Un petit vote toutes les deux heures !

(Babs) Pose ton gun, bad boy


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Message envoyé le : Dim 22 Mai - 21:57

Jason Todd
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Pose ton gun, bad boy
 mai, 2016.
J'aurais aimé me sentir réellement coupable de prendre l'appartement de Barbara alors qu'elle n'y était pas. J'aurais aimé me sentir mal de profiter de sa convalescence pour lui piquer son appartement, mais je ne m'en voulais pas. Pas vraiment. Je n'avais plus de maison et j'empruntais un lieu qui m'était, je crois, familier. Barbara, c'était la famille, je revenais dans la famille, alors où était le mal ?
Je lui prenais son appartement sans son approbation, certes. Elle ne serait surement jamais au courant de ma petite intrusion, mais où était le mal ! Je replierais la serviette, je viderais le frigo et je changerais les draps s'il fallait. Alors oui, je risquais de déposer mon odeur à quelques endroits et je ne doutais pas que Batgirl remarque que quelques choses avaient changé, mais d'ici qu'elle fasse le rapprochement entre l'odeur de mes cheveux sur l'oreiller et ma petite personne, je serais déjà loin. Alors non, je n'avais pas besoin de me sentir coupable. C'était innocent de ma part et nécessaire.
Comme on dit, pas vu, pas prit. Dicton indigne d'un Robin ? Je n'en étais plus un, alors qu'ils aillent se faire foutre.

Je ne savais pas ce qu'avait Barbara. Des os pétés, c'était le plus probable. Surement pas quelques choses de si grave, non ? Je veux dire, pour la Batfamily, il n'y avait jamais rien de si grave. Ou trouvait toujours plus fort et plus hargneux. Une fracture ou une ligature en miette, qu'est-ce que c'était, pour nous ? Pour Batman, même la mort d'un de ses gamins n'avait pas l'air si grave, alors Barbara, ça devait être de la rigolade.
C'était surement odieux de penser ça, mais la rancœur que j'avais envers la Batfamily m'empêchait d'éprouver de la sympathique. Alors que Barbara n'était pas fautive. Je m'excuserais en tant voulu. Ou je laisserais une carte postale, ça ferait l'affaire.

Ca faisait à peine plus de quelques semaines que j'étais sorti d'Arkham. Sorti… Enfuis était plus approprié, mais je n'avais à rendre de compte à personne. J'avais vite eu vent de l'état de Gordon. Ca se savait facilement, dès qu'on savait où fourrer son nez. Je ne me voyais pas rester dehors ou tenir compagnie à Nygma. Lui et moi, on avait fait notre deal et ça s'arrêtait là.
Il me fallait un nouvel endroit et instantanément, j'avais pensé à Barbara.
Je me souvenais avoir été chez elle quand je n'en pouvais plus de Bruce, de Dick, de tout. J'avais déjà posé ma sale humeur d'adolescent sur son canapé et elle me laissait faire sans se plaindre. Au début, si, elle se plaignait comme une frangine trop collante. Je ne me laissais pas faire, mais ça finissait par se tasser. Elle ne me passait pas mes caprices, mais elle me foutait un peu la paix. Et c'est ce dont j'avais besoin. Alors l'idée de retrouver ce canapé qui m'avait déjà accueilli me paraissait bien naturel. Retrouver l'endroit où j'avais trouvé le calme, quelques années avant.

Maintenant, je passais la plupart de mon temps soit planqué chez Barbara ou à chercher des alliés. Journée grandement occupée à la cavale et à la discrétion. Épuisant, bien plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Je regrettais mon adolescence nerveuse où mes journées  se résumaient à étudier et mes nuits à me battre. Et parfois l'inverse.

La nuit tombé, je retournais chez Barbara. A travers les toits, les balcons, avec pour seul compagnie le hurlement des sirènes de polices et un ciel sans nuit. Dans cet appartement vide. Je crochetais la fenêtre, comme si j'avais fais ça toute ma vie. Je balançais ma veste et mon casque sur le canapé, retirait mes bottes sans délicatesse et trainait la patte jusqu'à sa chambre.

Et ce soir, c'était identique. Je crochetais cette même fenêtre sans même regarder où je posais mes doigts, jetait mes affaires sur le canapé qui prenait petit à petit mes plaies et regagnait la chambre de cette presque sœur absente.

J'étais trop épuisé pour taper dans le frigo, me servir du lait comme si je faisais ma croissance et éventrer d'éventuelles paquets de gâteaux dans lesquelles Dick aurait déjà tapé. J'étais éreinté, esquinté jusqu'à la moelle. Je sentais la boucane et mon dos collait, mais la force de me mettre sous l'eau n'était plus avec moi. Alors, en baillant, je rejoins le lit de Barbara en m'effondrant dedans. Le matelas rebondit et mon bras heurte quelque chose.

Ok. Arrête de faire le con, Todd ! Tu le choppes avant qu'il te choppe !

   

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Message envoyé le : Sam 28 Mai - 7:53

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Une chose était sûre, c’était putain de pas facile de se rhabituer à son appart. Pourtant ça faisait quasiment sept ans que j’y vivais, après la fin de ma licence. Je me rappelle encore avoir scruté les annonces dans le Daily Gotham, entourant celles qui avaient l’air intéressantes avec un stylo rouge, avant de les tendre à maman qui les parcourait en fronçant les sourcils, et en barrant celles qui étaient éliminées, avec son petit commentaire.
«  Barbara, hors de question que tu ailles dans ce quartier, c’est un coupe gorge. » ou « Je vois de quel immeuble ils parlent, c’est juste au-dessus d’un restaurant chinois. Ca te dirait de vivre dans des odeurs de graillon ? »
Et enfin le saint Graal. Un petit trois pièces sympa que je pouvais me payer avec le salaire d’assistante que je recevais pour bosser à la bibliothèque de la fac pendant ma thèse. En plus de mes frais d’admission dont j’étais dispensée. Je me prenais pour la reine du monde alors que j’avais repeint les murs, aidée par Dick qui me tournait déjà autour sans qu’il se passe quoi que ce soit pour l’instant. On m’avait livré les meubles quelques jours plus tard et une fois les cartons déballés sur fond de rock que crachaient ma vieille chaine hifi, je m’étais écroulée sur le canapé, une bière en main, et j’avais l’impression d’être enfin devenue une grande personne. Même si théoriquement ça faisait au moins cinq ans que j’occupais mes nuits à me battre contre le crime avec Batman.

Mais là… là tout est différent. Maintenant je suis clouée dans un fauteuil et c’est dingue comme les choses peuvent changer vues d’en bas. Les placards, les tableaux, les étagères, tout ça m'apparait différemment maintenant que je ne vis plus à un mètre soixante quinze mais à un mètre. Assise en permanence. Je suis rentrée depuis hier et à peine papa m'avait laissée seule que j'avais réussi ma première connerie : me retrouver vautrée sur le tapis, sans pouvoir me relever, et totalement seule. C'est là qu'il est arrivé. Dick en mode prince charmant, qui est entré en passant par la fenêtre comme d'habitude, et qui faisait encore comme s'il était chez lui et que tout allait encore bien. Qu'on était encore à l'époque où on était un couple parfait à notre manière. L'époque où quasiment toutes les nuits après qu'il ait décidé de prendre son envol de la Batcave et moi aussi, il dormait chez moi, et que le matin on prenait notre petit déjeuner ensemble avant que j'aille bosser, nous racontant nos prouesses de la veille et faisant le débriefing. Ouais... une vie normale, pour nous.

Alors que là... là j'ai juste envie de chialer en voyant à quel point le fait d'attraper le moindre bouquin sur l'étagère va être compliqué. Comme Rien que de prendre mon pull dans l'armoire va être dur. Comme... comme tout me semble un foutu défi. Tout pose problème, et pas une seule seconde je pouvais m'imagine que c'était si dur. Enfin avant que je me retrouve moi-aussi coincée dans un fauteuil. Un Everest. Un Himalaya pour un paquet de céréales. Je pouvais sauter d'immeuble en immeuble, je conduisais ma moto comme si l'enfer était à mes trousses et je regardais la mort en face avant d'éclater de rire et de faire un salto arrière sur une corniche, alors que là... là je me suis fait foutre à terre par un tapis, qui en plus est même pas un tapis persan, mais un foutu tapis IKEA synthétique...

Là Dick est parti et je sens qu'une partie de moi est morte avec lui. Qu'il l'a glissée dans sa combinaison comme les quelques cookies qu'il piquait en douce avant de partir en mission et qu'il planquait sur lui pour un petit creux, sagement emballés dans un sachet congélation. Je pensais pas que le revoir serait si dur, vraiment pas. Et le rayer de ma vie encore plus. Ca m'a tuée de lire tout l'amour qu'il a encore pour moi dans ses yeux, et de me dire que d'ici peu de temps il y serait plus. Il aurait disparu, il se serait évanoui, évaporé, à force de devoir se trainer un pantin cassé comme moi. Un truc inutile. Parce que personne ne supporterait de conduire un vélo alors qu'avant il était au volant d'une Ferrari. Vu mon état, ça pourra jamais marcher. Jamais. Maintenant je vais me contenter de survivre, sans lui en plus. Il faut juste que je trouve comment, et ça, c'est pas gagné....

Je dors à peine la nuit qui a suivi, et le lendemain je me traine, je range un peu, enfin j'essaie, je bouquine sans grande conviction et surtout, j'essaie de me rhabituer à ce chez moi qui l'est plus vraiment. Enfin différent. Bref. Je me traine d'un point à un autre et le soir je me hisse dans mon lit comme on me l'a appris au centre de rééducation. Je tourne et me retourne avant de finalement réussir à m'endormir. Enfin c'est ce que je suppose vu que sans rien comprendre je sursaute en sentant quelque chose heurter mon bras. Putain de... Ca doit être le chat. Je suis sur le point de me laisser retomber dans les draps avant de me rappeler que j'ai pas de foutu chat! Alors... qui est là? Je donne un coup de coude sec et tente de repousser mon assaillant. On se bat dans le noir pendant quelques secondes, et finalement je me retrouve à tomber sur le sol. Ma tête cogne la moquette alors que je suis sur le dos.

Putain de merde!

Mon coeur tambourine de plus en plus fort et je tatonne pour trouver le couteau de chasse que j'ai sous mon lit. Je le serre à m'en blanchir les jointures alors que j'avance la main vers l'interrupteur de ma lampe de chevet, prête à défendre chèrement ma peau.

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Message envoyé le : Lun 30 Mai - 13:14

Jason Todd
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 mai, 2016.
C'était supposé être paisible, le repos du guerrier. La fin d'une nuit de chasse où je pourrais enfin me regarder les orteils sans craindre pour la survie de ma nuque. Je dormirais du sommeil du juste, d'une traite. Un sommeil sans rêve, lourd et chaud, mais salvateur. Une nuit que j'attendais depuis longtemps, comme une aubaine. Ca faisait partie des plaisirs que j'avais déjà connus, en étant Robin. Le bonheur de retrouver son lit et de pouvoir s'endormir, sereinement, épuisé et courbaturé.

Mais ce soir, c'était une autre paire de manches. Je ne m'endormirais pas comme une masse en ronflant la gueule ouverte comme un molosse. Pire, même, j'allais me faire frapper, alors que j'avais déjà cavalé toute une nuit à m'en crever les poumons. Gotham ne me laissait jamais fermer un œil et la petite personne dans mon lit non plus !

Dans mon lit ? Oui, il était là le problème premier. Ce n'était pas mon lit et il n'était pas supposé être occupé. Alors qui était-ce ? Dick, peut-être ? Auquel cas, je lui démolirais les dents. Ca lui apprendra à avoir un sourire de mannequin. Il avait les dents parfaites et à la taille de rêve, où il pouvait se pavaner pour aguicher la minette et moi, j'avais les dents trop blanches, les incisives et les canines à peine plus longues, mais qui me donnaient un air enfantin et sauvage. Connard de Grayson avec sa génétique de poupée en plastique.
Mais l'heure n'était pas à la dentition de mon frère d'adoption mais à l'intrus dans le lit que j'avais moins même réquisitionné. Premier arrivé, premier servi mon gars ! Maintenant, on va causer !
Le coup de coude tente de me pousser hors du lit. L'animal est agile, mais il tombe le premier dans un fracas lourd. Nous sommes chacun d'un côté du lit. Quand on est sage avec moi, je peux faire semblant d'avoir mal, mais là, j'ai juste envie de lui dire bien fait.

"Putain de merde!" Il me dit un truc ce putain. Le merde m'est familier aussi. C'est possible que… ?
Non…
Je bondis contre le matelas, attrape avant elle l'interrupteur de regarde la tignasse rousse, face contre terre, et dont l'éclat de la lame de son couteau me menace joliment.

" Tu vas quand même pas me découper la joue, Babs… "

Je n'avais rien de plus joli à dire. Je n'allais pas l'engueuler pour m'avoir frappé, bien que j'aurais pu avoir l'audace et l'insolence de le faire. Rien de plus intelligent à dire à une nana qui m'avait vu grandir et qui devait penser que j'étais mort. Alors je restais, allongé sur son lit, les cheveux en bataille, à l'observer par dessus mes cils de biche. J'aurais du dire " Salut, tu m'as manqué et je vais bien. Je crois. " sauf que rien ne vient, je ne parviens pas à sourire, à la ramasser par terre. Rien, je suis là, comme un grand con, à observer sa petite mine de rouquine fatiguée.
Je comprends pourquoi Dick en pince pour elle.

   

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Message envoyé le : Lun 30 Mai - 20:52

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Et si j'y arrive pas? Et si j'arrive pas à m'en remettre? Si j'arrive pas à me remettre sur pied? J'ai envie de rire et de pleurer tellement l'ironie est tragique. Putain. Tout, même ce que je pense me rappelle que tout sera différent, et rien, putain de rien sera plus jamais pareil. Qu'est-ce que je pensais. Qu'est-ce que j'imaginais, hein? Qu'après le Joker et ses tortures de malade, après qu'il ait promené son scalpel amoureusement sur ma peau blanche, m'avoir coupé des nerfs et des tendons, en plus de la balle qu'il avait collée dans ma colonne, je pouvais m'en sortir? Qu'après m'avoir fait d'autres taches de rousseur avec mon sang et enfoncé ses doigts dans l'impact de la balle avec son rire qui résonne encore parfois à mes oreilles, tout allait être réglé avec trois points de suture, un beau pansement avec des étoiles et une sucette? Ben ouais. Ouais j'y ai cru. Connement. Bêtement. Alors depuis le temps que je m'entraînais avec Bruce et que je patrouillais je e suis déjà bien amochée. Entorses, foulures, fractures, estafilades, coups de couteau, balles, bleus et coupures... mais à chaque fois j'ai pu y retourner. A chaque fois j'ai pu remonter en selle, comme on dit. A chaque fois j'ai pu y retourner, et tout ça m'avait fait croire que j'étais immortelle. Indestructible. Que finalement, c'était juste comme un pc qui plante et qu'on devait redémarrer. Alors que là... là c'est le processeur qui a claqué et ça va être compliqué pour la suite.

J'arrête pas de penser et repenser à ça, comme une vieille boue noire et collante qui macère au fond de mes tripes, avant de finalement m'endormir, mon esprit en ayant sûrement marre de tourner en mode "replay pensées de merde", vu que mon corps, lui, l'est pas du tout. Et c'est là que ça arrive. Un poids dans mon lit.Non mais c'est pas vrai! Si c'est un cambrioleur, qu'est-ce qu'il fout sur mon lit? Il tente de me voler mes taies d'oreiller IKEA? La vache il doit être sacrément con pour qu'après deux mois d'appartement totalement vide, il s'y attaque alors que ça fait deux jours que je suis revenue. Mes vieux réflexes se réveillent, heureusement, et je lui donne un coup de coude pour le faire dégager mais je me retrouve connement, trop connement sur la moquette. Et là je me dis que c'est peut-être pas un cambrioleur. Justement. Que c'est un foutu pervers qui a vu depuis deux jours une fille en fauteuil se trainer d'un bout à l'autre de cet appart et qu'il s'est dit qu'on lui servait une victime sur un plateau. Bordel.

Après tout ce qui m'est arrivé, ça peut pas s'ajouter au tableau non. Non non hors de question. Bordel. Pas ça. Pas ça. J'attrape mon couteau, mais quelqu'un me devance pour allumer la lumière. Pas vraiment dans les habitudes d'un violeur en série. Et là... quelqu'un qui se penche. Quelqu'un qui me regarde. Et là mon coeur s'arrête. Non. Non c'est...c'est pas possible. Pas possible. Depuis dix ans j'avais combattu toutes sortes de trucs, des tarés, des monstres, des créatures qui étaient à moitié humaines et animales, et ça passait. Mon cerveau arrivait à le comprendre et l'intégrer. Là... là c'est impossible. Il est mort. Il est mort. Jason. Il peut pas être là. Il peut pas être là. Il est... il est...mort. Depuis des mois! Et je réagis enfin quand j'entends sa voix. Là encore... là encore c'est lui. Son timbre. Son intonation. Sa façon de m'appeler Babs. Il... putain mais comment? Ma main libre se pose sur ma bouche alors que je retiens mes épaules d'être agitées de sanglots. Non. Non tu arrêtes.

Ca peut pas être lui. Il est mort. Il est mort, c'est un fait, c'est écrit, et Bruce était là. Il est mort. Donc il ne peut pas être là. C'est pas possible. Pas possible Babs. Arrête. Tu sais pas ce qu'il est, mais c'est pas Jason. C'est pas ton frangin que t'as tanné de coups de pieds et de tacles pour qu'il apprenne. Pas le Jason avec qui, quand il s'engueulait avec Bruce, il venait crécher sur le canapé, et on regardait des films tous les trois, avec Dick. Non... c'est pas ce Jason. C'est pas mon Jason. Le souffle de plus en plus court je recule pour me retrouver le dos contre le mur, trainant mes jambes mortes mais pointant toujours le couteau vers lui.

Qui es-tu? Je vais te faire payer cher le fait d'avoir utilisé son souvenir espèce d'enflure. Je te préviens.

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Message envoyé le : Lun 30 Mai - 21:44

Jason Todd
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 mai, 2016.
Je comprends Babs. Je la comprends parfaitement ta réaction. C'est normal… J'aurais eu la même, à l'inverse. Comment tu veux croire que je suis encore vivant, hein ? Alors que je me suis faits massacré, détruire. Mes sourcils s'inclinent douloureusement, quand ta main se portent sur tes lèvres. S'il te plait, Babs, pleure pas. C'est pas à moi de sécher tes larmes. Alors… Chiale pas, Batgirl.

Sans siller, toujours allongé sur le matelas qui prend le pli de mon corps, je la regarde avec le même calme, alors qu'elle se hisse contre le mur, en me menaçant de son couteau de chasse. Sa réaction est étrange, pour une combattante de Batman, mais je mets ça sur le coup du choc. La lame brille toujours, menaçant ma petite personne. Je ne doute pas que tu saurais me le caler entre les yeux Barbara. Tu as déjà manqué de me casser les chevilles un nombre incalculable de fois, tu m'as aidé à perdre mes dernières dents de lait et pourtant, tu finissais par me préparer du chocolat chaud. Et j'insistais pour avoir des marshmallows en plus.
Je n'ai pas envie de me battre avec toi. Je ne suis plus un Robin à l'entrainement et si tu veux que je parte, je foutrais le camp, mais elle ne me demande pas de partir. Elle cherche à comprendre, je crois.

Qui je suis … ?

Je déglutis, en détournant les yeux, perdu avec moi-même. Pendant mon enfermement à Arkham, la question me revenait souvent et je savais comment y répondre. Je suis Jason Todd. Je suis le fils adoptif de Bruce Wayne et il m'a laissé mourir. J'ai dû me répéter la question si souvent que je finissais pas douter de ma propre identité et de mon existence. Est-ce que j'étais bien mort… ? mais elle parlait de moi comme un souvenir et, malgré la douleur que provoquait mon passé, elle me rassurait. Un éclat de vie brillait sur mes yeux de poupée alors qu'avec un simple mot, elle m'annonçait que je n'avais jamais été fou. J'étais un souvenir, donc… J'étais mort, n'est-ce pas ?
Je ne pouvais cependant pas lui livrer mon discours habituel. Je devais la convaincre, mais comment ? Après une moue sceptique, j'ouvre la bouche, pour reprendre à voix basse, sur le ton de la confidence et pour essayer de la calmer.

" Jay, Batgirl. " Je me dis que c'est peut-être le moment d'aborder le sujet, de lui montrer que je suis dans le secret. C'est dangereux, audacieux, mais ça me ressemble. Je n'ai pas peur des dangers. Alors je continue, la voix encore plus douce, un presque sourire dans la voix. " Batgirl qui en a voulu à Bruce pour m'avoir prit si jeune comme Robin. Batgirl qui a repoussé Nightwing pendant des années. Le petit Jay qui a prit trois têtes de haut et qui te regardait avec des étoiles dans les yeux. Il… " Je me mords les lèvres, en m'avançant un peu plus au bord du matelas, en prenant garde aux mouvements de ses mains. " Il faut que tu me crois, Babs… Je n'ai pas d'explication… Je suis même pas sûre de… d'être vraiment… "

Je n'avais pas fait le deuil de ma propre mort. Personne ne me croyait, je n'avais aucune séquelles, pas de marques et rien pour le prouver sinon mon souvenir, mais elle l'avait dit elle même. J'étais un souvenir. Je murmure de plus belle son prénom, comme une supplique longue que je n'arrivais pas à formuler " Barbara…"

Le sentimentalisme avait parfois des effets positifs, même si évoquer mon ancienne vie me serrait le cœur au point de vouloir vomir. Je n'avais peut-être pas eu une si bonne idée, de parler de ça… Je détourne la tête, comme si la regarder devenait trop douloureux et, du coin de l'œil, je vois des roues. Je plisse les yeux, intrigué. Des roues, puis un fauteuil. Je n'avais pas buté dedans, en entrant… Je me plaisais à croire que je l'avais esquivé par habitude et que les entrainements de Bruce avaient du bon. Mais ce fauteuil, qu'est-ce qu'il fichait là ? Je me surprends à le regarder longuement. Un peu trop longtemps au point d'en être imprudent. J'en avais oublié le couteau de chasse, les menaces de Barbara… qu'est-ce qu'il fichait là, ce putain de fauteuil ?

   

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Message envoyé le : Mer 1 Juin - 19:39

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Barbara Gordon a écrit:

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Ok alors là... là on est passés du cauchemar à l'apocalypse. Vraiment. Pendant quelques horribles secondes j'avais simplement pensé que c'était un foutu cambrioleur qui tentait de piquer les trucs de valeur que je peux avoir dans cet appart, ou encore un pervers. Dans les deux cas je sais. Dans les deux cas j'en ai arrêté un paquet. Des sales types qui braquaient des banques ou se glissaient dans des maisons. Des malades qui essayaient de se serrer une fille dans un parking ou dans une ruelle sombre. Je les ai fait cracher leurs dents ou cassé les bras. Je leur ai salement calmé leurs envie de piquer des trucs en mettant la vie d'autres en danger, mais surtout, leur faire passer leurs pulsions à grands coups de pied de bottes bien lourdes dans les couilles. Pour leur montrer que toutes les nanas n'étaient pas des créatures faibles et fragiles dont ils pouvaient se servir comme ils voulaient pour se vider et passer leur frustration. Là ils se retrouvaient face à une nana qui pouvait les coller au tapis d'une main, et surtout, qui avait pas peur d'eux. Quoi qu'il fassent, peu importe leur gabarit, s'ils étaient armés ou non, je savais que je pouvais les coller au tapis. Enfin ça, c'était avant.

Maintenant, alors que je suis sur le sol, avec ses poids morts sous ma ceinture, je comprends ce que c'est que d'être vulnérable, d'avoir peur et de pas savoir quoi faire. Et une seconde plus tard, le monde a basculé. Les pervers, les voleurs je sais, je connais. Mais là... je suis pas prête pour les fantômes. Je suis pas prête pour je ne sais quel coup tordu qu'on est en train de me faire. Parce que ça peut pas être Jason. Ca peut pas l'être. Bruce m'a raconté qu'il l'a vu tomber. Qu'il l'a vu mourir. Il était là. Il était là pour tout alors... alors non,c'est pas possible. Comment... comment il peut être là? Qui, qui pourrait faire ça, monter un plan pareil? Sur moi? Et maintenant? Encore, avant mon accident, j'aurais encore pu comprendre, mais là, pourquoi m'envoyer une copie de Jason alors que j'ai raccroché la cape et que je ne sers plus à rien? Quel est l'intérêt de me coller un type qui est le sosie de Jason vu mon état? Si on cherchait à m'atteindre pour toucher Bruce, c'est vraiment pas la bonne méthode. Qui? Qui ça pourrait être? Qui ils ont récupéré pour ressembler à ce point à Jason? Pour qu'il soit à ce point pareil? Clayface? Un coup de Hugo Strange? Mais pourquoi? Pourquoi?

Sauf qu'il ouvre la bouche. Il me parle et à la seconde où j'entends sa façon de prononcer "Batgirl", je sais que c'est lui. C'est trop exactement lui. Sa voix. Sa façon de le faire rouler sous sa langue, mi sérieux et mi amusé. C'est lui. Trop foutrement lui. Il continue, il continue en me disant exactement ce que je pense, ce qui me trotte dans la tête depuis des années, dès que Bruce l'a ramené un soir. Mes épaules commencent à être agitées de sanglots, et quand il finit en disant simplement mon prénom, mon couteau retombe sur le sol dans un bruit sourd. C'est lui. C'est mon Jason. Mon petit Jason, le gamin qu'il nous a ramenés un soir, alors que Dick et moi on se considérait déjà comme des grands, comme de vrais justiciers. Alors lui... et pourtant après un temps d'adaptation, en voyant que le gamin lâchait rien, comme pour Dick, je l'ai aidé. Je l'ai pris sous mon aile, et je suis devenue Barbara la grande soeur, qui voulait préparer le mieux possible ce petit gosse au monde dans lequel Bruce voulait le balancer. Notre petit Jason prometteur. Notre petit frère, à Dick et à moi. Celui qu'on protégeait contre Bruce, celui qui venait chez nous quand ça allait pas au manoir. Notre Jason. Notre petit Jason.

Là ma méfiance s'envole. Il est là. Il est vraiment là alors que je l'ai pleuré pendant des semaines, et que j'ai toujours une boule dans la gorge à chaque fois que quelque chose me le rappelait. Il est là. C'est mon Jason. Il est revenu. Mon petit frère. Je sais pas comment, mais là tout ce qui compte c'est juste qu'on me le rende. Qu'il soit là, de retour. Qu'il soit revenu. Je sanglote de plus belle, des larmes roulant sur mes joues creusées, et par réflexe je veux me lever pour aller le prendre dans mes bras, sauf que je me rappelle. Je me rappelle que plus jamais je pourrai me tenir debout, ni de prendre quelqu'un dans mes bras face à face. Alors, dans un geste pathétique je tends les bras vers lui.

Jason...putain de merde...je...t'es là. T'es là... Je...

Je renifle, essuyant mes yeux du revers de la main. Et je suis son regard qui va jusqu'au fauteuil avant de revenir sur moi.

Faut que tu m'aides. Je peux pas... je peux plus me lever Jason...

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Message envoyé le : Lun 20 Juin - 16:47

Jason Todd
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 mai, 2016.
Tu sais Babs, je voulais pas te faire vivre ça. Je voulais pas t'imposer ma présence, ni un souvenir aussi dingue que faux. J'aime pas faire mal, tu sais. Tu le sais, n'est-ce pas ? Je suis pas réellement une sale bête et dans tes yeux, j'avais l'impression de le voir. Tu ne me voyais pas comme un raté ou sale plaie à vif. J'étais pas juste un morveux qu'on a sorti du caniveau pour en faire une arme.
Alors, je sais que j'ai jamais été bon en démonstration d'affection, que je suis plus un roquet qu'un bon chien. Je sais que je grogne et que je tente de mordre alors qu'on veut me faire une caresse. Je sais que là, alors que t'es par terre, entrain de trembler comme une fillette, je devrais te prendre dans mes bras. Je devrais te rassurer.

Mais je fais tout de travers.

Je suis pas Dick, Babs. Je suis désolé. Je serais jamais le bon gars qui sèche tes larmes en te promettant que tout ira mieux. Je suis qu'un sale mouton noir, celui qui préfère disparaître pour ne pas avoir à montrer ce qu'il a sur le cœur. Tu pleures et le seul truc que je sais faire, c'est te regarder fondre pour moi. Je ne mérite rien de tes souffrances, puisque je suis incapable de t'apaiser.
J'aurais pas du être là, Barbara. J'aurais pas du revenir te hanter ou t'imposer ma présence.

Je te mérite pas.

La famille m'a jeté. Je n'ai plus rien à y faire. Je ne te demanderai jamais de me reprendre près de toi. Je ne quémanderais pas ton attention. Je ne veux plus faire partie de la famille, elle m'a mené à ma perte, une fois. Et elle vous mènera à votre perte, Babs, tu dois…

Tu dois…

" Je peux plus me lever Jason… "

Je te fixe, assise au sol. J'ai l'impression de ne plus rien entendre, d'être dans un monde factice où on essaye de me détruire. Je te vois, les bras tendus vers moi, tes larmes, ton corps au sol. Je me souviens comme Batgirl se tenait debout, prête à tout pour défendre sa carcasse qui paraissait fragile. Et je te vois, Babs. Cloué au sol, je vois le poids de la famille et de la vie. Je n'ai pas besoin de regarder en arrière pour me souvenir du fauteuil à côté du lit.

Ton fauteuil.

Un hoquet m'étrangle la gorge et je comprends. Je comprends que la famille perd ses oisillons, un à un. Moi, puis toi… Qui sera le prochain, Dick ? Je me jette du lit, comme si j'en avais été expulsé et te ramasse au sol. Toi, ma Babs. Ma Batgirl que rien n'arrêtait. Celle capable de me mettre une rouste, de faire trembler Gotham et même les robins. Mes bras enserre ton corps, et je te sers. Je dois être semblable à un oiseau de proie. Je referme mes ailes autour de toi, mais dans le but de te chasser.

Je dois te protéger.

Je ressemble à Bruce, parfois. J'en ai mal, mais c'est ses manières. Refermer ses ailes comme un étau. Nous imposer sa présence, sans pour autant pour protéger, mais je sais que… je sais que c'est sa faute. Je tremble, contre toi, mais je ne laisse pas mes hoquets me trahir. Je pleure, en silence, je laisse les larmes rouler contre ton épaule, mais je me tais. Je ne veux plus pleurer pour lui, alors je pleurerais pour toi.

Je te soulève, contre moi. Je me laisse retomber contre le bord du lit, sans te lâcher, parce que je n'ai pas d'autre choix. Je suis désolé, si je te fais mal, Babs, mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas te laisser à l'abandon comme je l'ai été. Alors, même si je n'ai pas les bons mots, je te montre que je suis là. Pas en tant que petit frère, pas ent tant que membres de la famille, mais en tant que Jason. Je suis là.

Je reste, longtemps, en silence, à laisser les larmes inonder mes joues, mais je ne relève pas la tête. Je le refuse, je suis prostré, contre toi, comme un animal affaibli.
Seulement lorsque mes larmes s'arrêtent, que je n'en veux plus au monde de m'imposer une vie pareil, je me risque à demander, la voix éraillée.

" C'est lui, n'est-ce pas… Qui t'a fait ça ? Et Bruce… "

Je serre ma main sur ton haut. J'ai envie de le détruire, lui et tout ce qu'il a construit. De voir en feu ce pourquoi nous sommes entrain de mourir. Je veux lui faire gouter à la souffrance à l'abandon, mais… Rien ne pourrait lui montrer ce que j'ai ressenti. Je me force, à oublier mes propres souffrances. Ce serait trop égoiste, alors que toi… Tu es détruite. Plus que moi. Je me suis remis d'une mort, mais toi… Tu n'as qu'une vie brisée alors que j'en ai eu deux.

" Pourquoi est-ce qu'il faut toujours qu'on souffre, Babs… ?"

   

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(Babs) Pose ton gun, bad boy
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