rire amer en se redressa, mordant sa lèvre.

« Séductrice ! Corruptrice ! Catin du diable ! »


S'écria la nonne effrayée et mécontente avant de saisir son chapelet avant de quitter la pièce en trombe. Le sourire de Jezebel s’effaça, mettant fin à son cinéma machiavélique et s'empara à nouveau de son dessin et quitta la salle des visites à son tour. Longeant le couloir, la jeune femme baissa les yeux sur son dessin, l'observant un instant tout en marchant. Son manque d'attention lui coûta cher quand son buste heurta celui d'un autre individu croisé au détour de ce couloir. Sursautant, Jezebel avec hargne.

« Hey, regarde où tu vas ! »







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