Un petit vote toutes les deux heures !

Peut-on laver ses peurs avec de la javel? TERMINE


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Message envoyé le : Mer 11 Mai - 18:16

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
J'avance, accompagné à mon côté d'un gardien aux épaules larges et à l'air sévère. Je rase le mur, mettant le peu de distance autorisé entre lui et moi. Je ne le connais pas bien, celui-ci, je ne l'ai vu qu'une fois me semble-t-il. Il ne s'est pas montré agressif en venant à ma cellule, mais pourtant, j'ai peur. Peur qu'il me touche. Peur qu'il me force à quelque chose. Mon regard ne cesse de faire des aller-retours entre lui et mes pieds. Lui me regarde à peine. J'essaye de me rassurer, de me répéter qu'il est là uniquement pour ma sécurité et celle des autres détenus, qu'il ne me fera rien. Mais je n'y peux rien. C'est trop frais. Ce qu'Il m'a fait est trop frais. Cet homme aux cheveux châtains, à la voix aussi moqueuse qu'oppressante. Le simple fait d'y penser m'arrache un frisson.

"On y est. Je repasse te chercher dans une heure. Tu feras sécher dans ta cellule. Interdiction de sortir de la salle, compris?"

Je hoche la tête, et pousse la porte un peu sale et très usée au dessus de laquelle repose le mot "laverie". Une fois seule à l'intérieur, je soupire longuement. Tout va bien. Il ne m'a rien fait. Tout - va - bien. Ici au moins, je suis tranquille. Je n'ai jamais croisé personne à la laverie, comme j'y vais plus souvent que les autres, j'ai pu m'arranger pour y aller à des horaires jamais utilisés. La pièce est relativement exiguë, surtout avec les deux machines à laver qui se font face, de chaque côté de la pièce. Leurs épais tuyaux s'enfoncent dans le mur du fond, probablement seule arrivée d'eau de la pièce. Je la connais bien cette pièce, j'y vais deux fois par semaine, et trois fois une semaine sur quatre, comme convenu avec les gardiens. La raison de ces passages si fréquents c'est que je suis arrivée ici sans tenue de rechange, comme j'ignorais où j'allais et que personne ne m'a rendu visite à l'hôpital. Du coup, je n'ai que la tenue avec laquelle je suis arrivée à l'asile - un haut à manches mi-longues et amples au col en V de couleur bleu pâle et une jupe longue et droite de la même couleur - et ma combinaison orange fournie par l'asile. Je dois donc laver régulièrement ma tenue pour respecter un minimum les règles d'hygiène de base, surtout maintenant que je jardine.

Comme d'habitude, j'ouvre la machine de gauche, y dépose ma tenue orange ainsi que le petit sachet de liquide pour le linge fourni par l'asile, referme la machine et la lance sur un programme qui dure 45 minutes. Comme on me laisse une bonne heure entière dans la laverie, ça me permet de relancer un essorage une dizaine de minutes avant de partir, pour que mes vêtements sèchent plus vite une fois dans la cellule. Une fois la lessive lancée, je vais m'asseoir doucement sur la machine d'en face, et j'attends, seule, "à l'abri". En temps normal, je n'oserai pas m'asseoir sur une machine, ce n'est pas poli. Ma mère ne le tolérerait pas. Mais j'ai fini par prendre cette petite habitude, en prenant tout de même soin de ne pas y taper avec mes chaussures. Je regarde la machine commencer à bouger, je l'écoute vrombir. Au final, le bruit régulier et fort a quelque chose d'apaisant, pour moi qui normalement préfère le calme du jardin. Je souris à demi, me concentrant sur ce bruit pour oublier ce qui me hante depuis une semaine.

Et soudain, des éclats de voix dans le couloir. Des voix d'homme, apparemment. Je me redresse, toujours assise. Les voix se rapprochent, et s'arrêtent devant la laverie. Qui est-ce? Et surtout, vont-ils entrer? La porte s'ouvre avec fracas d'un coup, et j'ai tout juste le temps de bondir par réflexe pour me cacher à côté de "ma" machine, recroquevillée contre le mur et le tuyaux qui le longe, silencieuse. Quelqu'un entre. J'ai l'impression qu'on l'y pousse, mais je ne suis pas bien sûre. D'autres paroles que couvre le bruit de ma machine, trop proche de mon oreille, et la porte se claque. La lumière faible au plafond lance l'ombre de quelqu'un, la personne qu'on a fait entrer ici. Et cette ombre semble aller vers la machine inactive. Je me tasse un peu plus, main sur la bouche comme si j'avais peur qu'un son ne s'en échappe malgré moi. Et je le vois, de dos. C'est un homme. Imposant, quoi que mince, des cheveux noirs en bataille. Un homme. Pourquoi un homme...? Je me mord la lèvre, et prie pour qu'il ne me remarque pas avant que mon gardien soit revenu me récupérer.

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Message envoyé le : Mer 11 Mai - 22:05

Jason Todd
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Une lumière blanche me brule la rétine, pourtant protégée par ma paupière paresseusement close. Drôle de sensation, chaude et profonde, qui dérive vers une demi conscience attirante. Je meurs encore, c'est ça ?

" Non ! "

Dans un cri, je me lève brusquement, mon cœur n'aime pas ça. Il veut des réveils doux et lents. Ma tête heurte violemment les barreaux froids du lit. Je suis toujours à l'asile. Ma tête résonne durement au point que je sens mon cerveau vibré à n'en plus finir, comme s'il s'amusait à se fracasser sur les moindres recoins de mon crâne. Bordel, un réveil tendre, c'est trop demandé ? J'appuie sur ma tête, pensant que je vais peut-être contenir les rebonds de mon cerveau. Ainsi recroquevillé, je me balançais d'avant en arrière jusqu'à ce que le mal se dissipe

" Fais pas ta chochotte, Todd . Je croyais que t'étais un caïd, chérie.
- Appelle moi chérie quand t'embrasseras mes phalanges…"

J'articule difficilement, comme si je sortais d'une nuit passée avec un litre de whiskey et j'aurais préféré, mais la réalité à des aspects dépressifs dont je me passerais. La bouche pâteuse, je chancelle pour me tirer du lit On m'a encore bourré aux calmants. Je sais, j'aurais pas du insulter la mère de Jimmy-Grande-Dent ! Mais il a insinué que je pourrais pas visé juste dans son œil avec une cuillère. Naif ! On joue pas quand on est mauvais perdant.
Moralité, j'étais encore drogué.

" Il est quel heure… ?
- L'heure de laver tes draps, ma mignonne. Mets tes pompes, prends tes draps et suis-moi. "

Alfred. Tu me manques. Je mets de longues minutes à me tirer du lit, encore léthargique. Je grogne, arrache mes draps au matelas trop dur et ma tait à l'oreiller trop moue. Je balance le tout sur mon épaule, enfile mes chaussures à demi et nous voilà parti.

Je crève de faim, mais ça n'a pas l'air d'être au programme. Mes yeux ne s'habitue pas à la lumière aveuglante. La brume dans laquelle je navigue à le mérite de me faire oublier dans quelle espèce d'enfer je suis. Mes draps me suivent, comme une cape faussement gracieuse.

Pour une fois, le gardien est seul. Surement ont-ils prévu le coup, je suis trop assommé pou avoir envie de me débattre inutilement.

" On t'a coupé la langue, Todd ? "

C'est tout ce que nous échangeront jusqu'à la laverie.

" Comme d'habitude. Ce sera moins douillet quand tu reviendras, alors profite. T'es sage et tu défonces pas la machine, cette fois. "

Il me fait entrer et claque brusquement la porte derrière moi. Aimable.

Machinalement, je vais où j'ai l'habitude de laver mes draps. Je pose mes draps sur la machine, donne un coup de pied affectueux dans la carcasse de celle-ci et là, je l'entends.

Elle tourne déjà. Mon esprit s'éclaire, j'ai l'impression, sous le coup de la surprise. Il y a du bruit alors que je suis toujours seule. Lentement, je tourne la tête sur le côté, le cœur battant, comme si les affres de mon réveil étaient encore présentes. Et je vois une petite personne, en boule, coincé entre la machine et le mur.
Mon cœur bondi trop fort, pour la deuxième fois. Je me souviens des films d'horreur que je regardais quand j'avais seize ans et un cri d'adolescent aux émois m'échappe.

A l'instant même où je vois le petit monstre au sol, je lui jette mes draps au visage, dans le but incertain d'aveugler l'ennemi potentiel. Je n'ai pas le temps d'hésiter, j'agis. Ma main saisit son col et soulève la créature qui pèse le point d'une tartine de pain de mie. Son dos heurte le mur dans lequel je le plante, quand je me rends compte, un peu trop tard.
Les draps retombent sur nos têtes.

" La biche … ? Je murmure d'une voix si éraillé que je peine à croire qu'elle m'appartient. "


   

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Message envoyé le : Mer 11 Mai - 22:55

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Je n'ose pas le regarder, cet homme à demi-masqué par son ombre. J'ai peur qu'il croise mon regard, qu'il me remarque. Peur qu'il voit que je suis prostrée dans mon coin. Et il s'approche, encore, et encore. Il est juste à côté, concentré sur la machine dans laquelle il tape sans grande violence. Je lève un regard hésitant; les traits me sont familiers. J'ose un regard un peu plus long, un peu rassurée par le fait que la familiarité ne soit pas celle de mon bourreau, et là, je le reconnais: Jason Todd, l'homme du jardin aux ronces. La tension redescend un peu. Même si je le sais capable de s'énerver, et assez fort pour me briser, je n'arrive pas à le voir comme un homme menaçant, pas depuis notre rencontre à la serre. Après tout, sans lui, qui sait comment j'aurai terminé...

Désireuse de me montrer polie à son égard, j'amorce un mouvement pour me redresser, et croise son regard. Il hurle. Je bondis de peur. Et lui me plaque au mur avec une force qui me coupe le souffle alors que ses draps, qu'il m'a lancé dessus, retombe autours et sur nous. Ma respiration s'accélère d'un coup, mon cœur double en rythme, et je m'agite, cherchant à me dégager de sa poigne qui m'oppresse autrement que simplement par sa force. Il m'a coincée, prise au piège. Comme Lui. J'ai peur. Non, pas encore. Pas encore! Je m'agite toujours plus, gémis malgré moi, regarde partout en espérant trouver un abri, espoir absurde dans cette toute petite pièce. Je voudrais crier, mais je sais que personne n'attend dehors, les gardiens sont partis. A l'aide... Au secours... Sauvez-moi... S'il vous plait, cette fois-ci, que quelqu'un me sauve...

Je pleure malgré moi, ma vision devenant trouble à mesure que l'eau monte dans mes yeux et vient tremper mes joues, et sans doute son bras aussi. Il a l'air furieux, enragé, violent. Je peux sentir mon corps trembler, s'agiter sous les sanglots qui ne font que me rendre plus fragile. Mais je n'y peux rien. J'ai peur. Il me fait peur. Il me rappelle la peur que j'espérais fuir ici...

"La biche...?"

C'est sa voix, mais elle a l'air différente, un peu plus molle, moins stable. On dirait qu'il est... shooté... Oh non, et s'il était sous l'emprise d'un médicament ou d'une drogue qui le rende dangereux? Sa poigne semble un peu moins forte le temps d'un instant, aussi j'en profite pour m'en arracher et m'éloigner autant que la petite pièce le permet, la porte m'étant hors d'accès car trop proche de lui. Je me prostre dans un coin, avant de me rappeler que l'homme m'a plaquée contre un mur. Je dois m'en éloigner, mais je ne veux pas m'approcher de lui. Je suis coincée...

"Me faites pas ça... Je ne vous ai rien fait! Ne me faites pas ça..."

C'est tout ce que je trouve à dire pour me défendre, ce qui réveille la moquerie de mon agresseur, qui jugeait que mes suppliques donnaient encore plus envie de me faire du mal. Je le regarde avec la peur qu'il réagisse de la même manière, mais je ne sais pas comment me défendre autrement. Qu'il me laisse... Que quelqu'un entre... Que ce cauchemar s'arrête... Pitié...

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Message envoyé le : Mer 11 Mai - 23:29

Jason Todd
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 Chaton & Papa Rouge-Gorge.
T'es con, Jason, ou tu le fais exprès ? Mon cœur s'agite, incontrôlable et pas parce qu'on le bouscule alors que mon état ne le permet pas, non. Parce qu'elle pleure. Maria me rince les bras, impuissante sous ma main qui ne bouge pas. Desserre, putain ! Sois pas con !
Elle gémit, sans te regarder, mais tu sens dans ses yeux que tu es la pire des menaces. Un monstre, sans nom.  Tu n'es plus le même, est-ce que tu as fabulé ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que tu lui as faits, Jaybird, pour qu'elle t'abandonne comme ça ? Tu te rends compte que tu ne respires plus.  Au même moment qu'elle dégage ta main, tu reprends une bouffée d'air, profonde.
Confus, ta tête tourne. Jay, calme toi, ça va. T'es pas un monstre. C'est la biche, rappelles-toi, la biche…

Je sens mon souffle trembler, ébranler mes jambes qui me soutiennent uniquement parce qu'elles sont fortes, mais le poids de sa tristesse me frappe. Je serre la main, m'appuie sur la machine à laver qui ronronne presque calmement à côté de moi. C'est de plus en plus dur de respirer, mais je ne suis pas si faible. Un lourd hoquet me bloque une fois de plus le cœur.
Elle s'éloigne loin, le plus loin qu'elle peut. Parce qu'elle y arrive.
J'aimerais lui dire qu'elle a raison.

" Me faites pas ça… Je ne vous ai rien fait! Ne me faites pas ça…"

Je la regarde, complètement enfermé sur elle-même. Non, ne me tourne pas le dos toi aussi. C'est la biche. La serre, elle s'appelle Maria.

" Maria ? " Je marmonne, mais mon souffle est trop affolé pour que son prénom sorte distinctement.
Je ne te ferais rien, tu le sais, hein ? Je suis pas comme lui, je suis pas un malade. Je te briserais pas, comme je le suis. Tu peux pas me laisser là, putain, la biche !

Je m'approche d'elle, absolument absent, perdu entre ce que je crois être la vérité et des souvenirs qui me font croire que non.  Je m'approche un peu plus, mais je n'ose pas me baisser, de peur qu'elle me rejette.

" Maria, c'est Jason. Tu te souviens, Jason. Personne m'appelle Jason. Juste toi.Je t'en supplie, dis moi que…"
Je porte ma main, machinalement à mon visage. Pourquoi a-t-il fallut que ma peau ne marque pas ? Pourquoi je n'ai aucune preuve de ce que je vie ? J'essaye de me souvenir, je le dois. Je dois me rattraper à ce que j'ai. Je cherche, je ferme les yeux, tremblant comme une feuille sur le point de tomber. Quand est-ce qu'elle m'a regarder avec ces yeux là ? Et ça tombe comme une évidence.
" Ma biche, c'est ça qui t'avait fait pleuré… ? Ma ? "
Maladroitement, j'avance une main vers elle.

   

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 8:54

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Pourquoi faut-il que ça arrive? Pourquoi avec lui, qui plus est? Je sais qu'il n'était pas particulièrement content de me voir dans "son" jardin... et je sais aussi qu'il n'appréciait pas que je sois un "nid à emmerdes"... Est-ce pour cela? Parce que je lui ai attiré des ennuis? Est-ce une punition?

"Maria...?"

Je me contracte, protégeant mon visage de mes mains - de mes bras même -  en l'entendant appeler mon nom. Ne vous fâchez pas... Je ne voulais pas vous attirer d'ennuis, je suis vraiment désolée... Ne me faites pas de mal... Pas vous aussi... Pas vous, tout court...

" Maria, c'est Jason. Tu te souviens, Jason. Personne m'appelle Jason. Juste toi.Je t'en supplie, dis moi que…"


Jason... Il n'y a que moi qui vous appelle ainsi...? Comment est-ce possible...? Et... Pourquoi me suppliez-vous...? Je ne vous comprend pas, que cherchez-vous? Mon regard reste tourné vers le bas, je n'ose lever la tête, de peur de croiser un air fou dans son regard, un air qui me glacerait, qui m'annoncerait que je n'ai aucune chance. Pas dans son regard, je ne veux pas. Je suis ridicule... Je sais que je suis ridicule, mais... Mais pour moi, il était un des rares bons souvenirs que l'asile m'avait offert... Pourquoi le rêve doit-il toujours virer au cauchemar...?

" Ma biche, c'est ça qui t'avait fait pleuré… ? Ma ? "

Ces mots... Ces deux premiers mots... Pourquoi me font-ils lever les yeux alors que j'avais si peur de le faire? Pourquoi me donnent-ils l'envie irréalisable de lui parler, de lui dire ce qu'il s'est passé, de m'approcher de lui... Envie irréalisable, oui, parce que je ne veux pas qu'il me touche... Je ne peux supporter le contact, j'ai trop peur. Et je ne peux pas lui dire... les mots semblent brûlants, coupants, comme si les prononcer me ferait revivre la scène... Muette, je regarde ses yeux noirs. Ils me semblent refléter un désespoir égal au mien... Est-ce possible? Est-ce seulement possible? Que lui arrive-t-il...? Et là, je vois sa main qui s'approche, qui veut me toucher, m'attraper peut-être. Non... Non! J'ai hurlé ce dernier mot sans même y penser, mains en avant pour repousser la sienne. Je ne la frappe pas, je met juste mes mains devant moi pour l'empêcher d'avancer plus. La situation me fait mal... J'ai déjà été près de lui, il m'a déjà portée même, alors que j'étais dans l'état le plus démuni possible, il ne m'a rien fait. Je me suis même sentie... bien... Mais...

"S'il vous plait, ne... ne me touchez pas... Je ne voulais pas vous attirer... des soucis... Je suis désolée, sincèrement désolée... S'il vous plait... Pas vous..."

Ces derniers mots m'échappent avant que je n'ai pu les rattraper. Pas vous. C'était lui avouer que j'avais déjà été salie. Lui avouer qu'on avait déjà réussi à abuser de moi, que c'était donc bel et bien faisable. Si telle était son intention, ce ne serait qu'une invitation à le faire à son tour... A travers les larmes, je me mure dans le silence et l'observe, proche, si proche, trop proche...

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 11:55

Jason Todd
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Oui, regarde-moi, juste à peine. Rappelle-moi qu'on vient du même monde. Qu'on fait partie d'un monde en dehors des autres. On n'est pas complètement barge, tous les deux. Je le sais, je sais qu'on n'est pas fou. Je ne suis pas un monstre, la biche. Je croise son regard, juste assez pour avoir l'infime espoir qu'elle se souvient. Je baisse les armes, complètement, pensant naïvement croire que tout ira bien et elle crie, elle me repousse et se ferme, complètement.

Je recule, comme si une brassée m'avait secoué et emporté, plus loin. Ses toutes petites mains forment une barricade qui me semble insurmontable à franchir. Je ravale un soupir qui se tord dans ma gorge. J'étais si monstrueux que ça… ? Je me mets en tord. On me l'a toujours dit. Incontrôlable, fou. Calme toi, Jason, il t'arrivera des problèmes. Et ils me tombaient dessus, les problèmes, inlassablement. Si tu deviens un nid à emmerde.
Je m'entends le dire, comme si je m'accusais moi-même, mais la voix changé. Je ressens la violence de ma voix, la rage. Je ressens mes propres dents près à me mordre jusqu'à ce que je m'effondre. Je suis ce nid à emmerde. Je ne veux pas être près de moi. C'est ça, qu'on ressent ? De la colère. Je me repousse, moi même. Je m'en veux. Est-ce que Bruce et Dick l'ont eu, aussi, cette rancoeur ?
Brusquement, comme si je m'étais pris un coup, je me recule d'elle, encore.

" S'il vous plait, ne... ne me touchez pas... Je ne voulais pas vous attirer... des soucis... Je suis désolée, sincèrement désolée... S'il vous plait... Pas vous... "

Pas… moi ? Tu veux pas de moi, c'est ça ? Je comprends. T'as raison, la biche. Je ne parviens pas à serrer les dents. Je ressens encore l'effet des calmants, le flottement qu'il laisse, même après plusieurs heures, mais il n'efface en rien la douleur. Ca ne s'atténue pas. Ca saigne, toujours, tout le temps. Et parfois, la blessure est béante.
Mon cœur se bloque une fois de plus, m'obligeant à lâcher un hoquet douloureux. Je sens le vide qui réside dans ce petit cœur qui s'obtienne à se battre violemment, comme moi.

" Je… Pleure pas, ma biche… Ca vaut… Vraiment pas le coup… "

Il faut que je la laisse, que je parte. On ne devait pas se revoir, alors pourquoi ça arrive ? Pourquoi il faut que tout se casse la gueule ? Machinalement, j'essuie une larme qui ne vient pas, maladroitement, sur ma joue.

" J'aurais pas du… t'aurais pas du… me rencontrer, tu sais. "

Je ne suis pas fort. J'ai plus le droit de me prendre pour un héros. Je me retrouve démuni, impuissant devant cette gamine que j'ai foutu en larme. Je supporte pas les gens malheureux. Je suis qu'un putain d'hypersensible qui chialerait pour les autres s'il était pas trop fier. Je pleure uniquement pour ceux qui le peuvent pas, pour ceux qui mérite pas. La tête tourne à nouveau et un coup de froid trop long me passe sur l'échine. Je lutte contre une nouvelle crise, mais il ne faut pas que j'ai peur.
Peur d'être seul, d'être à moi-même. De moi-même et de ce que je deviens.
J'ai pas le droit d'avoir peur.

Mon souffle se bloque et comme un chiot, j'halète dans l'espoir de le voir revenir.Des crises d'angoisses, toujours, encore, comme si on allait encore me laisser.
Casse-toi de là, la biche.


   

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 13:42

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Il ne bouge plus, je m'en rend compte malgré l'eau qui inonde mes yeux et mes joues. Il ne tente pas de forcer la barrière fragile de mes mains. Il le pourrait si facilement, pourtant... Je veux croire qu'il ne le fera pas, que son arrêt est la preuve qu'il n'est pas comme cet autre, qu'il est bien celui à qui j'ai dit secrètement merci en quittant le jardin, celui dont l'image m'a suivie jusque dans ma cellule, comme une présence pour m'aider à lutter contre mes fantômes. Mais malgré tout, j'ai peur, parce que les fantômes sont devenus plus forts, devenus si forts que son image ne suffit plus à les chasser. Ils sont devenus agressifs, violents, harcelants, omniprésents... Et son image, cette image à la voix chaude et protectrice, elle s'est petit à petit évaporée, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une larme qui coule à chaque fois qu'un fantôme revient me hanter.

Il recule, et si la distance nouvelle me rassure d'une certaine manière, elle me frappe aussi, comme si on avait tiré sur une ficelle à l'intérieur de moi, pour m'arracher une partie de moi à laquelle je tiendrais. Est-ce qu'il va partir? Est-ce que j'ai envie qu'il parte? Non... J'ai peur d'être seule, alors que grâce à lui j'avais arrêté de l'être, le temps d'une sortie. Ne partez pas... Ne me touchez pas, mais ne partez pas... Mais je ne peux pas demander ça, n'est-ce pas? Je n'ai rien le droit d'exiger de lui qui en a déjà trop fait pour moi...

" Je… Pleure pas, ma biche… Ca vaut… Vraiment pas le coup…"

Ca ne vaut pas le coup... Est-ce qu'il sait ce qui me fait pleurer? Est-ce qu'il a compris de quoi j'ai peur? Il semble si doux, maintenant... Non, il ne semble pas doux, il semble triste... Triste, et loin, si loin... Est-ce qu'il pleure, lui aussi? Je l'ai vu essuyer une larme... Pourquoi? Pourquoi pleure-t-il? Parce que je pleure? Parce que je le repousse? Je le blesse? Mais... Je ne peux pas le laisser me faire ça... Non, je ne peux pas... Mais le veut-il seulement, en fait...?

" J'aurais pas du… t'aurais pas du… me rencontrer, tu sais. "


J'entrouvre la bouche, surprise par ses paroles, les larmes moins vives déjà. Ne pas le rencontrer? Mais... Si je ne l'avais pas rencontré... Sait-il seulement que s'il n'avait pas été là, je serai peut-être morte au milieu de ce jardin, saisie par la chaleur et ma crise? Et sait-il que, quand le bourreau m'a attaquée, c'est son image que j'espérais voir apparaître? Que c'est lui qui me semblait le seul capable de me sortir de là, sans me juger...? Les gardiens me jugent. Les infirmiers me jugent. Ma psychiatre me juge. Mais lui... Lui m'a disputée, lui a joué un peu avec moi, mais lui ne m'a pas jugée. Il ne m'a pas traitée de folle, n'a pas dit que je mentais pour ma crise. Il a accepté mes larmes, et même essuyé mon sang que personne jusqu'alors n'avait essuyé pour moi... Je devais le rencontrer. J'avais besoin de lui, même juste le temps de cette simple sortie, même si je ne devais pas le revoir. Mais juste le rencontrer. Juste qu'il me regarde comme il a su le faire... Malgré mes larmes qui coulent encore silencieusement et les quelques hoquets qui m'agitent par moment, je parviens à secouer la tête et à dire, gorge nouée:

"Je... regrette pas de... vous avoir rencontré... Pas vous... Vous... vous m'avez..."

"Sauvée". Il m'avait sauvée. Il ne le ferait peut-être plus, il n'en avait peut-être même pas vraiment l'intention. Mais il m'avait sauvé, ce jour-là. Et face au bourreau, même si sa présence commençait à disparaître pour se mêler à l'air, il restait une lueur à laquelle me raccrocher, une force pour ne pas me briser. Pourquoi lui? Je n'en sais rien. Mais je ne peux pas regretter de l'avoir rencontré.

Quelque chose ne va pas. Pas chez moi, ou plutôt, pas que chez moi. Mais chez lui. Il n'a pas l'air bien. Il respire trop vite, pas comme dans la serre où il semblait si maître de lui. Il a l'air effrayé... Par qui? Moi?

"J... Jason...?"


Je n'ai pas su résister, son état m'inquiète. Je me penche un peu vers lui, pour l'écouter, le rassurer, si possible. Tant qu'il ne me touche pas, je peux m'approcher un peu. Tant qu'il ne me touche pas. Je sens que mon haut, légèrement ample, se détache un peu de ma peau, et je me dis que pour ma position la tenue de l'asile aurait été plus sécurisante. Mais après tout, le col en V ne laisse là apercevoir que la courbe du D qui déchire ma peau, je doute que ça puisse donner la moindre envie à qui que ce soit...

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 14:37

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Pourquoi faut-il que je supporte si peu les larmes ? Ce n'est rien, de pleurer, on s'arrête vite ou au pire, on finit par s'endormir.
Non… Non, pas toujours. Je me souviens qu'il ne me laissait pas tomber dans l'inconscience. A peine je voulais abandonner qu'il me réveillait, d'un coup qui faisait giclé le sang sur le sol. Sur le sol de la laverie, je sursaute, comme si on m'avait réellement frappé. Ma main tremble, elle agit d'elle même. J'entends de nouveau son rire insupportable. T'endors pas, ma princesse, on s'amuse ! Comme un enfant, je secoue nerveusement la tête.

" Je... regrette pas de... vous avoir rencontré... Pas vous... Vous... vous m'avez.. "

Non, je n'ai rien fais. Pas le moins du monde. Tu es mieux seule, la biche, tu ne le sais juste pas encore. Je recule encore. Mes lèvres se serrent. Arrête de sangloter, je t'en supplie. Ses hoquets me frappent les tympans, ils veulent me rappeler qu'elle souffre, mais je ne veux pas m'en souvenir. Je ne suis pas assez fort pour toi. Je retombe sur les fesses, lourdement.
Je serre mon poing contre ma tempe, comme si je sortirais tous mes souvenirs de ma tête. Foutez-moi la paix !

" J… Jason… ? "

J'ouvre les yeux. Enfin. Mes yeux se braquent sur elle. Redis-le. Ramène-moi, s'il te plait.

" Quoi… ?"

J'ai l'impression qu'on me tire de loin. Qu'on me ramène à un endroit que je connais. Je voudrais tendre la main vers elle, je ne peux pas. Elle ne veut pas et je ne veux pas qu'elle vienne. Laisse moi, la biche. J'suis plus un prédateur. Je m'appuie sur les mains pour me tirer encore un peu plus en arrière, quand je sens la machine vibrée dans mon dos. Elle n'est guère qu'un mouvement qui me masse, je n'en ai pas réellement conscience.
J'suis plus un chasseur, la biche. Mon regard redevient celui du môme qui était mort il y a cinq ans, abandonné et n'ayant que son espoir pour survivre. On n'a rien à faire ensemble, la biche. Je t'ai gardé une fois, mais c'est fini ça. J'suis plus un chasseur depuis que je suis mort…
Pourtant, je continue de la regarder, comme si elle était encore la seule capable de me ramener à la réalité. Je me raccroche à ce que je me souviens d'elle. Ses yeux de faons, ses pattes de chatons. Je regarde ses bras. J'ai essuyé ses blessures, je l'ai rattrapé…

J'ai l'impression d'aller mieux. Mon souffle est moins douloureux, mais toujours aussi instable. Je prends le temps de la regarder, ses habits trop grands. Elle avait les même que moi, pourtant…  Sa peau est toujours aussi pâle… Pâle, mais…
Mon regard se fixe sur la courbe de son sein, mais ce n'est pas ça que je regarde.

" Qu'est-ce qu'on t'a fait ? "

Je parle presque distinctement. Rigide. Mon corps, spontanément, s'est arrêté de trembler. Cette marque. On a la même, hein ? Mais je ne peux pas te le montrer… Elle ne veut pas se montrer, elle se cache.

" Maria… Qu'est-ce qu'on t'a fait… ? "

Je déglutis, mais je le sais. Je sais ce que tu as vécue. Je sais ce qu'on t'a fait. Je vois le fer, rouge, s'approcher de mon visage. Je te garderais pour toujours, princesse ! Tu es le jouet le plus merveilleux qu'il soit, je remercierais Batsie de t'avoir oublié dehors ! " Non… Non, non, non ! " Je dois la repousser ! Je l'écarte, de l'avant-bras, alors que mes pieds dérapent en essayant désespérément de me protéger contre le la machine. " Laisse-moi ! " Mon autre main griffe ma joue, là où il m'a marqué au fer. Elle y était, elle rougit, parfois… Je sais que j'suis pas dingue !
La machine à laver est mon seul soutient, alors que je gémis, en me souvenant de cette brûlure.


   

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 15:18

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Il continue de s'éloigner, de reculer, et je remarque qu'il ne me regarde plus, que son regard semble perdu ailleurs. Quand je prononce son nom, c'est comme s'il était un petit enfant qu'on réveillait d'un cauchemar. J'ai l'impression que son regard s'accroche au mien, qu'il cherche à y rester accroché, surtout. Il ne va pas bien... il ne va vraiment pas bien... Il faut que je respire, que je réfléchisse. Pourquoi semble-t-il si mal en point...? J'ai un vague espoir quand je vois naître une nouvelle lueur dans ses yeux qui me dévisagent comme s'il me redécouvrait. J'ose me pencher un peu plus vers lui, m'approcher encore. Il n'est plus en colère, juste étrangement triste, ou effrayé, je ne suis pas certaine. Je ne me sens plus en danger, bien que mon corps refuse d'arrêter de trembler. L'état de choc n'est pas encore passé...

Ses yeux descendent vers ma poitrine, je m'en rend compte, et esquisse un mouvement pour rapprocher mon haut de ma peau, quand je remarque qu'il ne bouge absolument plus. Qu'il semble raide, comme une statue.

" Qu'est-ce qu'on t'a fait ? Maria... Qu'est-ce qu'on t'a fait... ? "


De quoi parle-t-il? Je suis la direction de son regard et comprends: la cicatrice. Pourquoi demande-t-il ce qu'on m'a fait? Comme s'il partait du principe, contrairement aux autres, que cette plaie n'est pas mon œuvre... J'hésite à lui expliquer, mais n'ai pas le loisir de réfléchir longtemps. Il crie, agite les bras, semble vouloir repousser quelque chose, fuir quelqu'un... Instinctivement, je me retourne, craignant, bien que ce soit impossible, que quelqu'un soit soudainement apparu derrière moi, l'air menaçant. Mais non, nous sommes seuls, lui et moi, entre ces quatre murs et ces deux machines. Et pourtant, il continue de s'agiter, de gémir, d'avoir ce regard fou de douleur. Douleur? Est-ce qu'il a mal quelque part?

"Jason... Que... que vous arrive-t-il? Vous avez mal...?"

Je me tais brusquement. Il griffe sa propre joue. Encore et encore. Plus il se recroqueville, plus il se griffe avec hargne. Toujours la même joue.

"Laisse-moi!"

Son regard a beau être tourné vers moi, et nous avons beau être seul ici, sa voix... Sa voix ne semble pas s'adresser à moi. J'ai de nouveau l'impression qu'il fait un cauchemar, sauf que maintenant, en plus, il se fait du mal. Sa joue rougit de plus en plus, s'il continue, il se fera saigner gravement. Il faut qu'il s'arrête. Que quelqu'un l'arrête. Que je l'arrête...? Mais j'ai peur, sa panique me fait peur, son délire me fait peur. Peur qu'il m'attaque de nouveau par erreur, peur qu'il me blesse, peur qu'il me touche. Je ne peux pas... Je ne peux rien faire... J'ai trop peur... Les larmes me brûlent de nouveau les yeux, des larmes de culpabilité cette fois-ci. Jason... Jason Todd... Arrêtez ça... J'ai peur pour vous aussi...
Et alors que je me dis ces mots, je le revois devant moi qui suis incapable de bouger. Je vois sa manche orange nettoyer mon bras. Sa main chasser le reste d'une larme de ma joue. Son regard calmer le mien qui cherche à fuir. Je ressens le retours de mon sens, dans ses bras, les siens, qui m'empêchent de tomber, qui m'empêchent de me faire mal. Il m'a protégée, lui. Il m'a sortie du piège où j'étais tombée par mégarde. Et moi, je le laisserai ainsi, seul face à son cauchemar, quand lui m'a protégé des miens...? Non... Je m'y refuse... J'ai toujours peur, mais lui aussi, et il ne mérite pas que je le laisse seul. Pas lui. Je déglutis difficilement, marche à moitié à quatre pattes pour m'approcher lentement, très lentement, autant pour lui que pour moi. Il faut l'arrêter... Il faut le sauver, lui aussi...

"Jason... Vous vous faites du mal... Il ne faut pas..."

J'avance encore un peu, mais ses gestes sont toujours aussi violents. Ses ongles ont rougi eux aussi. Du sang. Il saigne. J'étouffe un hoquet de frayeur.

"Jason, vous..."


Est-ce qu'il m'entend seulement, lui contre la machine, perdu dans son enfer alors que je suis loin, dans la réalité? Il faut lui attraper la main. Que JE lui attrape la main. J'approche, j'hésite, je recule un peu. Non. Il le faut. Tout ira bien, si c'est moi qui choisi de le toucher. Tout ira bien... n'est-ce pas...? J'inspire un grand coup, et m'avance un peu brusquement vers lui afin de saisir sa main des deux miennes, et de la tenir fermement, comme un petit animal affolé et incontrôlable que je tenterai de rassurer:

"Jason, il faut vous... Il faut te calmer... Vous... Tu n'es pas seul... Plus seul... Je suis là..."

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 16:01

Jason Todd
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Personne ne viendra me sauver. Je suis venu seul et il ne viendra pas. Batman m'a laissé. Il me laissera encore. Je sens une présence, mais je ne veux pas la regarder. Je ne veux pas voir ce clown, pas encore.
Robin, souris pour Papa-Batsie !

" Jason... Vous vous faites du mal... Il ne faut pas... "

La douleur renait, contre ma joue. Elle débute contre ma pomette, se trace en ligne vive le long de ma machoire. Elle est différente, moins vive. Ca ne brûle pas, mais je la sens. Mes doigts dessinent le J qui jadis ornait ma joue. Elle est de nouveau là, il faut qu'elle reste. Cette cicatrice, comme la sienne.

Comme celle de Maria. Elle a la même, elle sait ce que c'est, n'est-ce pas ? Elle comprend, elle. J'essaye de me raccrocher à cette cicatrice qu'elle a, mais je souffre pour deux. La biche ne le mérites pas, qui le mérite ? Je ne peux plus recevoir de douleur. Je ne veux plus en voir plus.

" Laisse-moi… Il viendra me chercher… Je sais qu'il viendra…"

Je m'embrouille, me perds entre rêve et réalité. Qui viendra ? Personne ne vient jamais. Je revois le D qu'elle porte, il est clair, dans ma tête. Le J ardent qui pointait sous mon œil. Est-ce qu'on l'a brulée ou frappé ? Comment est-il arrivé ? Est-ce que quelqu'un est venue la sauver ?
Mon J, personne ne le verra. Je suis le seul à le connaître. On te croit, toi, la biche ? Dis-moi qu'on te croit.

" Il l'a dit… On laisse pas tomber la famille… Il… m'a laissé… "

Elle empoigne ma main. Un sursaut, à nouveau. J'ouvre brusquement les yeux, c'est elle. Personne ne me retient, elle est libre d'elle même, dans cette pièce. Elle n'a que ses deux mains, ses petites mains pour me toucher. Elle fait ce qui lui chante, ce qu'elle a envie de faire. Elle a envie de me calmer.
" Jason, il faut vous... Il faut te calmer... Vous... Tu n'es pas seul... Plus seul... Je suis là... "
Tu es plus forte que moi, la biche. Je suis juste un paquet de muscle, tu sais ? Epuisé, mes épaules retombent lourdement, c'est fini. C'est fini. Je n'entends plus son rire. Je ne l'entends plus. Ma joue pique, mais je m'en moque. Le cauchemar est fini.
Je l'attire à moi, la forçant presque à devoir être sur mes genoux. Ma main reste au milieu des siennes, mais je la retiens contre moi, étroitement, proche, le visage au milieu de son ventre. Je n'arrive pas à la lâcher, les yeux fermés, je soupire longtemps. Je me crispe, par instant, je tâche d'oublier le métal que j'ai eu sur le visage. J'entends son cœur, à elle, battre à travers son haut. Agité, mais bien vivant.
Je suis en sueur, mais j'en suis sortie…


   

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 17:18

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
" Laisse-moi… Il viendra me chercher… Je sais qu'il viendra…  Il'a dit… On laisse pas tomber la famille… Il… m'a laissé… "

Qui donc? De qui parles-tu, Jason Todd? Qui t'a promis de te protéger et ne l'a pas fait? Qui t'a abandonné comme on l'a fait pour moi? Qui t'a laissé seul, quand tu avais toi aussi besoin qu'on te tienne la main? Qui a pu te faire ça...? Je sais ce qu'il ressent. Cette tristesse, cette douleur, cette sorte de honte d'avoir l'impression qu'on a plus assez d'importance pour qu'on daigne nous aider. Je l'ai vécu. Je la vis toujours, en fait, chaque fois que le passé me revient. J'ai été seule, et lui aussi. Et aujourd'hui encore, on l'isole, on lui interdit d'approcher les autres. Il est toujours seul, forcé de l'être, là où moi j'ai choisi d'éviter les autres qui me font peur. Il n'a donc toujours personne pour le soutenir, pour lui sourire, lui dire merci...? J'ai envie de le lui dire, moi. Juste pour qu'il l'entende, juste pour le rassurer. J'attrape sa main, et quand il cesse de lutter contre les miennes, doucement, la voix peut-être un peu trop basse face au bruit de la machine à laver, je lui dis, cherchant à nouveau son regard sombre:

"Merci Jason..."

J'hésite un instant, et j'ajoute finalement ces mots qui m'ont tant manqué à moi:

"Je suis fière... de toi..."

Ai-je seulement le droit de dire ça? Quelle légitimité ai-je à le dire? Mais qu'importe, si ça peut lui faire du bien, si ça peut ne serait-ce que chasser un cauchemar, je veux le dire, et je veux même le répéter autant qu'il le voudra. Je suis fière de lui, fière qu'il ait cessé de se faire du mal, fière de l'avoir rencontré, fière de l'homme qu'il est, et dont lui semble en cet instant oublier d'être fier. Instinctivement, mes doigts caressent les siens dans un geste qui se veut relaxant, comme je le ferais avec un enfant pleurant dans la rue. Je l'ai déjà fait, maintenant que j'y pense. Prendre la main d'un enfant tombé au sol, la lui caresser jusqu'à ce qu'il arrête de pleurer, jusqu'à ce qu'il sourit de nouveau. Je ne le connaissais pas non plus cet enfant. Pas plus que je ne connais vraiment celui dont je tiens la main maintenant, en fait. Et pourtant, je la lui tiens.

J'amorce un sourire, quand mon cœur s'affole. D'un coup, je me suis sentie tirée contre lui, attrapée, serrée. Sans violence, certes, mais "prise au piège". Capturée par ses bras bien plus forts que moi. Serrée contre son corps encore tremblant, contre sa chaleur s'en émanant. Que fait-il? Qu'a-t-il l'intention de me faire? Lâche moi, Jason, lâche moi! Ne me fais pas ça! Pourquoi tu fais ça? Ca... Quoi, d'ailleurs? Il ne bouge de nouveau plus, il respire juste, soupire aussi, par moments. Ses mains ne parcourent pas mon corps qui s'est remis à trembler de plus belle. Ses lèvres ne forcent pas les miennes à les recevoir. Il a gardé sa main dans les miennes, comme si elle y était à l'abri. J'ai peur, mais j'ai le sentiment que je ne devrais pas. Que je ne suis pas réellement en danger, avec lui. Et pourtant, la peur refuse de partir. Je sais qu'il m'a déjà tenue dans ses bras, et qu'il ne m'a rien fait. Mais mon corps continue de trembler, de chercher un peu à bouger, à s'échapper. Je ne veux pas l'abandonner. Mais j'ai peur... Et si... je lui disais... Que ferait-il...?

"Jason... J'ai... peur... je suis désolée..."

Vas-tu m'en vouloir? Te sentir trahi? Une nouvelle peur vient de s'ajouter à celle de mon corps. Une peur qui semble faire suffoquer mon cœur...

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 18:41

Jason Todd
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Merci Jason. Je suis fier de toi. Je l'ai entendu, il y a longtemps, mais ce n'est pas la même voix qui le prononce. Elle est douce, quelque peu fluette, malhabile. Elle tangue, comme des petits sabots. Oui, comme tes petits sabots, la biche. J'esquisse un sourire. Un sourire faible et qui n'a pas sa place ici. Un sourire faussement amusé. Je crois que c'est parce que je n'y crois pas… La nostalgie me fait trop mal pour sourire, mais là, j'étire ce qui se rapproche le plus d'un sourire sur mes lèvres.
Merci Jason. Je suis fière de toi.
De quoi, la biche ? Tu n'as rien pour être fière. Je suis un poids pour toi. Une espèce d'énorme chat que tu es obligé de veiller alors que ce n'est pas à toi de le faire. T'as pas les épaules pour supporter les loups…

Elle se met à trembler. Je tarde à comprendre, à réaliser que ce n'est pas juste la machine qui tourne dans mon dos, mais elle. Les minutes s'attardent, alors avant que je ne perçoive son malaise.
" Jason… J'ai… peur… je suis désolée… "

Je prends une long inspiration que j'expire, très lentement, en frottant mon front contre elle. Je dois te lâcher, je le sais. Je ne peux pas te retenir et ta place n'est pas ici. Ma main ne veut pas la quitter, mais je dois être violent avec moi-même, quitter le confort qu'elle amène. Sa taille a l'air minuscule, autour de mon bras. Elle est au dessus, mais mes épaules l'entoureraient presque. Il faut pourtant que je lui redonne sa liberté, même si mon esprit ne le veut pas…. Il y a longtemps que je n'ai pas touché quelqu'un autrement qu'avec un coup.
Elle a peur et naïvement, je passe mon pouce contre sa colonne vertébrale. Pleure pas, petite tête…
Je me demande si c'est moi. Je lui avais sauté dessus, dans le jardin. Elle ne m'avait pas revu et maintenant, j'avais risqué de lui éclaté le nez, par surprise. Elle avait le droit d'avoir peur de moi.

Je suis désolée.

Je retire ma main, lentement, trop fatigué pour trembler encore, je laisse ma tête reposer sur la machine et je ne peux pas m'empêcher de lui adresser un sourire.
Je ne m'en veux pas. Elle est désolée d'avoir peur, peut-être désolée de devoir me laisser. Je ne veux pas savoir. Je préfère ne pas savoir, mais pour une fois, je ne m'en veux pas.

" T'as le droit, la biche… "

Je touche du revers de la main la blessure que je me suis faites, sans grimacer. Le sang s'étale, mais ça ne fait rien. La peau est griffé, arraché. Le genre de blessure sournoise, qui fait mal en surface, longtemps, mais ça n'a pas d'importance. Mon cœur a arrêté de me faire mal. J'ouvre ma main dans les siennes, la laissant à plat. Elle y libre d'en faire ce qu'elle veut.

" C'est normal d'avoir peur… "

Je détourne les yeux de la cicatrice que je sais sous mon nez. Je ne peux pas la revoir, je peux l'ignorer, au moins pour ce temps-ci.

" C'est ce qui te maintient en vie. "

Lorsqu'à tout moment, tu penses qu'elle te quittera. Je n'ai jamais eu aussi peur que depuis que je l'ai perdu. J'étais inconscient, imprudent, à outrance. Je ne craignais pas le revers de la médaille, le jour je connaitrais la peur véritable. J'étais surement fou, alors. Ma vie se résumait à l'excès, à tester les limites et s'y bruler les ailes, trop souvent. Je le répétais, voir jusqu'où je pourrais sauter avant de tomber.
Je ferme les yeux, lourdement posé sur la machine. C'est dans l'épuisement que je me rends compte de mon corps. De mon poids, de chaque muscles travailler longuement, durement. Je me souviens que je suis dangereux, potentiellement. Je sais pourquoi on me craint, mais moi, je ne me vois pas ainsi. Je sais combien il est facile de clouer au sol…
Mais elle a été là, pour me reprendre. C'était à elle, de me porter, avec un courage que peu de détenue aurait eu.

" T'as de la force, pour un chaton… "
   

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 20:21

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
J'attends sa réponse avec angoisse, immobile, si on oublie mes tremblements. J'attends qu'il me repousse, qu'il se renferme... Qu'il me retienne de force, aussi, un peu. J'attends. Et finalement, avant toute réponse orale, c'est sa tête qui me répond. Je le sens frotter son front contre mon crâne, un peu au dessus du mien. Ca me fait trembler un peu plus, mais d'une certaine manière, c'est agréable... Si je n'étais pas si nerveuse, je pense que j'aurais fermé les yeux. Et puis, dans mon dos, je sens sa main bouger. Je me raidis immédiatement, me maudissant de ne pas pouvoir m'en empêcher. Il me caresse le dos. A peine. Ce n'est pas agressif, comme geste. Du tout. Et pourtant, j'en tremble, mes muscles se tendent pour une si petite chose. J'aimerais tant que ça se passe plus facilement... Finalement, il me "libère", sa main libre quittant mon dos doucement, et je la sens partir avec une étrange sensation entre le doux et l'amer. Sa voix parvient à mon oreille, basse, fatiguée:

" T'as le droit, la biche… "

Il ne m'en veut donc pas d'avoir peur? Alors que je ne devrais pas avoir de raison d'être dans cet état? Du moins, pas ici, avec lui. Sa main s'ouvre dans les miennes, et je la regarde silencieusement pendant qu'il poursuit:

" C'est normal d'avoir peur… C'est ce qui te maintient en vie. "

Je ne quitte pas sa main du regard. Elle est grande, et surtout, large, plus que les miennes. Il faut vivre dans la peur, ici, pour survivre? Vraiment? Il n'y a pas d'autre choix? Sans vraiment y penser, mes doigts effleurent la paume de sa main ouverte, pensivement. Je vis déjà dans la peur. Mais je voudrais pouvoir en sortir. Avant, je n'avais pas peur. Avant d'entrer dans le cauchemar, je me sentais bien... Et depuis que je suis ici... Je crois que je ne me suis sentie réellement bien qu'une fois. Un bref instant. Le temps où il me portait... Je soupire. Que répondre à ça? Il a raison, assurément, et ce, même si ça m'attriste... Mon regard quitte sa main et monte lentement, timidement, vers son visage, pour se poser d'abord sur la plaie de sa joue. Le sang a un peu séché, il ne coule plus vraiment, mais il y en a pas mal accumulé sur sa peau. Je le regarde en silence, une minute, deux peut-être, avec pour seul bruit celui de la machine dans le dos de Jason. Mon corps tremble toujours, mais je n'y prête presque plus attention. Et finalement, je décide de bouger, me souvenant de la situation. Lentement, je me met à genoux devant lui, face à lui, et je lève mon bras vers sa joue, l'autre main tenant le tissu un peu ample de ma demi-manche bleue, pour la nettoyer délicatement:

"Désolée, ça risque de brûler un peu..."

Ce n'est pas fini. C'est encore à moi de m'occuper de lui, il a toujours l'air si épuisé... Quand la joue est à peu près dégagée, je me relève, et vais vers ses draps étalés en pagaille sur le sol froid de la laverie. Je les ramasse sans un mot, et vais les mettre dans la seconde machine, avec leur dosette de produit, avant de la démarrer. Son vrombissement se mêle au ronronnement de ma machine. Et au milieu de ce bruit, sa voix, presque inaudible:

" T'as de la force, pour un chaton… "

Etrangement, un sourire se dessine sur mes lèvres, alors que je me rapproche, me remettant à genoux à côté de lui, très proche, pour qu'il puisse m'entendre dans le bruit ambiant:

"Moi qui pensais être une biche... Etre t... ta biche..."


Les derniers mots ont eu du mal à sortir, et à vrai dire, je ne suis pas certaine qu'ils aient été audibles. Ma voix s'est évanouie à mesure que je parlais, et je sens que mes joues ont chauffé. Je baisse les yeux, un peu gênée, avant de me souvenir qu'il y a un point qu'il faut que j'éclaircisse:

"Et, au fait... Tu... Ce n'est pas de toi... que j'avais peur... Pas vraiment..."

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Message envoyé le : Jeu 12 Mai - 21:52

Jason Todd
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Mon cœur se contracte, encore, mais de surprise, cette fois. Elle effleure ma main, dispense ma paume d'une caresse délicate dont j'avais à vrai dire oublié la sensation. Je ne peux m'empêcher d'analyser son geste, l'air sévère, plus surpris que contrarié. Je n'imagine pas que mon expression puisse être mal interprétée. Elle qui m'a repoussé, brusquement, avait peur, m'empêchait de rétablir un contact, si ténu soit-il.
Je lève les yeux, quand je sens de nouveau les siens sur mon visage. Soudain, j'ai honte, honte de la blessure que j'ai reproduite. Une blessure qu'on se targue d'ignorer. Je ne veux pas qu'elle la voie, mais je ne bouge pas, ne la cache pas. Je n'ai que mes yeux pour l'en dissuader, mais il n'y a qu'une peur farouche de lui montrer, une peur qui se voile d'une moue blessée.

Alors qu'elle veut la nettoyer, je détourne légèrement la joue. Mes yeux se fixent sur un point du sol. Elle s'excuse, mais je ne ressens rien, ou rien de pire que ce que j'ai déjà connu. Une éraflure que je supporte, sans broncher. Étrangement, quand elle se lève, je conserve cette même position, comme si on venait de me punir.
Peu à peu, j'ai l'impression d'avoir fait une lourde erreur. J'ai toujours pareil suite à une crise. J'aimerais ne pas perdre le contrôle. Bruce ne le permettait pas, Gotham comptait sur nous, mais depuis que je suis ici, les crises sont fréquentes. Surement parce que le Joker est proche, trop proche de moi. Parce que l'Asile nous rend plus dingues qu'il ne nous soigne véritablement. Je touche le J qui se redessine sur ma joue. Combien de temps resterait-il ainsi ? Une semaine, tout au plus ?

Elle revient à côté de moi, plus proche encore qu'auparavant. Elle m'étonne encore. C'est peut-être sa façon de faire, te déstabiliser jusqu'à ce que tu sois démunie pour mieux te bouffer, mais je n'y crois pas une seconde.

" Moi qui pensais être une biche... Etre t... ta biche..."  
Elle m'arrache un rire. Fatigué, rauque, mais un vrai rire. Un rire sincère. Le rire que je n'ai pas entendu depuis longtemps. Avec plus d'entrain et du sommeil en plus, ç'aurait pu être un rire attendri notable. Je crois comprendre la fin… Ma, hein ? C'est bien ça ?
Je lève ma main, près d'elle, mais je la suspends. Elle ne veut pas que je la touche. Alors, d'un sourire désolé, je la repose sur ma cuisse, ça ne fait rien.
" Tu préfères être ma biche… ? "

Je glisse, un peu plus près d'elle, bercé par le ronron de la machine. Ma voix est sourde, mais je ne veux pas me rapprocher plus. Elle revient sur sa peur, gênée. Comme je le pensais, c'est à elle de venir. Je serre et desserre mes doigts, c'est dur de rassurer quelqu'un sans contact physique, mais je tâche de ne pas la bousculer, de réguler mon caractère trop aventureux.
" Hé, tu connais la chanson… tu peux te contenter de me fixer d'un air absent… "
Ou tu peux mentir. Si ça l'empêche de pleurer, je préfèrerais.
" Je suis désolé et… j'te demande pas de me pardonner pour t'avoir fais peur…"

   

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Message envoyé le : Ven 13 Mai - 9:23

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Est-ce qu'il a honte? Ou est-ce qu'il m'en veut? Il a détourné à demi son visage quand j'ai voulu l'essuyer, et son regard avait l'air un peu sévère. Il aurait des raisons d'être fâché, dans le fond, étant donné la façon dont je l'ai repoussé juste avant. Et je n'arrive pas à chasser une impression désagréable, celle d'être à l'origine de ce cauchemar... Est-ce que, sans le savoir, j'ai reproduit un comportement qui lui faisait peur? Ou est-ce que j'ai ressemblé à quelqu'un qui l'effrayait? Le problème n'était sans doute pas moi directement, je doute que je puisse effrayer qui que ce soit à l'asile. J'ai envie de savoir, de comprendre. Envie d'être certaine de ne jamais le remettre dans un tel état. Je préfère le voir sûr de lui, même légèrement menaçant, comme au début de notre rencontre au jardin, plutôt que blessé, et étrangement seul... Quand je reviens vers lui, lui faisant remarquer le changement de surnom, il rit. Un rire fatigué, enraillé, mais un rire sincère. Un rire qui me fait chaud au cœur. Il peut encore rire. Ai-je seulement rit une fois depuis mon arrivée à l'asile? Le rire ne dure que quelques secondes mais il se rejoue en boucle dans ma tête, comme une toute petite mélodie apaisante, qui me tire un sourire doux en harmonie avec le regard que je pose sur lui. Sa main se lève, approche de moi, et j'esquisse un bref moment de recule au moment-même où il la stoppe, conscient apparemment de ma peur de contact. Il la repose, et son sourire n'est plus celui de quand il riait. Je baisse les yeux, désolée d'avoir détruit ce rire si précieux, quand il répond:

" Tu préfères être ma biche… ? "


Il m'a entendue... Le rouge remonte à mes joues, ce qui me pousse à garder les yeux - et donc le visage - résolument tournés vers le bas, comme si cela pouvait dissimuler la couleur qui s'imprime sur moi. Est-ce que je préfère être "sa" biche...? Je ne peux pas le nier, j'étais contente quand il m'a appelée pour la première fois "ma biche", parce que c'était le premier lien exprimé d'une manière pareille depuis mon arrivée ici. Ce n'était sans doute pas voulu, mais c'était agréable pour moi. Mais je ne peux pas décemment lui dire ça... Je vais me concentrer uniquement sur le mot "biche", ce sera plus raisonnable...

"Eh bien... une biche, c'est... moins fragile qu'un chaton... moins dépendant... Ca attire donc moins d'ennuis, normalement..."

L'explication ne tient pas vraiment débout, le relèvera-t-il? Pour le moment, il se contente de se rapprocher un peu. Je suis légèrement plus raide, mais il ne tente pas de me toucher. Je soupire doucement.

" Hé, tu connais la chanson… tu peux te contenter de me fixer d'un air absent… "

Je souris timidement:

"Ou te mentir, et tu ne le diras pas à ma psy..."

J'ai complété sa phrase par réflexe, me souvenant bien de ce qu'il m'avait dit au jardin, malgré mon état du moment. C'est fou comme les souvenirs de cette rencontre précise sont clairs dans mon esprit. Mais j'hésite encore, dois-je lui dire? Dois-je te dire ce que je n'ai dit à personne? Dois-je te dire ce que mes dossiers feraient passer pour un mensonge de ma part? Me croiras-tu, toi?

" Je suis désolé et… j'te demande pas de me pardonner pour t'avoir fais peur…"

Je le regarde, bouche entrouverte, surprise. Ne pas lui pardonner...? Je reste ainsi quelques secondes, et son expression "fixer d'un air absent" me revient, me faisant reprendre contenance. Un nouveau sourire timide se dessine sur mes lèvres, alors que je baisse les yeux:

"Je... ne peux pas te pardonner... parce qu'en fait... je ne t'en veux pas... pas du tout... Alors forcément je... n'ai rien à pardonner..."

J'hésite, inspire un grand coup, monte une main tremblante vers son épaule, toute proche, et l'y pose finalement après plusieurs essais vains. Je souffle longuement. Il doit me prendre pour une folle. Mais je veux lui prouver que je ne lui en veut pas. Que je ne veux pas le repousser. Et puis...:

"Si... Si c'est moi qui... initie le contact... je crois que ça va... à peu près..."


Il aurait été plus logique que je lui explique ma peur avant de lui parler de cette exception, je suppose. Mais avant de lui ouvrir - peut-être - mes souvenirs, j'ai besoin, moi aussi, de comprendre:

"Jason... C'est... moi qui... t'ai fait... ça...?"


Je le regarde à demi. Par "fait ça", j'entends moi qui t'ai mis dans cet état tout à l'heure, mais la phrase est trop lourde pour moi à prononcer telle quelle. J'ajoute aussitôt:

"Bien sûr, la chanson..."

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Message envoyé le : Ven 13 Mai - 14:11

Jason Todd
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Elle voudrait moins d'ennuis en étant une biche, mais je ne veux pas détruire le plaisir qu'elle a quand je l'appelle comme ça. On convoite les biches, on chasse les biches. Les biches sont belles et gracieuses, elles ont l'air si fragile et rapide qu'on se sent obligé de leur courir après, jusqu'à ce qu'elle s'essouffle, qu'elle n'ait plus la force de se débattre.

Tu peux mentir.
Elle n'a pas oublié ce que je lui ai dit. Si elle n'a pas envie de le dire, elle ne dit rien. Si elle ne veut pas me parler, elle peut. Je me mets à croire qu'elle voudrait effectivement que j'arrête, mais qu'elle ne sait pas comment le dire. Je persiste à croire que je ne suis pas la meilleure personne qu'elle ait rencontrée dans cet asile, mais on ne choisit pas sur qui on tombe… Ou qui nous tombes dessus.

" Je... ne peux pas te pardonner... parce qu'en fait... je ne t'en veux pas... pas du tout... Alors forcément je... n'ai rien à pardonner... "

Elle peine à essayer de me toucher. Et moi, je n'arrive pas à trancher. Est-ce que je dois l'en empêcher ou pas ? La rassurer, lui dire que ça fait rien. Elle n'est pas obligée d'être tactile pour me dire des choses. Au contraire, est-ce que je suis supposé l'encourager, "soigner" cette peur qu'elle a l'air d'avoir.
Je regrette un peu que le seul moment où je l'ai tenu, elle ne sentait rien. Qu'elle n'a pas pu se rendre compte que je n'étais pas si agressif. Je fais mauvaise impression, constamment. Je serais réduis à l'image du petit voyou qu'on m'a collé depuis que je traine dehors.

" Si... Si c'est moi qui... initie le contact... je crois que ça va... à peu près...
- Hé, si tu veux pas le faire… ne te force pas, je susurre si bas que j'en oublie qu'elle ne pourrait pas m'entendre, j'ai pas la peau si douce que ça… "

J'étais peut-être brulant, en revanche. C'était surement un contact agréable. Une peau aussi chaude que mon caractère romanesque. Je brûle tant de l'intérieur que le feu dévore ma peau. C'est une image presque jolie, mais j'aurais voulu être plus froid, parfois.

" Jason... C'est... moi qui... t'ai fait... ça...? Bien sûr, la chanson... "

Tu retiens bien la biche, mais je ne peux pas te répondre, bien sur. Je n'y arriverais pas et je ne veux pas que tu le saches et je ne le dis pas pour moi-même, mais pour toi. Je ne veux pas que tu imagines que tu craignes pour toi ou pour moi. Ce n'est pas à toi d'avoir de la peine, si tu devais en avoir. Je ne te mentirais pas, ça n'a pas d'intérêt. Alors je la regarde, effectivement, sans rien dire… mais mon regard n'est pas absent. J'aimerais lui dire les raisons qui m'empêchent de lui dire, mais je n'ai pas les mots adéquats. Alors je la fixe, avant de baisser les yeux. Ce serait plus simple, si elle pouvait sentir la pression de ma main, mais je vais devoir faire autrement.

" Non, ma biche… C'est pas une histoire que tu dois connaître, mais ce n'est pas toi. " Je remonte mes genoux contre moi, en légèrement glisser mon dos le long de la machine., installé plus confortablement. " Ca t'abimerait. Et je préfère quand tu souris… Je suis sûre que tu souris pas souvent."

Parce que moi non plus. Parce que peu ne sourient ici. Sauf les plus fous. Sauf le plus fou. Alors, j'aime les sourires vrais, les jolis sourires, ceux que l'ont n'osent pas montrer parce qu'ils montrent trop ce qu'on a en nous. Eux, je les aime vraiment.
Avachis sur le sol, je soupire longuement en fermant les yeux, sentant le poids de la fatigue me taper sur les yeux. La fatigue mental, couplé à la nuit sous calmant. J'ai l'impression de dormir beaucoup trop, mais je ne sais plus lutter. Je ferme les yeux en baillant, bercer par les vibrations.
" Désolé, ma biche. C'est pas moi qui t'emmènerait danser de sitôt… je suis plus un animal de nuit…"

   

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Message envoyé le : Ven 13 Mai - 17:29

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Comment? Que dis-tu? Je n'entends pas ce qui sort de sa bouche au moment où je touche son épaule, et ne capte que la fin de la phrase: "si douce que ça". Qu'est-ce qui est si doux que ça? Il ne peut pourtant pas parler de ma main, puisque je l'ai posée par dessus sa combinaison. Sauf s'il parle de quand il avait la sienne dans les miennes...? Non, non, sans doute j'interprète mal, je n'ai pas entendu le début de la phrase après tout. Mais il ne se dégage pas de mon contact, j'en déduis que ça ne le dérange pas trop. Je soupire, un peu rassurée. Est-ce que j'aurais du espérer qu'il me repousse? Qu'il m'interdise de le toucher, conscient que j'ai du mal à le faire? Je ne sais pas. En tout cas, ce n'est pas le cas, ce n'est pas ce que je souhaite, que ce soit logique ou non.

Quand je lui demande si je suis responsable de son angoisse, il ne répond pas tout de suite. Il se contente de me regarder, silencieux. J'ai compris. Il ne répondra pas. Il n'en a peut-être pas l'envie, ou peut-être que, lui aussi, ça lui fait peur. Ou tout simplement, ça ne me regarde pas. C'est vrai, après tout, je ne fais pas partie de sa vie, ou de son entourage proche, je ne l'ai rencontré que deux fois. Je suis "sa biche", mais on ne se confie pas à un animal "sauvage", n'est-ce pas? Mais je me demande qui de nous deux est l'animal le plus sauvage...

"Non, ma biche… C'est pas une histoire que tu dois connaître, mais ce n'est pas toi. "

Ce n'est pas moi... Je n'ai rien fait de mal, alors? Impossible de nier que ça me soulage, ça doit même se voir dans mon regard, je pense. Mais pourquoi chercher à le cacher, dans le fond? Il bouge, ma main glisse de son épaule alors qu'il s'affaisse un peu plus, genoux repliés contre lui comme quelqu'un qui a froid. La pièce est tiède pourtant, grâce aux machines qui tournent, mais s'il est fatigué - et il semble l'être - il est probable que son corps ait l'impression d'avoir froid, même ici. Aurai-je du penser à garder un de ses draps sortis pour le réchauffer au cas où? Je m'en veux un peu de ne pas y avoir pensé, d'autant que, dans mon état, je serai incapable de le réchauffer convenablement, je pense. Trop de contact, de mouvements proches. Sa voix fatiguée s'élève de nouveau:

" Ca t'abimerait. Et je préfère quand tu souris… Je suis sûre que tu souris pas souvent."


C... Comment...? Est-ce que j'ai bien entendu...? Il a bien dit qu'il préférais que je souris? Et qu'il se doutait que je ne le faisais pas souvent, ici...? Bien sûr, j'ai eu la même pensée pour lui quand il a rit tout à l'heure, j'ai été heureuse de le voir un sourire joyeux aux lèvres, et je me suis dit que ça ne devait malheureusement pas arriver souvent à l'asile. Et ça m'avait semblé naturel de le penser, mais... L'entendre dire, pour moi, et de sa bouche à lui, qui semblait si ferme, si détaché... Ca me fait une drôle de sensation... Mes joues n'ont pas eu le temps de perdre leur rougeur qu'elles chauffent de nouveau, ma bouche s'entrouvre sans que je ne trouve rien à dire en retours. Merci. Je devrais dire merci. Allez, dit merci, Maria, dis-le! Ca ne sort pas... Ma voix se terre dans ma gorge, et seuls mes yeux parviennent à transmettre silencieusement la gratitude qui monte en moi.

J'ai l'impression qu'il a encore changé de position, pourtant, je le regarde depuis tout à l'heure, il n'a pas bougé... Je comprends. Il a glissé petit à petit, et il est maintenant presque allongé sur le sol, tête contre la machine à laver qui ronronne encore, vibrant contre le haut de son dos. Ses yeux sont fermés, et il semble un enfant prêt à s'endormir dans la minute. J'ignore quoi faire, dois-je le réveiller? Mais s'il est fatigué, il doit se reposer... Oui, mais dans cette position, il va s'abimer le dos, non...? Je le regarde, cet homme à demi endormi. Il semble étrangement moins imposant. Pas faible, non. Mais d'une certaine manière, fragile. Peut-être qu'il l'est un peu, au fond de lui, ou peut-être que c'est juste le lot commun de toute personne endormie. Ses longs cils ombragent un peu sa peau pâle. Sa bouche est close, mais pas serrée. Sa poitrine se soulève et se baisse lentement au rythme de sa respiration. Et moi, je l'observe, sans savoir ce qu'il convient de faire. Jusqu'à ce qu'il parle, la voix à demi endormie:

" Désolé, ma biche. C'est pas moi qui t'emmènerait danser de sitôt… je suis plus un animal de nuit…"

Si je suis d'abord surprise par ses paroles, finalement, un sourire se peint sur mes lèvres. Un sourire qu'il ne peut pas voir, les yeux clos, et c'est sans doute mieux ainsi, parce que je sais que, malgré moi, il y a des airs de tendresse dedans. Tu ne me feras pas danser, c'est cela? Qu'à cela ne tienne, j'ai autre chose à te proposer. Si j'y arrive. Non. Je DOIS y arriver. Lentement, j'approche mes mains et en pose une sur chacune de ses épaules. Je tremble déjà un peu. Inspire. Expire. Ca va aller.

"Puisqu'on ne va pas danser... Je peux peut-être t'aider à r... rêver..."

Cette phrase me fait un drôle d'effet, mais je dois rester concentrée, tâcher de ne pas trop trembler. Très doucement, je l'attire un peu vers moi, me souvenant d'un moment le soir que j'ai passé chez Dimitri. Souvenir douloureux, certes, mais qui me permet de penser à un moyen d'éviter que mon sauveur d'une fois ne se fasse du mal dans son sommeil. J'y suis presque. Ca y est, sa tête repose sur mes jambes à demi repliées. La sensation de ses cheveux par dessus ma jupe m'arrache un frisson nerveux, et je sens que mon corps tremble de plus belle. J'ai peur que ça le réveil, que ça le dérange, puis me souviens que les vibrations de la machines ne l'empêchaient pas de sombrer dans le sommeil. Ici, il sera mieux, normalement. C'est tout ce que je peux faire pour lui. Mes mains quittent ses épaules, et une des deux vient caresser ses cheveux, par semi réflexe, par imitation exacte de ce que j'ai vécu avec Dimitri. Ce geste familier me rassure un peu, étrangement. Bien que mon corps ne cesse pas de trembler pour autant. A voix basse, que j'ignore s'il peut entendre, je pense "tout haut":

"Je n'ai pas mieux à offrir malheureusement... Je ne peux pas te porter comme tu l'as fait pour moi... Alors que... c'était très agréable..."

Je me permets cette remarque parce qu'il me semble endormi. Il n'a sûrement pas pu l'entendre. Il vaut sûrement mieux qu'il ne l'entende pas. Mes doigts jouent sans que j'y pense vraiment avec une mèche de ses cheveux, si doux, que j'enroule, déroule et caresse au rythme de mes pensées.

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Message envoyé le : Ven 13 Mai - 20:52

Jason Todd
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 Chaton & Papa Rouge-Gorge.
Je baille, encore, plus longuement, à m'en décrocher la mâchoire. Comme les enfants, je lutte contre le sommeil qui me serait pourtant réparateur, mais je ne veux pas m'endormir, pas encore. Je me sens investi d'un genre de mission, comme tenir une sorte de compagnie à la biche, ou la rassurer. Si ma présence était réellement rassurante, au demeurant. Ses mains se posent sur mes épaules et me forcent à ouvrir un œil. Un œil mi-clos contre lequel je lutte.

" Puisqu'on ne va pas danser... Je peux peut-être t'aider à r... rêver…
-Tu baisses jamais les bras, mh… ? "

Je n'ai pas compris tout de suite ce qu'elle essayait de faire, enveloppé dans le cocon que produit l'endormissent. Je sens juste qu'elle tire, inconsciemment, j'y réponds, je me glisse un peu vers elle, lourdement. Je n'ai pas la force de soulever ma carcasse, mais je sens ses petites mains tentées de faire quelque chose contre ça. J'essaye d'esquisser quelques choses ressemblant à un sourire sur mes lèvres, mais je n'ai pas la moindre idée si ça se produit vraiment. Mon corps est engourdi, empâté.
Il me semble qu'elle me caresse, encore. Oui, c'est une caresse… Le plus étrange, c'est de ne plus en être sûr, quand les dernières caresses remontent à plusieurs années… Quand on est plus sur du dernier contact doux que l'on a eu.

"Je n'ai pas mieux à offrir malheureusement... Je ne peux pas te porter comme tu l'as fait pour moi... Alors que... c'était très agréable..."
Je l'entends, oui… mais trop assommé pour lui répondre quelque chose, je marmonne un semblant de phrase. J'aimerais lui dire que je recommencerais, si elle veut, si on me le permet. Qu'au pire, je braverais les règles, je m'en fous. Que si je me tire d'Arkham, je lui ouvrirais la porte. Je lui tiendrais la porte, même. Mais ça fait beaucoup de choses à dire. Je ne peux pas lui dire que je suis désolé, encore. Qu'elle n'est pas obligé de me veiller, que ça fait rien si je me casse la nuque, mais qu'elle est très confortable. Que je suis bien là, et que je n'aurais pas imaginer que ça puisse arriver. Je n'arrive pas à lui dire que je frissonne quand on me touche les cheveux. Je crois, cependant, que ma nuque se hérisse, mais je n'arrive pas à lui dire. Ma respiration s'alourdit. Elle se fait plus lourde et sonore, avant d'être un léger ronflement. La fatigue ne me fait pas dormir discrètement…

Je sens ma tête, glissé sur le côté. Je crois que je cherche un contact, un chaleur en plus. Je ne sais pas trop. Je ne sais pas combien de temps j'aurais le droit de dormir, avant qu'on vienne me remettre en cellule, mais pour l'instant, je ne suis pas seule, je sais que la biche est là. Ma biche.


   

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 8:19

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
"Tu baisses jamais les bras, mh… ? "

S'il savait... Il avait raison, et en même temps, il se trompait lourdement. Je n'avais pas su baisser les bras quand il en était encore temps, et ne les avais baissé que lorsque l'impensable - pour moi - s'était produit. Je soupire tristement, mais ce n'est pas le moment de me morfondre. J'aurai tout le temps de le faire tout à l'heure, dans ma cellule. Je suis contente qu'il se laisse guider sans résister, lui au moins n'est pas rebuté par l'idée de me toucher. Et en même temps, il ne fait pas de geste pour me tenir, me bloquer ainsi sous sa tête. Je reste libre. Libre de partir. De le repousser. De rester, aussi. Main dans ses cheveux, je le regarde, je le vois glisser de plus en plus dans le sommeil, jusqu'à ce que sa respiration ne laisse plus de doute sur le sujet. Un frisson m'échappe, et je me rend compte que je sens son souffle, brûlant, à travers le tissu de ma jupe. C'est une sensation quelque peu perturbante, du moins pour moi qui ai si peur du contact, mais pas agressante.

Tout est calme, seul les machines occupent le silence avec leur ronrons réguliers qui semblent s'être harmonisés pour le bercer. Pour nous bercer, en fait. Je ne sais pas si c'est la peur de tout à l'heure, le manque de sommeil ou l'effort fait pour le toucher plusieurs fois, mais je me sens enveloppée par la torpeur tiède de la pièce. J'appuie mon épaule et ma tête contre la machine à ma droite, alors que ma main ralentit doucement son mouvement dans ses cheveux, jusqu'à glisser à demi sur sa nuque et s'y arrêter. Mes yeux se referment, faisant disparaître la pièce déjà mal éclairée. Il ne reste plus pour moi que le bruit des machines, les vibrations de celle contre laquelle je m'appuie, et la sensation du chasseur reposant sur mes jambes. Un mélange étrange qui n'altère en rien mon envie de m'endormir. Même lorsqu'il est légèrement brisé par ma machine qui cesse de vibrer et lance un unique bip strident mais bref, qui ne parvient qu'à me faire ouvrir à demi les yeux, et marmonner:

"Il nous reste un quart d'heure..."

Puis l'obscurité tiède et douce revient, me faisant oublier le temps que je ne peux de toute façon pas surveiller. Le quart d'heure s'écoule comme s'il n'avait été qu'une demi minute. La porte s'ouvre doucement, sur une voix d'homme:

"Maria Fernandez? Tu as terminé?"

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 11:06

Jason Todd
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 Chaton & Papa Rouge-Gorge.
Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi, mais j'ai rêvé. Un rêve étrange et chaud. Il se passait dans un genre de forêt, ou c'était peut-être le jardin. Le jardin qui aurait eu une incroyable transformation. Une végétation abondante et fraiche. Ca ressemble à l'été, je le reconnais à l'odeur… J'aime l'été parce que c'est mon anniversaire, alors je le reconnais. J'attendais toujours cette saison avec un patience. Je suis un enfant de l'été, le sang chaud, vivre la nuit… Je marche, mais j'ai l'impression d'être trop près du sol, trop courbé. Il y a quelque chose d'étrange, mais c'est bien moi, qui rase le sol frais de cette forêt d'été. Je cherche quelque chose, mais je ne sais pas ce que je cherche. Je veux le retrouver, mais il me semble connaître cette forêt. Je le retrouverais, j'en suis sûre. Je dois continuer, je ne dois pas m'arrêter. Je dois trouver ce que je cherche…

Un bruit interrompe ma recherche. Je me dresse, flaire l'odeur. C'est toi ? Je ne sais pas. Je m'agite, pressé. Il ne faut pas que tu partes. Je cours, maintenant, je monte plus haut dans cette forêt, qui devient de plus en plus claire. C'est par là, oui. Je reconnais ton odeur à toi, je pourrais presque te toucher, mais tu es juste là. Je ne sais pas si tu te caches ou si tu ne sais pas que je te cherche. Je crois que j'ai besoin de toi, mais pour en avoir le cœur net, il faut que je te trouve. J'entends encore quelque chose… des sabots ? Est-ce que ce sont des sabots qui cliquette doucement ? Je dois le savoir, je dois être sûre. Je contourne les arbres, le cœur battant. Lentement, je me voute, presque ventre à terre et m'approche de ce que je crois être toi, quand une gueule immense se jette sur moi.

Je me réveille en sursaut, agité et affolé. Je suis de retour à la laverie. Je recule mes mains pour me redresser, percutant les genoux de Maria. Il n'y a plus d'été, plus de forêt, juste l'humidité de l'asile. Essoufflé,  j'ouvre la bouche pour lui parler, mais je n'ai pas remarqué le gardien qui nous fixe, incrédule. Ce n'est pas le mien. Je devrais lui rendre Maria, maintenant, lui laisser la place.
Je ne réagis pas, par terre, quand mes propres gardiens arrivent à la suite au galop.
" Todd, qu'est-ce.. Que… "
Je devrais leur dire qu'ils font chier et qu'ils m'ont réveillé ? Innocemment assis par terre, je pose mes mains sur mes genoux, sage comme une image.

Le calme avant la tempête, comme on dit. Mes gardiens, me récupèrent, matraque dehors.
" Le sang. Inspectez la !"
Le gardien de Maria va vers elle et moi, je suis en tête à tête avec mes propres bourreaux qui s'approchent lentement de moi, mesurant efficacement la distance. Je suis persuadé qu'ils ont été entrainé pour éviter un maximum mes coups. Drôle. L'insolence de mise, je reste en place, les laissant faire. Ca les inquiète d'autant plus, lorsque je suis calme.
" Alors, tu fais encore la forte tête, qu'est-ce que t'as faits cette fois ?" Le plus gros des gardes, dotés de lourdes protections aux genoux et aux coudes me saisit à la gorge et l'autre me coince les bras. Autant de mondre pour une seule personne, flatteur. Je me laisse faire, étouffé par la poigne, mais je ne me débattrais pas. Dans un si petit espace, j'aurais pourtant pu les maitriser sans problème, mais je ne veux pas imposé de la violence à Maria. Je baisse les yeux vers elle, avec un sourire rassurant. C'est bon, la biche, je suis habitué.
" T'as encore crisé, Todd ou c'est la demoiselle que t'as agressé qui t'as faits de jolie marque ? Tu veux retourner en isolement ?
- T'as changé de protection parce que tu te pissais dessus à l'idée que je te casse les genoux ?"
L'arrière de ma tête heurte le mur. Des fois, il serait plus judicieux que je me taise.
" Elle a rien ?
- Je dormais, bordel ! Évidemment qu'elle a rien !
- Boucle là, Todd ! Terminer de rigoler, on a prévu de nouveaux jouets pour toi."

De nouveaux jouets ? De quel genre ? Je n'aime pas vraiment sa révélation. Du tout même. Mon expression change du tout au tout, je me crispe, anxieux.

   

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 15:01

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Je redresse la tête d'un coup en entendant cette voix masculine et forte, sans pour autant bouger mes jambes. J'ouvre la bouche pour répondre au gardien et tenter de justifier ma position quand Jason se réveille à son tour, en sueur apparemment, et effrayé, de manière si brusque qu'il me fait sursauter. Est-ce qu'il a fait un cauchemar? J'aurais voulu lui demander, mais déjà mon gardien s'approche pour nous séparer, et trois autres arrivent dans la pièce.

" Todd, qu'est-ce.. Que… "

Ils semblent énervés, pourquoi? Il n'a rien fait, il ne s'est même pas relevé, toujours assis contre la machine désormais immobile.

" Le sang. Inspectez la !"

Le sang? Quel sang...? D'un coup, ça me revient. Jason, ses ongles qui griffent sa joue, son air paniqué, puis le regard qu'il détourne alors que j'essaye d'essuyer un peu sa joue de ma manche. Je baisse les yeux vers ma jupe; il y a une petite trace de sang dessus, il a dormi sur la joue abimée. Comment se fait-il qu'il n'ait pas eu trop mal pour s'endormir? Il devait vraiment être exténué...
Les gardiens s'approchent, ils ont leurs matraques sorties ce qui m'inquiète pour ce qui attend Jason.

" Alors, tu fais encore la forte tête, qu'est-ce que t'as faits cette fois ?"


"A... Attendez..."

Trop tard, l'un des gardiens que je ne connais pas vient de l'attraper par le coup pour le plaquer contre le mur, et les autres lui retiennent les bras. Pourquoi faire ça? Il ne lutte pas, il n'est pas agressif, pas même énervé. Il est juste fatigué. Laissez-le... Je sens une main qui me saisi sous le bras pour me lever, et je sursaute, me dégageant par réflexe de l'étreinte, pourtant inoffensive, de mon gardien du jour. Un geste qui le surprend sur le coup, et lui déplait de suite:

"Debout Fernandez, maintenant! Et qu'est-ce que tu fous avec lui?"

J'hésite une demi seconde, avant de croiser le regard de Jason, calme, souligné du maigre sourire. Comment fait-il pour sourire dans sa position... Je me lève pour éviter d'énerver plus mon gardien, tandis qu'un échange entre mon co-détenu et ses gardiens s'élève:

" T'as encore crisé, Todd ou c'est la demoiselle que t'as agressé qui t'as faits de jolie marque ? Tu veux retourner en isolement ? "

"T'as changé de protection parce que tu te pissais dessus à l'idée que je te casse les genoux ?"

Un bruit de choc qui me fait bondir, et je le vois, collé contre le mur. Je comprend que le bruit a été produit par son crâne, et étouffe un cri.

"S'il vous plait, il..."

" Elle a rien ?"

"Je dormais, bordel ! Évidemment qu'elle a rien !"

"Boucle là, Todd ! Terminer de rigoler, on a prévu de nouveaux jouets pour toi."

Je ne comprends pas bien l'échange, mais il faut que j'explique, que je leur dise que je n'ai rien, qu'il ne m'a rien fait. Je ne mentionnerai pas l'attaque, c'était un accident, ça ne pouvait avoir été qu'un accident, c'est sûr. Je fais un pas vers eux mais me fige en voyant l'un d'entre eux sortir un objet étrange d'une sacoche. J'observe l'article, incapable de dire si c'est du métal ou du plastique particulièrement lisse, et note un petit point plus sombre sur une partie de cette étrange bande semi-rigide. On dirait une petite LED, comme sur les télécommandes ou les jouets pour indiquer que ça fonctionne, sauf que pour le moment, elle est éteinte. C'est donc quelque chose d'électrique? Le sourire de ses gardiens ne laisse rien présager de bon, il faut que j'intervienne. Maintenant!

"Mes... Messieurs! Attendez, s'il vous plait! Il... Il ne m'a vraiment rien fait, il s'est juste... endormi... et j'ai eu peur qu'il se fasse mal contre le sol trop dur... Ne lui faites rien... S'il vous plait...!"

Ses gardiens me regardent de biais, tandis que le mien me barre le passage pour que je ne m'approche pas plus.

"Alors c'est vrai, t'as même pas essayé de bouffer la petite brebis boiteuse? Il avait pas faim l'animal enragé? Indigestion de calmants, peut-être? Mais t'en fais pas, avec ce qu'on t'apporte, t'en auras plus besoin..."

Ils rient. Et ce rire n'a rien de celui fatigué mais joyeux que m'a fait entendre Jason un peu plus tôt. Il est grinçant, moqueur. Il me fait peur. Et lui, est-ce qu'il a peur, lui aussi? Il ne dit rien, ne bouge pas. Est-ce qu'il sait ce que c'est que cet objet?

"Fernandez, recule. Et si tu commences à fréquenter ce genre de types, va falloir qu'on te surveille de plus près."

Je lance un regard d'excuse à mon gardien. Non, je ne suis pas vexée de ce qu'il me dit, je suis plutôt embêtée qu'ils aient plus de travail avec moi. Mais je ne comprends pas bien pourquoi cet homme, ce chasseur, mon chasseur est mis en un tel isolement, pourquoi on le menace tant. Je ne l'ai rien vu faire de particulièrement agressif, si on oublie l'attaque. Je le regarde, lui. Je veux l'aider. J'ai besoin de l'aider. Je suis certaine qu'il a besoin d'aide. Jason... je t'en prie, dis-moi comment... Comment je peux te sortir de là... Dis-moi que je peux le faire... pour toi...

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 16:42

Jason Todd
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J'aimerais qu'ils emmènent Maria tout de suite, mais pourquoi ils ne le font pas ? Pourquoi  la laisser ici… ça n'a rien de bon pour elle. Il ne faut pas qu'elle se débatte et pas pour moi. Ils ne comprennent pas qu'elle ne doit pas rester ici ! Ca ne lui attirera que des ennuis et elle restera coincée ici. J'aurais dû l'éloigner de moi, avant. J'aurais dû le savoir. Il ne faut pas qu'elle souffre par ma faute, j'aurais dû la chasser, pas comme un prédateur… Pas comme un loup poursuit une biche. La chasser comme un expulse des nuisibles, sauf que le nuisible, c'était moi. Je suis né seul et je dois le rester. Je comprends toujours trop tard que je n'ai rien de bon à offrir.

Je vois le gardien sortir le jouet qui m'est destiné. Je le reconnais aussitôt et à vrai dire, je me demandais quand est-ce que ce serait à mon tour d'en porter un… Je sens la panique monter. Si, à l'ordinaire, je ne laisse pas grand chose m'atteindre, la simple idée de pouvoir de nouveau sentir les décharges électriques m'angoisse. Les yeux ronds, je sens mon cœur battre dans la main de mon geolier.

"Alors c'est vrai, t'as même pas essayé de bouffer la petite brebis boiteuse? Il avait pas faim l'animal enragé? Indigestion de calmants, peut-être? Mais t'en fais pas, avec ce qu'on t'apporte, t'en auras plus besoin…"

Ils allaient me le poser maintenant, Ici ? Alors que Maria était dans la même pièce ? Je me débats, cloué au mur. Il ne faut pas que je laisse ce truc poser sur moi ! Je secoue la tête, lutte contre les bras qui me retiennent. Je ne parviens pas à dire un mot, il faut que je me tire d'ici et qu'elle… Elle doit retourner en cellule. D'abord, elle, le reste importe peu. Ne lui montrez pas le pire que vous savez faire à Arkham. Je parviens à donner un coup à mon gardien qui recule, décollent mes bras du mur pour m'écarter. La panique m'empêche d'être efficace, mais je pense à elle. Tant pis pour moi, je finirais par avoir ce truc autour du cou, quoi  que je fasse, quoi que je puisse faire. J'arrive pas à presque grimper sur mon gardien, le tenir hors de moi.

" Casse toi, Maria ! Tu rentres en cellule, maintenant ! "

Le gardien me rattrape, percute sa main énorme contre mes lèvres. Je remonte mes genoux pour les poser sur son torse et le garder loin. Je ne touche plus le sol et j'ai beau me démener, j'entends les autres se démener pour me rendre inoffensif. Je mords, je frappe.

" Tire-toi ! Arrête de t'occuper de moi, la biche ! "

Je sens mon cœur s'emporter, mais je ne parviens pas à me calmer et sitôt que le collier sera posé, je serais au sol. Je ne veux pas qu'elle parte. Je veux qu'elle continue de sourire, mais ce n'est pas possible avec moi. Les loups ne sont pas faits pour garder les biches. On me cloue de nouveau au mur, je sens leur force s'unir pour me retenir.
Le collier froid se pose sur ma peau. Je sens l'aimant lourd se sceller, condamné mes derniers instants de liberté complète. Ils me lâchent, tous en même temps et reculent. Je sens dans leur regard une délectation perverse… Du moment où il se mettra en marche.
Je ferme les yeux, crispé et j'entends le bip ténue du boitier se mettant en marche. Un son semblable aux acouphènes, qui s'estompe, lentement. Reste calme, Jay, reste calme. Je n'écoute que ce bruit, jusqu'à ce que le collier me brule le cou et contracte mes muscles. Je lâche un cri plaintif que je tâche de retenir dans ma gorge et m'effondre au sol. Je tremble, entièrement et la brulure continue bien après s'être lancée.
Jason, t'énerve pas, ce sera pire. Je pose mes mains sur le collier qui a l'air désormais de faire parti de moi.

" Calme, héros. Ca te dissuadera d'approcher les nanas. Lève toi."

Sauf que je ne bouge pas. Je reste, à quatre patte au sol. Je ne veux pas me lever et savoir que désormais, je n'ai plus le choix.

   

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 17:30

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
J'ai l'impression que l'atmosphère a changé. Elle est devenue écrasante, tendue, électrique. Il l'a senti aussi, sûrement. C'est pour ça qu'il s'agite autant. Ca ne peut qu'être pour ça. Il n'est pas violent, ce n'est pas une bête sauvage comme ils cherchent à le représenter, je le sais, je l'ai vu, je l'ai même touché... Mais l'atmosphère a changé, et ça doit lui rappeler la peur de tout à l'heure, c'est tout. Et du coup, il cherche à sortir de cette atmosphère oppressante, c'est normal. Mais ils ne vont pas comprendre... On ne se fait jamais bien comprendre avec les coups... Ne lutte pas de cette manière, Jason, il ne faut pas... La violence ne peut que faire empirer les choses, je suis certaine que tu le sais toi aussi. Parle-leur, mais ne frappe pas. Ne frappe pas. Ne fr... Je détourne le regard par réflexe quand le premier vrai coup est porté; la violence m'a toujours effrayée.

" Casse toi, Maria ! Tu rentres en cellule, maintenant ! "

Je relève le regard; c'est lui qui m'ordonne de rentrer. Pas mon gardien. Pas les siens. Lui. Pourquoi? Je le dérange? Il ne veut pas que je vois? Il a peur que je prenne un coup perdu? Des coups, j'en vois plusieurs partir, de poings, de pieds ou de dents. Je tremble, incapable de bouger de l'endroit d'où je le regarde prendre une attitude que je ne lui connaissais pas.

" Tire-toi ! Arrête de t'occuper de moi, la biche ! "

Que j'arrête... de m'occuper de lui? Je m'occupe de lui? Ah, oui, j'ai essayé de le rassurer. Et j'ai nettoyé son sang. Et je l'ai soutenu dans son sommeil. Mais... Mais il a déjà fait tout ça, et plus même, pour moi. Il m'a écoutée, a essuyé le sang de mon bras, m'a portée pour m'éviter un sort que je n'ose même pas imaginer. Je lui dois beaucoup, je dois lui rendre la pareille. Je le dois...? Est-ce que je le fais uniquement parce que je le lui dois? Est-ce que, si je ne l'avais pas rencontré au jardin, et que je le voyais ainsi, épuisé et accusé à tort, menacé par des hommes au sourire mauvais, je détournerais le regard sans un remord...? Non... Non, je ne peux pas. Je ne VEUX pas me comporter ainsi. Ce n'est pas une attitude juste. C'est inhumain, et je ne veux pas l'être. Je ne veux pas que l'asile me fasse perdre mon humanité, ma conscience. Et surtout, maintenant, je ne veux pas l'abandonner. Pas alors que je lui ai fait comprendre qu'il pouvait compter sur moi, que je voulais l'aider. J'ai peur des gardiens, peur des punitions, je n'aime pas désobéir. Mais je ne peux pas rester sans réagir. Je dois le sortir de là, faire arrêter cette menace qui semble le rendre fou, et même l'inquiéter pour moi. Ils n'ont pas compris qu'il n'avait rien fait de mal, assurément, je dois pouvoir le leur faire entendre.
Forte de cette résolution, je me reconcentre sur la lutte qui se joue devant moi, et le voit lui, Jason Todd, plaqué violemment au sol par ses gardiens, le collier presque autours du cou. Mon gardien me bloque toujours le passage:

"Il faut que vous m'écoutiez, il...!!!"

Ma voix meurt dans ma gorge, comme mon souffle, le temps de plusieurs secondes. Pas parce que mon gardien m'a foudroyée du regard. Pas parce qu'il a mis sa main sur mon épaule pour me retenir. Non. Parce que celui qui m'a soutenue, celui que j'ai résolu d'aider vient de s'écrouler dans un cri plaintif et étouffé, mains sur ce collier qu'il vient de recevoir. Il souffre, ça se voit. Et il semble effrayé aussi, bien que je ne vois pas bien son visage. Ne me dites pas que... Non, ça ne peut pas être en train de l'étrangler... Ca ne peut pas, hein? Ils n'ont pas le droit de lui faire ça, n'est-ce pas? Ils ne peuvent pas vouloir le tuer...

" Calme, héros. Ca te dissuadera d'approcher les nanas. Lève toi."

Comment? Juste pour le dissuader de trop s'approcher, lui faire ça...? Il continue de tenir le collier, ne me dites pas qu'il serre encore... Ma voix éclate à mes propres oreilles:

"Je vous en prie, arrêtez ça! Vous... Vous allez le tuer! Il n'a rien fait, je vous jure qu'il n'a rien fait! Par pitié, arr..."

Je suis coupée nette dans ma demande par un coup de mon gardien. Une claque, ou un coup de poing, je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu arriver. Je me rattrape avec peine à la machine à ma droite, manquant de m'écrouler. Est-ce que le coup était trop puissant, ou est-ce que je suis trop faible? Peut-être les deux...

"T'as fini de jouer les princesses, compris? T'as eu un accès au jardin et une paire de gants alors tu te sens plus, tu crois que tu peux tout demander? Reviens sur terre, t'as aucune légitimité ici. Ni où que ce soit d'ailleurs."


Aucune légitimité... Je suis dans un asile en tant que patiente, c'est vrai. Non, en tant que détenue même, une prisonnière. Une coupable. Une criminelle. Ma famille n'a pas demandé à ce que je n'y aille pas, peut-être même a-t-elle donné son accord, voir demandé cet envoi. C'est vrai. Je ne suis plus la Maria Fernandez qui allait en cours et qui était reconnue comme citoyenne respectable. Je suis un numéro dans une cellule, elle-même numérotée. Je n'ai aucune légitimité. On m'a accordé des choses juste parce qu'elles ne comptaient pour personne. Je n'ai pas le droit de demander quoi que ce soit...
J'entend un bruit humain. Un gémissement. Qui...? Je baisse le regard et me rappelle qu'il est là, qu'il souffre, ce collier semble continuer à l'étrangler, et personne n'intervient. Je n'ai pas le droit de faire quoi que ce soit. Pas le droit... Je vais avoir des ennuis... Mais... Une ligne brûlante se trace sur ma joue droite. Puis sur la gauche. Et ces lignes se retracent plusieurs fois, humides, toujours brûlantes, salées. Je ne veux pas... je ne veux pas qu'il meurt... ni qu'il souffre... Il ne mérite pas ça... Un murmure, comme un sanglot étranglé, m'échappe: "Jason". L'instant d'après, je suis à côté de lui, genoux à terre, mains en avant prêtes à essayer de lui arracher cet instrument de torture qui attente à sa vie. Ne meurs pas. Ne meurs pas, pas toi. Pas toi aussi...

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 18:52

Jason Todd
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 Chaton & Papa Rouge-Gorge.
Je ne peux pas l'enlever. Il faut que je me fasse une raison, je ne pourrais pas l'enlever. Il fait désormais partie de moi, grippé à mon cou comme une nouvelle partie de mon être. Je parcours le métal froid qui cercle mon cou. Mes doigts l'effleurent à peine, affaiblies par la décharge qu'il m'a lancée. J'étais un chien fou et c'est comme ça qu'on contrôlait ? Avec un collier qu'on inflige à un animal trop sauvage.

" Je vous en prie, arrêtez ça! Vous... Vous allez le tuer! Il n'a rien fait, je vous jure qu'il n'a rien fait! Par pitié, arr...
- Maria !"

J'essaye de me lever, de me jeter sur lui, mais mon élan est brisé. Ma voix s'étrangle, j'entends sa peau claquer et une décharge me cloue de nouveau au sol, plus violente que la précédente. Je roule au sol, constatant à nouveau avec violence que je ne suis plus maître de rien. Pourquoi il fallait que ça recommence ? On me retient, à nouveau. On me torture à nouveau, mais c'est pire, parce que cela n'a aucun but ! Ils veulent peut-être juste me rendre dingue ! Je tremble, mais je lutte sur mes avant-bras. Je me traine, mais qu'est-ce que je peux faire pour elle ? J'aurais pu le tuer, l'empêcher de lever la main sur elle, mais je n'en suis pas capable.

Le gardien s'acharne après elle, mais je ne peux rien faire. Il l'a renvoi à la réalité violente et je peux juste dire que c'est de ma faute, qu'elle fait ça pour moi et que je ne suis pas méritant, mais est-ce que ça changera quelque chose ? C'aurait été mieux si tu m'en avais voulu, ma biche. Si tu avais eu vraiment peur, tu ne te serais pas soucier de mon cas. Au sol, je suis à bout de souffle, je crains une nouvelle impulsion. Je sais qu'elle sera plus forte, encore.
" Foutez lui la paix… Laissez la tranquille. "
" Jason" je secoue la tête, mais je ne peux pas la regarder. "Non, je veux que tu partes, c'est clair ? Il ne faut plus que tu me vois, il faut que tu m'oublies." Je parle vite, j'essaye de lui faire comprendre quelque chose qui me déchire le cœur, mais c'est ainsi que ça doit se passer. Il ne faut pas qu'elle pleure, elle le sait. J'ai beau essayer de faire vite, elle avance ses petites mains vers moi et je parviens dans un effort à reculer à temps, violemment. " Non, reste où t… ! "
Je m'emporte, c'est ce qu'il ne faut pas que je fasse. Il faut que je sois calme, mais c'est trop tard. L'impulsion me paralyse encore, contracte mon cœur et tout mon corps, roulé en boule. Je n'ai pas eu le temps de lui dire de ne pas toucher, ne pas me toucher. Est-ce que c'était là la seule solution, me saboter moi-même pour empêcher les autres de s'y blesser ?

Si je pouvais supplier les gardiens de l'emmener, je m'abaisserais à le faire, mais on m'a brisé les ailes, une fois de plus. A trop voler du soleil, je finis par oublier d'où je viens. Le métal pique et brûle, comme si une blessure s'ouvrait sous lui. Mes gardiens s'approchent enfin, me soulève par le haut de la combinaison et lutte après moi pour que je ne me retrouve pas au sol une nouvelle fois.
" Dis au revoir à ta princesse, c'est l'heure de retourner en cage Don Juan. "

J'avais essayé de lui dire que tout irait bien. Je pensais que tout irait bien, mais elle s'est impliqué. Elle était encore là. Est-ce que je peux enfin lui dire décemment que tout ira bien ? Je ne sais pas. Je lève les yeux vers elle, vide de tout espoir ou conviction. J'aimerais, ma biche, te dire que ça ira. Au moins pour toi, mais pas pour moi… Je lutterais comme un chien fou, si ça doit me conduire à ma perte, mais je ne veux pas que tu le saches.
" Survis pour moi. Ok ? Sors la première d'ici…et tiens jusque là." je murmure, quand il me pousse près de Maria avant de sortir.
Mon gardien éclate de rire, mais je m'en moque.  Crois ce que tu veux. On sortira d'ici. Et on survivra à l'Enfer. Je l'ai fais une fois, je connais déjà le chemin…

   

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Message envoyé le : Sam 14 Mai - 21:50

Maria Fernandez
Je ne suis pas folle...
Alors que je suis presque au niveau de son collier, il recule brutalement, me repoussant à demi avec ses bras.

" Non, reste où t… ! "

Il peut parler, il n'est donc pas étrangler? Mais alors, qu'est-ce que ce collier lui fait pour qu'il souffre autant...? Et de nouveau, il semble en proie à une vive douleur, se contracte, se tasse sur lui-même. Je ne vois pas de sang couler du collier, il ne doit donc pas le piquer ou le couper. Mais alors quoi? Quoi?! Je sens de nouveau qu'on m'attrape par les épaules, mon corps entier se raidit à ce contact qui me tire pour me relever de force. C'est mon gardien, il a l'air furieux et agite sa main libre d'un air menaçant qui me fait trembler presque autant que de le sentir me toucher:

"Toi, j'te préviens, c'est la dernière fois que tu fais ça. La prochaine, je t'en ferai passer l'envie définitivement, c'est clair?"

Je n'aurais pas du. Je sais que je n'aurais pas du. Mais je ne pouvais pas ne pas le faire, c'était impossible. Le voir dans cet état... Dans mon dos, j'entend les autres gardiens ricaner:

" Dis au revoir à ta princesse, c'est l'heure de retourner en cage Don Juan. "

Je tourne à peine le regard, mais celui du gardien me force à le baisser. J'ai peur qu'il me frappe de nouveau. Jason passe dans mon champ de vision, traîné par ses gardiens à lui, et je l'entends dire malgré son état:

" Survis pour moi. Ok ? Sors la première d'ici…et tiens jusque là."

Ses gardiens ricanent, le mien sourit d'un air méprisant, et moi, je sens mon cœur rater un battement. Survivre pour lui... C'était comme m'annoncer qu'il pensait que lui y resterait. Il ne pouvait pas y rester. Quand à sortir... Je ne sortirai pas, jamais. Personne ne m'attendait. Si l'un de nous devait sortir, alors il serait le premier, et sur ses deux jambes, par pitié. Moi, ce sera quand mon corps ne tiendra plus le rythme usant de l'asile... Je n'en dis rien, je le regarde juste partir le premier, ravalant mes larmes, avant de suivre mon propre gardien qui me pousse sans ménagement. Le silence des couloirs, le bruit de ma porte qui claque, puis la solitude, malgré ma colocataire. Je m'allonge sur mon lit, muette, et me roule en boule sur le côté, visage tourné vers le mur. Les larmes coulent, les sanglots se suivent, étouffés. Un désespoir muet, une prière désespérée. Que quelqu'un le sauve. Que n'importe qui le sauve. Et qu'on l'emmène loin, très loin, même si ça doit signifier ne plus jamais le revoir.

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Peut-on laver ses peurs avec de la javel? TERMINE
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